Abdoul Niang : «L'ESSOR et L'ORTM gardent encore une place essentielle dans la communication d'État, la diffusion des politiques publiques et la valorisation des institutions»

Pour Abdoul Niang, il est évident pour tout le monde que ces deux médias publics ont marqué leur époque. L'ORTM est la principale source d'information audiovisuelle au Mali depuis plusieurs décennies. Quant à l'Essor, en tant que journal d'État, il est la référence écrite officielle pour l'information institutionnelle.

12 Déc 2025 - 10:01
Mis à jour: 9 mois
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Abdoul Niang : «L'ESSOR et L'ORTM gardent encore une place essentielle dans la communication d'État, la diffusion des politiques publiques et la valorisation des institutions»
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Abdoul Niang : «L'ESSOR et L'ORTM gardent encore une place essentielle dans la communication d'État, la diffusion des politiques publiques et la valorisation des institutions»
Abdoul Niang Journaliste, analyste politique et influenceur sur les réseaux sociaux

Selon lui, ils ont honorablement accompagné l'évolution sociopolitique de notre pays, constitué une référence dans l'espace médiatique malien, surtout avant l'arrivée des médias privés et la libéralisation du secteur de l'audiovisuel. «L'Essor et l'ORTM ont joué un rôle fondateur dans l'édification de l'espace public malien après l'indépendance en 1960, et bien avant pour le quotidien national créé en 1949», rappelle Abdoul Niang, qui ajoute qu'à l'origine, l'Essor était l'organe de l'Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (US-RDA) et servait de tribune pour les revendications anticoloniales avec un slogan militant et évocateur «la voix du peuple».

D'après Abdoul Niang, ces médias sont incontestablement les pères des standards de la communication publique au Mali. «Ces médias gardent encore une place essentielle dans la communication d'État, la diffusion des politiques publiques et la valorisation des institutions de la République. Ils contribuent à la cohésion sociale et au rayonnement de nos cultures», explique-t-il, citant en exemples les émissions et reportages dédiés à ces valeurs surtout dans le cadre de l'Année de la culture décrétée par le Président de la Transition.

Toutefois, Abdoul Niang pense que ces médias publics font face aujourd'hui à une concurrence accrue des médias privés et des plateformes. Pour ne rien arranger à la situation, il soutient qu'avec l'essor des nouvelles technologies de l'information et de la communication, les réseaux sociaux ont complètement bouleversé les habitudes de consommation et d'informations qui imposent de nouveaux défis aux médias publics.  

«Face à cette concurrence inhérente à l'évolution du paysage médiatique national, lui-même subissant les fluctuations mondiales, l'ORTM et l'Essor tentent de se réinventer pour s'adapter au contexte même si les actions entreprises à cet effet manquent toujours d'audace», indique Abdoul Niang, qui reconnaît néanmoins que des efforts encourageants sont visibles notamment une présence en ligne et la numérisation de certains contenus. Abdoul Niang estime que ces médias doivent intégrer le fait que les mutations numériques exigent bien plus. «Il faudra plus de réactivité, d'innovation et une présence plus dynamique sur les réseaux sociaux où les médias numériques dominent. Ils doivent surtout comprendre que l'enjeu n'est pas seulement technologique mais culturel. Il faut donc adopter de nouveaux formats, de nouvelles écritures journalistiques et de nouvelles stratégies éditoriales.

Ils doivent diversifier les formats, car le JT de 20 heures semble cristalliser tout, en incluant par exemple des enquêtes, des reportages interactifs, des débats politiques, des analyses sécuritaires», conseille Abdoul Niang, qui propose aussi de multiplier les éditions du journal par jour, tant en français qu'en Bamanankan. «Le renforcement du journalisme d'investigation tant à l'Essor qu'à l'ORTM permettra de gagner davantage en crédibilité. En plus, il faudra penser à moderniser les équipes à travers une formation continue au numérique.

Enfin, une plus grande attention à l'ouverture aux problématiques citoyennes, aux voix régionales et aux analyses indépendantes doit être de mise», souligne Abdoul Niang. D'après lui, les médias publics maliens font face à plusieurs défis dont les plus emblématiques pourraient être la restauration et le renforcement de la confiance du public face à la concurrence des médias privés et des réseaux sociaux, la lutte contre la politisation perçue des contenus pour renforcer la crédibilité, le maintien de l'équilibre entre communication institutionnelle et indépendance éditoriale, le financement de la transition numérique sans pour autant perdre l'identité du service public.

