Le mali de la démocratie a la «scandalocratie» : L’inertie coupable des autorités pour arrêter la gabegie

05 Oct 2015 - 00:11
Mis à jour: 11 ans
94
[caption id="attachment_50196" align="alignleft" width="310"]Carte du Mali - Pauvre Carte du Mali[/caption] Après la sanglante Révolution de Mars 91, le Mali a tourné de façon exemplaire la page noire de la dictature militaro-fasciste des 23 années de règne sans partage du Général Président Moussa Traoré. La Démocratie qui naquit à la suite des premières élections générales de 1992 qui portèrent le panafricaniste Alpha Oumar Konaré au pouvoir donnèrent ainsi la parole au Peuple afin qu’il décida de son avenir en choisissant les hommes et les femmes à même de gérer les affaires de la cité. Cette méthode de gouvernance qu’est la Démocratie voulue par le peuple souverain a pour fondement essentiel  l’alternance et le renouvellement constant de la classe dirigeante au pouvoir. En En dépit de ces insuffisances, la Démocratie apparait encore et toujours aujourd’hui comme le meilleur système politique qui soit mieux que la monarchie, le despotisme, la dictature et le fascisme. Aussi, qu’il plaise de comprendre que les critiques du système de la Démocratie n’ont d’autres desseins que d’en améliorer la pratique politique. Tropicalisant cet exercice d’évaluation, on peut dire que le  bilan des 23 années de Démocratie est peu reluisant. L’espoir que son avènement a suscité est entrain de céder la place au désespoir.  L’exemplaire démocratie malienne, naguère citée comme modèle en Afrique est embourbée aujourd’hui dans une gouvernance à scandales qui pourrait finir par en emporter l’espoir. De Alpha à IBK en passant par ATT, le panier de la ménagère attend toujours le changement.   Le Mali démocratique a 23 ans, que de chemins parcourus, mais aussi que d’énergie et de ressources dilapidées. Aujourd’hui le sentiment général qui se dégage est la déception. La démocratie acquise au prix d’énormes sacrifices qui était censée être la solution aux problèmes du pays a fini par plus exacerber la mal gouvernance, la corruption et la crise de l’école. Au lieu d’en être la thérapie, elle en est devenue le problème, pas parce qu’elle n’est pas un bon système de gestion, mais parce qu’elle est devenue un instrument entre les mains d’une élite mafieuse, sans foi ni loi qui s’enrichit de façon égocentrique au détriment des intérêts du plus grand nombre. Loin de nous l’esprit de dresser un bilan exhaustif, nous voudrions seulement apporter ici notre pierre à l’édifice commun en dénonçant les tares de notre démocratie pour qu’elle devienne ce qu’elle devait toujours être, un instrument au service du bien-être de tous.   Alpha Oumar Konaré de 1992 à 2002 : Premier président du Mali démocratique, il gouverna le pays avec grandeur et patriotisme. Sous son règne la voix du Mali était audible aux foras du monde, il entreprit des réformes courageuses et inédites dans plusieurs domaines tels que la Santé avec le PRODES, la Justice avec le PRODEJ et l’Education avec le PRODEC. Des programmes décennaux qui permirent de jeter les bases de la plupart des projets d’aujourd’hui. Mais de l’avis de tous, sa gestion aura pêché dans deux domaines clés à savoir : l’Education et  une certaine corruption des hommes politiques qu’il pas réussi à freiner. Pendant dix ans, l’école est restée dans la rue. Les hommes politiques l’ont instrumentalisé et les années blanches succédèrent aux années tronquées. En dépit des énormes efforts dans la dotation d’infrastructures scolaire et universitaires, l’école ne se relèvera pas au corps défendant du fils de l’enseignant émérite, l’époux de l’enseignante et enseignant lui-même. Sous son mandat, le Mali aura construit plus d’écoles qu’il l’en a été de l’indépendance à 1992. Mais des réformes comme la Nouvelle Ecole Fondamentale (NEF) et la Nouvelle Ecole Malienne (NEM) mal comprises et mal mises en œuvre finiront pas créer le rejet d’un système déjà malade sous la dictature.  