Gouvernement d’IBK : Le ministre des Affaires étrangères rattrapé par son passé ?

13 Sept 2013 - 15:12
Mis à jour: 13 ans
30
Nommé ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale dans le nouveau gouvernement du président Ibrahim Boubacar Keïta, Zahabi Ould Sidi Mohamed devra faire  face à son passé. En tout cas, hier nos confrères de « l’Aube » ont sorti des dossiers qui risquent bien d’entamer sa légitimité et met en mal le gouvernement qui traine désormais un boulet à travers le mandat lancé dans les années 90 contre [caption id="attachment_168942" align="alignleft" width="300"]Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Zahabi Ould Sidi Mohamed Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Zahabi Ould Sidi Mohamed[/caption]       Dans sa parution d’hier, le bihebdomadaire « l’Aube » a rappelé  qu’ « en avril 1994, une patrouille de l’armée était en mission  dans la zone de Fafa où elle tombe dans une embuscade tendue par des hommes armés. L’accrochage entre militaires Maliens et ces éléments armés qui seront identifiés plus tard comme étant des combattants du Fiaa, s’est soldé par un bilan très lourd des deux côtés. Fait troublant à l’époque, cette opération du Fiaa contre l’armée était, semble-t-il, dirigée par Zahabi lui-même. Celui-ci et certains de ses combattants seront alors pourchassés par des éléments des forces armées venus en renfort de Gao. Zahabi avait réussi, entre temps, à franchir la frontière mauritanienne et à disparaître pour de bon. Il ne fît sa réapparition que des années plus tard en France, avant d’atterrir en Haïti. Depuis cette époque, l’on a plus entendu parler de lui. Précision : ces évènements de Fafa ont eu lieu en un moment où la Primature était occupée par Ibrahim Boubacar Keïta.     Avant cette expédition à Fafa, son nom était cité dans un fait divers sanglant qui s’était déroulé à l’ex base aérienne, ici même à Bamako où certains ex combattants du Fiaa qui lui servaient de garde du corps ont kidnappé puis poignardé à mort un jeune du quartier Bagadadji (accusé d’avoir volé une somme importante d’argent). Ce fait divers avait tenu en haleine l’ensemble des services de sécurité de la capitale. Finalement, cette affaire fut étouffée pour des raisons politiques. Et, le mystère a enveloppé cette affaire qui pouvait écorner l’image de Zahabi.     A l’époque, le gouvernement du Mali avait lancé un mandat d’arrêt international contre Zahabi Ould Sidi Mohamed. Qu’est devenu ce mandat ? A-t-il été annulé ? Des réponses sont nécessaires pour que les Maliens puissent comprendre les raisons qui justifient le choix de Zahabi à la tête de la diplomatie malienne.     Avec son retour au pays et surtout sa nomination à la tête du département des affaires étrangères une certitude est désormais établie. Zahabi Ould Sidi Mohamed n’a désormais aucun souci à se faire ni pour son implication dans les évènements de Fafa, encore moins dans d’autres dossiers qui pourront le concerner ». Et si cela se confirme, il s’agira du premier désaveu pour le gouvernement d’IBK qui a clamé durant toute la campagne «  Tolérance Zéro ». Par Abdoulaye Diakité  

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (30)