Abdoul Niang déplore, par ailleurs, le fait que depuis l'adoption d'une posture souverainiste par le Mali et l'AES à l'égard des puissances impérialistes, notre espace est la cible prioritaire des entreprises occidentales de désinformation qui constituent les armes de destruction massives au service des sponsors stratégiques du terrorisme international. Il dit que l'information n'a plus une vocation exclusivement didactique mais est désormais une arme.

 Dans un tel contexte, il pense que les médias publics doivent être à la fois un bouclier pour protéger contre les effets de la propagande et un levier de la politique, de la diplomatie et de la lutte antiterroriste sous toutes ses formes.

 

Propos recueillis par

Namory KOUYATE

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Commentaires (8)

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Free Azawad
Free Azawad 10 mois
A Kingui: Le vieux singe débile a la gueule puante a encore ouvert sa grosse gueule pour répeter betement les memes propos de retardé mental.
Nfp
Nfp 10 mois
Sous le règne du nain Goita, l’Essor et l’ortm ne sont plus du tout des médias, mais de VULGAIRES ORGANES DE PROPAGANDE au service (pardon, aux ordres !) du faux gouvernement illégitime actuel au même titre que sputnik, également exclusivement destiné à nos simples d’esprit. Ce type de "médias-aux-ordres" se retrouvent dans toutes les dictatures, toutes les républiques bananieres, et tous régimes autoritaires.
Kinguiranke
Kinguiranke 10 mois
Les chiens aboient mais la caravane passe!
Kinguiranke
Kinguiranke 10 mois
Abdoul Niang est un tres grand intellectuel qui refuse de courber l’échine!
Nfp
Nfp 10 mois
Quand c’est un débile mental de ton genre qui qualifie quelqu'un de "très grand intellectuel", avant même d’avoir lu une ligne de lui, TOUT LE MONDE SAIT DÉJÀ QU’IL S’AGIT FORCÉMENT DU DERNIER DES CRETINS !! lol lol lol P.S : si tu veux vraiment lui rendre service, évite TOI de lui rendre hommage
Tout va bien au pays du nain goita
Tout va bien au pays du nain goita 10 mois
Au Mali, les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim) ont mené trois attaques mercredi 10 décembre : la première a visé des camions-citernes entre Bamako et Ouélessébougou, à moins de 80 kilomètres de la capitale. Selon les sources jointes par RFI, un chauffeur a été tué et au moins quatre citernes incendiées. Il n'y a aucun bilan fiable pour la seconde attaque revendiquée par le Jnim entre Dogofri et Diabali, région de Ségou, contre un véhicule de l'armée malienne. Enfin à Nioro du Sahel, dans la soirée, c'est l'institut de formation des maîtres (IFM) qui a été ciblé. L'attaque a fait un mort et un blessé, selon les sources jointes par RFI. L'armée n'a communiqué sur aucune de ces trois attaques et, sollicitée par RFI, n'a pas donné suite. Après avoir annoncé il y a trois semaines un durcissement à venir du blocus, le Jnim a diffusé jeudi 11 décembre un nouveau message pour menacer, une fois encore, les opérateurs économiques participant aux convois militaires de représailles. La semaine dernière, ces dirigeants d'entreprises pétrolières et des chauffeurs de camions s'étaient vu décerner des médailles par le président de transition, le général Assimi Goïta. Une distinction attribuée en reconnaissance de leur implication et, pour les chauffeurs tués par le Jnim et décorés à titre posthume, de leur sacrifice. Quant à la disponibilité de carburant dans le pays, elle reste assurée, mais très limitée et incertaine. À Bamako, les habitants joints par RFI témoignent de nombreuses stations fermées et, dans les autres, de files persistantes mais « acceptables », d'une à deux heures d'attente. Si l'on peut faire le plein d'essence, le gasoil (diesel) est devenu rare dans la capitale. Rien à voir avec la pénurie massive d'il y a quelques semaines, « mais ça se dégrade progressivement et on craint que ça recommence », déclare un Bamakois. Électricité à Mopti À Ségou c'est le gasoil que l'on trouve plus facilement et l'essence qui commence à manquer sérieusement. Les files d'attente devant les quelques stations-service ouvertes restent la règle, tout comme à Mopti. Ce qui constitue toutefois une amélioration notable, accompagnée par le retour de plusieurs heures d'électricité par jour, alors que Mopti était privée de courant et de carburant depuis près de deux mois.
Nfp
Nfp 10 mois
Sous le règne du nain Goita, l’Essor et l’ortm ne sont plus du tout des médias, mais de VULGAIRES ORGANES DE PROPAGANDE au service (pardon, aux ordres !) du faux gouvernement illégitime actuel. Ce type de "médias-aux-ordres" se retrouvent dans toutes les dictatures, toutes les républiques bananieres, et tous régimes autoritaires.
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