Le second talon d’Achille du régime d’Alpha aura été la prolifération des milliardaires de la Démocratie. En dix ans, l’héritage du système GMT a fait des milliardaires fonctionnaires. Dans son discours d’adieu à la Nation, le président Konaré reconnaitra lui-même de façon implicite sa part de responsabilité morale dans cette gouvernance. Il exprima tout son regret de n’avoir pas pu changer l’homme malien et de n‘avoir pas eu le temps, la stabilité et l’accompagnement des hommes politiques pour entreprendre les réformes nécessaires voir indispensables pour un véritable ancrage démocratique.   Amadou Toumani Touré de 2002 à 2012 : Succédant à Alpha Oumar Konaré en 2002 le vainqueur au second tour d’un scrutin qui aura vu pour la première la participation record de plus de 20 candidats, le Général révolutionnaire vint alors se vêtir du manteau civil de démocrate. Avec des préjugés favorables, M. Touré, contrairement à son prédécesseur, a eu le soutien de toutes les forces vives de la Nation. Ainsi commença le nouveau concept de gestion à la malienne : le consensualisme ou la démocratie consensuelle. La mise en œuvre de ce concept a livré le pays à la corruption, à la délinquance financière, au népotisme et au clientélisme. L’école déjà malade est devenue un champ de bataille où les plus forts imposaient leurs lois aux plus faibles et où le mérite n’était nullement récompensé. Les diplômes maliens se vendirent comme des cacahuètes. Par ailleurs, la présidence de la République, première institution du pays sera totalement banalisée. La culture de l’impunité et de la médiocrité prirent rang de cité. Ainsi, face à la corruption de plus en plus inquiétante, le premier magistrat n’aura lui-même d’autres mots que de dire qu’il n’humiliera pas un chef de famille en public. Ainsi les rapports de cette institution du Vegal, dont il est le père fondateur finiront dans les tiroirs de bureau sans suite. Les médias d’Etat, l’ORTM et l’Essor, au lieu d’informer, de former et de sensibiliser l’opinion publique deviendront des instruments de propagande à outrance au service du couple présidentiel et de leurs affidés. Et le coup d’Etat inattendu du 22 mars 2012 ne fit alors que la conséquence du laxisme, de la mal gouvernance et surtout de la banalisation des institutions. Ainsi fut la République sous ATT dont le bilan, en dépit de tout, reste enviable eu égards aux grands travaux d’infrastructures qu’il a pu réaliser.   Ibrahim Boubacar Keita au pouvoir depuis 2013 : 3e Président démocratiquement élu, jadis connu pour sa rigueur et sa fermeté, devra son élection grâce à ces préjugés favorables d’homme de poigne. Ainsi, le peuple qui le découvrit sous Alpha et qui l’admira pendant six longues années à la Primature, n’hésitera pas un seul instant de lui confier les rênes de sa destinée et de la plus belle manière. Sa victoire éclatante qui frisa le plébiscite a été un signal fort du peuple à l’endroit de celui qui s’est tout le temps « victimisé »  de trahison. Mais quelques semaines seulement ont suffi pour découvrir le vrai visage de l’homme. Son investiture inédite en grandes pompes et en deux phases à la douleur de nos maigres ressources, le partage du gâteau symbolisé par la composition de son premier gouvernement ont fini par laisser beaucoup de ses fans pantois. Le beau et séduisant slogan de campagne : «  Le Mali d’abord » est devenu ma famille d’abord. Le « bonheur des Maliens » a tourné au malheur des maliens et l’ « honneur des maliens » au déshonneur des maliens. Cette politique de la promotion de la famille présidentielle s’est poursuivie jusqu’au sein des institutions de la République. En deux petites années seulement de gouvernance, le régime IBK est devenu celui des scandales à répétition dont les plus connus restent : l’achat du Boeing Présidentiel et des équipements militaires pour les Famas, la rénovation de la résidence privée, du palais présidentiel, l’achat des engrais frelatés et tout récemment ce document du parti PARENA faisant état d’une autre arnaque, celle de l’achat des 1000 tracteurs. A cela, il faut encore ajouter les manques à gagner de plus de 153 milliards de nos francs signalés par les rapports du Vegal. Et la résolution de la crise au nord du Mali qui fut l’une des grandes motivations de son plébiscite est loin de connaitre son épilogue. L’Accord de paix de Bamako issu du processus d’Alger est en panne et confirme les réserves faites par bien de nos compatriotes sur son incapacité