User
blanche neige
blanche neige 13 ans
Mais ils ont tous un passé ,généralement peu glorieux :oops: ................alors que faire sinon tous les changer par une nouvelle génération de jeunes aux mains propres !
Kassin 13 ans
Diplomatie et politique extérieure: comment elles influent sur les relations internationales? Je fais suite à la requête d'un internaute "Maliverite" pour vous faire part ici de mon analyse sur la diplomatie et du choix du ministre des affaires étrangères d'IBK ******************* "Les nations n'ont pas d'amis mais des intérêts". Cette affirmation d'un grand homme politique dit long sur les relations tumultueuses qu'entretiennent les nations entre elles. Il appartient à chaque pays de définir et de mettre en œuvre la meilleure politique extérieure lui permettant d'optimiser ses intérêts avec ses partenaires extérieurs. Pour cela il faut au préalable connaître ses intérêts qu'ils soient économiques, financiers, géostratégiques, politiques, culturels, ou sociaux. Cette reconnaissance n'est pas toujours aisée dans la mesure où nous vivons dans un monde mouvant et de plus en plus complexe, ce qui représente un intérêt vital aujourd'hui pour un pays, peut facilement ne pas l'être demain et le meilleur partenaire d'aujourd'hui l'est bien moins demain. Donc que ce soit dans l'espace ou dans le temps il faut qu'un pays sache suivre ses intérêts et surtout les défendre à travers une politique extérieure adaptée. Mais compte tenu des forces et des faiblesses du pays en matière de capacité diplomatique, politique, économique ou militaire, la définition et la conduite d'une politique étrangère adaptée aux intérêts du pays n'est pas chose aisée. Celle-ci se bute constamment aux contraintes extérieures que représentent les positions respectives des principaux partenaires extérieurs du pays qui définit sa politique extérieure. Par exemple il est plus difficile pour les pays occidentaux de faire la guerre à la Syrie qu'à la Libye de Khadafi alors que Bassar a fait plus de victimes civiles que Khadafi. Cela tient à la personnalité des deux dirigeants, de l'ampleur de leurs soutiens internationaux, de la détermination de leurs adversaires respectifs, et des conséquences des conflits sur les intérêts vitaux des différentes parties prenantes. De la complexité des enjeux d'une relation dont font face les dirigeants d'un pays découle le choix de la politique extérieure du pays: relation conflictuelle armée ou relation diplomatique apaisée. Du coup la diplomatie n'est qu'une composante de la politique extérieure. Mais si elle est utilisée à bon échéant, elle peut conduire à de meilleurs résultats au moindre coût dans l'affirmation des intérêts vitaux d'un pays. Pour les pays pauvres comme le Mali, avec des armées faibles et désorganisées, la diplomatie apparait dans la quasi totalité des relations internationales comme le seul recourt possible. Mais est-il possible d'user de la diplomatie pour résoudre un problème interne d'un pays? Dans le cas d'espèce du conflit avec la rebelle du Mnla, très actifs sur internet et les réseaux sociaux, avec une politique agressive de communication, la diplomatie employée de manière efficace peut bien constituer un vrai rempart. En effet l'enjeux étant de décrédibiliser les revendications indépendantistes intempestives à caractères raciales et ethniques sur fond de victimisation non prouvée. En plaçant un ex rebelle arabe repenti des années 90 à la tête de la diplomatie malienne, IBK joue plutôt bien cette carte de décrédibilisation des mouvements indépendantistes, à condition que son nouveau ministre des affaires étrangères travaille sincèrement et réellement à faire valoir les efforts du Mali à intégrer dans la nation et de manière équitable tous les fils du pays. Donc c'est d'abord un pari sur la sincérité d'un homme, Zahabi Ould Sidi Mohamed ministre des affaires étrangères du Mali, et de son implication personnelle à porter plus haut, dans le concert des nations, la voix du Mali. La solidarité gouvernementale et surtout le contrôle des actions gouvernementales doivent pouvoir l'aider à aller vers cette sincérité et cette implication pour le Mali. A court terme le risque est donc limité de voir un dérapage diplomatique de la part de M. Ould Sidy Mohamed. Mais à moyen et long terme ce risque est paradoxalement beaucoup plus grand, car ce poste agrandit de facto le carnet de visites de M. Ould Sidy Mohamed, comme le poste de Conseiller diplomatique l'avait fait pour Iyad Ag Ghali à Djeda en Arabie Saoudite qui lui a permis de nouer des relations au Qatar et de déclencher la guerre en 2012. Et nul ne peut prévoir les intentions futures de M. Ould Sidy Mohamed dans les 5 à 10 ans à venir. Donc dans le cas d'espèce du Mali, et pour le conflit au nord il faut à court terme jouer sur la diplomatie. Mais l'affirmation à long terme de la souveraineté intérieure et extérieure du pays et de son intégrité territoriale ne peut nullement dans les conditions sécuritaires erratiques et chaotiques du nord de notre pays se faire sans la constitution d'une vraie armée républicaine forte et opérationnelle. J'espère très sincère
Bagadadji@62
Bagadadji@62 13 ans
N'oublier pas que nous plaidons en ces temps précis pour une reconciliation nationale...
Dr ANASSER AG RHISSA
Dr ANASSER AG RHISSA 13 ans
Bonjour, Certains ne savent pas que la justice ne s’est pas encore prononcée dans le cas de Zahabi et que la présomption d’innocence existe. Attendons, elle se prononcera, sûrement, un jour. En attendant, qu’est ce qui met en cause le principe de légitimité du choix de Zahabi comme ministre ? Comme, je l’ai toujours dit, il ne peut y avoir une réconciliation nationale durable que si la justice et la non impunité sont mises en avant. La subtilité des gestes, d’IBK et de son PM, peut être facilement comprise en acceptant la séparation des pouvoirs (politique, judiciaire, législatifs, …). Malgré leur interaction, je pense qu’il faut séparer les différents pouvoirs, en particulier, les pouvoirs politique, judiciaire et législatif. Bien cordialement Dr ANASSER AG RHISSA EXPERT TIC ET GOUVERNANCE E-mail: [email protected]
alkerou
alkerou 13 ans
:lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (124)
  • Nfp (68)
  • Kankan (47)
  • Citoyen du monde (30)
  • Sissoko (28)