Pour «
préserver la charte de la transition et défendre la République », c’est la raison donnée par les militaires du CNSP, la junte qui avait pourtant été officiellement dissoute, d’arrêter et de détenir le président de la République et son Premier ministre. C’est en tout cas ce qu’explique Assimi Goïta, chef de la junte et vice-président de la transition, qui accuse le gouvernement de Moctar Ouane de ne pas avoir gagné la confiance des partenaires sociaux et d’être donc responsable de la grève illimitée actuellement en cours.
Surtout, il reproche au Premier ministre d’avoir constitué la liste de son nouveau gouvernement, «
en accord avec le président de transition » mais «
sans concertation avec le vice-président », c’est-à-dire lui-même. Et de rappeler que c’est lui, selon la charte de transition, qui est en charge de la défense et de la sécurité du pays. Les colonels Sadio Camara et Modibo Koné, évincés la veille du gouvernement, ne sont pas cités, mais ce sont bien leurs deux portefeuilles, la Défense et la Sécurité, qui sont évoqués ici.
Beaucoup de questions sans réponse
Le colonel et vice-président Assimi Goïta assure donc avoir été contraint de placer le président et le Premier ministre «
hors de leurs prérogatives ». Faut-il comprendre qu’ils sont destitués ou simplement empêchés temporairement ? Le Colonel Assimi Goïta devient-il de fait le premier homme du pays ? C’est ce que la charte de transition interdit, en théorie. Un nouveau Chef de l’État et un nouveau chef du gouvernement seront-ils nommés ? C’est à toutes ces questions cruciales que les négociations en cours devront répondre. On notera que la communauté internationale évite jusqu’ici le terme de « coup d’État » et préfère celui de « coup de force » comme pour laisser une chance à ces négociations.
«
Au demeurant », selon les termes du communiqué, le vice-président de la Transition invite les Maliens «
à vaquer librement à leurs occupations » et assure «
que le processus de transition suit son cours normal », avec des élections prévues l’année prochaine.
Goodluck Jonathan en médiateur