à asseoir une paix définitive au Mali. Et tant qu’elle n’est pas résolue, tant qu’il ya pas de stabilité le pays ne pourra jamais se tourner vers son développement. Mais ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir abattu, le président a encore trois ans pour nous prouver qu’il était bien la solution et non le problème. Trois ans donc s’offrent à lui, pour réparer les erreurs d’un mandat qu’il a lui-même reconnues. L’avenir de l’homme politique malien est dans la réussite du mandat d’IBK. Alors qu’il plaise à Dieu de lui donner la force, l’initiative, l’engagement mais aussi et surtout ce patriotisme qui parait toujours dans les grands discours qu’il tient. Nul ne souhaite l’échec de son mandat et nos critiques n’ont d’autres buts que de le maintenir éveillé sur les vrais défis du moment. Le Mali est notre seule fierté.   Au regard donc de tout ce qui précède, de Alpha à IBK en passant par ATT, en 23 ans de pratique démocratique, la moisson n’aura été que très maigre. Ni les grandes réformes institutionnelles, ni la formation de l’homme malien, encore moins la lutte contre les maux et les tares de notre société qui entravent si gravement notre développement n’ont encore prouvé leur efficacité. Le sentiment général partout de la grande majorité des maliens, toute démagogie mise à part, est aujourd’hui la DECEPTION mais aussi l’espoir parce que IBK est un homme de parole et il fera ce qu’il a dit. Attendons de voir. Yousouf Sissoko

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (94)

User
sangare
sangare 11 ans
malien deen ATT est revenu au pouvoir par défaut.IL a profité de la mésentente des hommes politiques,surtout au sein de l'ADEMA,pour s'installer au pouvoir. Il avait pour seul projet le consensus.Il a le mérite de montrer aux maliens la vraie nature des hommes politiques:DES OPPORTUNISTES. Ayant voulu travailler avec tout le monde,son échec est l'échec de toute la classe politique. TOUTES LES GRANDES FORMATIONS POLITIQUES SE SONT ABAISSÉS À SON NIVEAU Y COMPRIS CELLE D'IBK. L'ÈRE D'ATT A RÉVÉLÉ L'HOMME CONTEMPORAIN MALIEN:chacun pour soit,tant pis pour l'intérêt général. Faut il rappeler qu'on l'a soutenu jusqu'à sa chute. Ce n'est pas un mouvement populaire qui l'a fait partir. Aucun homme politique,à part OUMAR MARIKO,n'a demandé à manifester contre ATT.IL a été soutenu jusqu'à sa chute par les hommes politiques qui comptent y compris IBK. ATT aussi endosse largement la responsabilité morale des dérives liées à son exercice du pouvoir.Mais les coupables sont les hommes politiques majeurs qui l'ont accompagné jusqu'à sa chute.IBK,SOUMAILA CISSE n'ont jamais dénonce les dérives du pouvoir en termes de corruption effrénée généralisée. QU'ALLAH SAUVE LE MALI!
FLORIAN
FLORIAN 11 ans
IBK a été choisi pour un mandat de 5 ans dont la moitié n’est pas encore faite. Il a réalisé en deux ans des choses que nous croyons impossibles. Avant la fin de son mandat je suis certain qu’il comblera les attentes des uns et des autres. Bon courage mon président, il est moins facile de raisonner les déjà perdus.
MIRANDA
MIRANDA 11 ans
La plus belle chose que le Mali a fait depuis l’arrivée d’IBK au pouvoir a été la signature de l’Accord de paix. Cela a permit de mettre fin à la guerre qui existait au Nord du pays.
KABAKISS
KABAKISS 11 ans
« Il y a de ces hasards cachés de par le monde qui font des signes étoilés au bout de notre espoir. Et la plupart du temps, à l'heure où l'on s'y attend le moins. » Ne perdons pas ce peu d’espoir qui nous reste. IBK a certes quelques difficultés en ce moment mais avec de l’aide et de la confiance il parviendra à relever le défi.
Alvire
Alvire 11 ans
IBK a prouvé qu’il est le sauveur de notre pays. Il s’est montré à la hauteur de nos attentes. Contrairement à d’autre, il ne se hâte pas pour prendre des décisions. Il porte en lui l’amour de sa patrie et fera d’elle la plus belle et la plus envieuse au monde. Pour que cela soit possible il a besoin de notre compréhension, de notre patience et de notre soutien. IBK est un homme plein de sagesse et il sait prendre les bonnes décisions.
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (139)
  • Nfp (95)
  • kan (33)
  • Citoyen du monde (29)
  • Coulibaly Yacouba (27)