Gestion publique, mal gouvernance, délinquances financières… Daniel A. Tessougué persiste et signe

02 Avr 2013 - 12:07
Mis à jour: 14 ans
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Le jeudi 28 mars dernier, le désormais atypique procureur général près la Cour d’appel, Daniel A. Tessougué, a mis à profit la tribune de la cérémonie d’ouverture de la 1re session de la Cour d’assises de Bamako, pour asséner de nouveau ce qu’on pourrait appeler "ses quatre vérités" à ceux qui auraient souhaité le voir observer "plus de réserve".   [caption id="attachment_133519" align="aligncenter" width="610"]Daniel Tessougué, Procureur générral Daniel Tessougué, Procureur générral[/caption] Prenant la parole comme il est de coutume en pareilles circonstances en sa qualité de procureur général près la Cour d’appel, l’homme n’est pas aller avec le dos de la cuillère pour rappeler au besoin à tous ceux qui en doutaient encore qu’il ne se taira pas, du moins, tant qu’il y aura des choses à dénoncer et/ou à combattre dans ce pays. On peut l’aimer ou pas, mais il est évident que l’homme ne manque incontestablement pas de caractère. Il fait partie de cette catégorie d’hommes qui, malheureusement, à tendance à se raréfier de nos jours, à avoir le courage de leurs convictions et à ne se priver d’aucune occasion pour dire ce qu’ils pensent dès lors qu’il s’agit de l’intérêt supérieur de la nation. Du coup, il réclame l’adoption rapide d’une loi inspirée des insuffisances et autres lacunes de tout ce qui existe jusqu’à ce jour en la matière pour réprimer de la façon la plus légale et ferme possible les maux et travers qui gangrènent aujourd’hui notre société. Ces maux qui ont pour noms, selon lui, la corruption, le népotisme, le favoritisme, le clientélisme, le détournement de deniers publics, l’enrichissement illicite, entre autres. Après donc ses récentes sorties médiatiques que d’aucuns ont vite trouvé "virulentes et inappropriées", notre célèbre homme de droit revient à la charge pour mettre en définitive les points sur les "i". Pour ce faire, il clame haut et fort à qui voudrait l’entendre "ceux qui attendent de nous que nous nous cantonnions à lire le code de procédure pénale et le code pénale et que nous fermions les yeux sur les autres questions de la nation malienne, se trompent". Et d’ajouter : "Nous évoquerons toutes les questions qui concernent le Mali, car on ne saurait donner le bulletin de vote à un magistrat et lui demander de se taire, au nom d'une certaine obligation de réserve. Ce pays a trop adulé l'hypocrisie et le faire semblant. On veut tout camoufler, tout rafistoler et cela ne règle rien". Il a poursuivi : "Le Mali notre patrie, devra à la sortie de cette crise profonde, réaliser sa mutation. Devenir un nouvel Etat, une nouvelle République, qui fait de la bonne gouvernance une exigence de gestion des affaires publiques. Quiconque pense un seul instant qu'à partir d'une fonction publique on peut être riche, se désillusionne et doit s'attendre à rendre compte devant la nouvelle justice, celle qui ne dit que le droit au nom du vrai peuple malien. Le Mali a signé et ratifié la Convention de l'Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption du 11 juillet 2003. Elle fait partie intégrante de notre droit interne, à la faveur des dispositions de l'article 116 de la Constitution de 1992. Il faut criminaliser l'infraction d'enrichissement illicite, et en faire une loi et cela de toute urgence. Quand un fonctionnaire qui gagne moins de 300 000 F CFA par mois, fait une commande de meuble pour sa maison à usage d'habitation, pour une valeur de 67 millions de F CFA, c'est un crime qui se commet. Quand des cadres maliens s'achètent des appartements en France, aux Etats-Unis, au Canada, c'est de l'ordre de l'innommable. Et je m'autorise à retenir la responsabilité des Etats, qui acceptent cela. Par une telle loi, nous arriverons alors à faire de l'exercice d'une mission publique, un vrai service et non une occasion de s'enrichir". Dans le contexte malien, quelle analyse conséquente pourrait-on faire d’un tel engagement volontariste ? Simple profession de foi dans un  pays où des fossoyeurs de tous acabits se sont constitués en groupes de pression extraordinairement puissants et multiformes pour cultiver et ériger l’impunité en système de gouvernance ? De belles initiatives, plus ou moins salutaires et courageuses les unes les autres, notre pays en a toujours et de tout temps pris. Mais pour quelle finalité, si ce n’est la tragique situation que l’on connaît depuis plus d’un an. Et puis, que peut bien faire une seule hirondelle dans l’annonce du printemps ? Pas grand-chose naturellement. Mais pour qui connaît l’homme et compte tenu du contexte dramatique que nous vivons aujourd’hui en termes de fissures du tissu social, économique, culturel et même spirituel, les raisons objectives semblent réunies aujourd’hui pour que ce ne soient pas là que de simples intentions pieuses et de beaux discours. Le peuple malien a trop souffert et continue de souffrir à cause surtout de la cupidité, de l’irresponsabilité et du manque de patriotisme de certains citoyens. Puisse dès maintenant sonner l’heure du renouveau et ou de la refondation de la société et du pays en général ! On peut tout au moins en rêver ! B. Sidibé

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Commentaires (32)

User
tiefari
tiefari 14 ans
Vous avez du boulots,car plus de la majorité de nos dirigeants sont corrompus,alors bonne courage!!!!!!!
diallo alassane
diallo alassane 14 ans
Sachez que la vérité finira toujours par triompher monsieur le procureur. Je me pose beaucoup de questions ou étiez vous au moment ou le pays sombrait dans ce noir. Nous ne sommes plus aux discours mais au concret et au pragmatisme.
SLD
SLD 14 ans
Des discours comme ça pour faire plaisir aux gens ne servent à rien si on ne passe pas à l'acte. Au dela du procureur et de la repression on doit mettre en place un système oû l'enrechissement illicite sera presque impossible. Cela passe par les concepts du secteur privé comme le Contrôle Interne et la Gestion Axée sur les Resultats.Dans ce système chaque composant d'une structure aura la possibilité de contrôler ce que l'autre fait, les dirigeants auront egalement l'obligation de rendre compte de leur gestion,car on va toujours verifier les réalisations qu'ils ont faites par rapport aux moyens qu'on mis à leur disposition.
koneke
koneke 14 ans
C'est ce qu'on appelle la race des fonctionnaires, bande de voyous.
bingo
bingo 14 ans
La meilleure justice c'est la justuce qui émane directement du peuple. Le Pg denonce mais c'est au peuple malien d'exiger que justice soit faite. IL faut que le peuple sache qu'il aun role à jouer; mais puisque chacunde nous à l'esprit corrompu tacitement nous la cautionnons par notre silence. Et surtout à l'occident qui se fait fait pour le mitre de la transpenrence arrete de jouer avec nous.Ils sont au courrant de tous les transferts de fonds vers eux. Ilfaudrait que ceux qui touchent aux denier publics se sentent inquiétés par une sanction populaire c'ets dire qu'il ne puisse jouir de leur vol.
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