Approvisionnement du pays en denrées de première nécessite : A Koulikoro, 50 éditeurs de presse privée renforcent leurs capacités
Du 23 au 25 octobre 2026, la Chambre de commerce et d'industrie du Mali (CCIM), en collaboration avec l'Association des éditeurs de presse privée (Assep), a organisé un atelier à Koulikoro sur les missions de la CCIM et l'approvisionnement du pays en denrées de première nécessité.
L'objectif était de renforcer les capacités des éditeurs de presse privée et d'améliorer leur compréhension des enjeux économiques. La cérémonie d'ouverture était présidée par le secrétaire général de la CCIM, Mahamadou Sanogo, en présence du président de l'Assep, Boubacar Yalkoué, du président de la délégation régionale de la CCIM de Koulikoro, Kassim Simpara, ainsi que des représentants de la direction générale des transports (DGT) et de la direction générale du commerce, de la concurrence et de la consommation (DGCC).
Dans son discours de bienvenue, le président de la délégation régionale de la CCIM de Koulikoro a exprimé toute sa joie d'accueillir cette rencontre dans ses locaux, avant de saluer tout particulièrement le secrétaire général de la CCIM pour sa présence à la tête de cette importante délégation. Car, a-t-il indiqué, ce déplacement hors de Bamako témoigne de l'engagement de la CCIM à bâtir un partenariat solide et transparent avec les acteurs des médias.
Aux membres de l'Assep, il a rappelé que la presse privée constitue un relais indispensable pour le monde économique. Il a ajouté que, durant ces trois jours de travaux, les principales thématiques liées à l'avenir de l'économie nationale seraient abordées. Il a invité chaque participant à mettre à profit ces échanges pour renforcer ses compétences et consolider ses liens professionnels.
Pour sa part, le président de l'Assep a adressé ses sincères remerciements à la CCIM, à son secrétaire général ainsi qu'à l'ensemble de ses collaborateurs pour leur disponibilité, leur sens élevé de l'écoute et leur esprit d'ouverture tout au long des échanges ayant conduit à la tenue de cette importante rencontre.
Interlocuteurs attentifs
Il a également salué la qualité des discussions préparatoires, au cours desquelles son organisation a trouvé, auprès du secrétaire général et de son équipe, des interlocuteurs attentifs, accessibles et soucieux de comprendre les préoccupations de l'association. "Leur engagement témoigne d'une conviction essentielle : les défis de notre pays ne peuvent être relevés durablement sans le dialogue, la concertation et la mobilisation de toutes les compétences", a-t-il ajouté.
Aujourd'hui, a-t-il poursuivi, l'Assep peut affirmer avec fierté que la CCIM est désormais un partenaire stratégique de l'association. Il s'est dit convaincu que ce partenariat, fondé sur la confiance, l'écoute mutuelle et la reconnaissance du rôle de chacun, a vocation à se pérenniser.
Selon lui, la presse ne peut jouer pleinement son rôle si elle se contente de rapporter les faits sans chercher à en comprendre les mécanismes, les causes et les conséquences. Informer, ce n'est pas seulement annoncer qu'un produit manque sur le marché, qu'un prix augmente ou qu'une difficulté d'approvisionnement survient. Informer, c'est aussi expliquer pourquoi ces situations se produisent, identifier les responsabilités, donner la parole aux acteurs concernés et permettre aux citoyens de comprendre les réalités qui influencent leur quotidien.
Stabilité économique
Selon le président de l'Assep, les thèmes retenus, à savoir le rôle et les missions de la Chambre de commerce et d'industrie du Mali, ainsi que l'approvisionnement du pays en denrées de première nécessité, revêtent une importance capitale, car ils touchent directement à la vie des citoyens, au pouvoir d'achat des ménages, à la stabilité économique et à la cohésion sociale.
Dans un pays où l'accès aux produits essentiels constitue une préoccupation quotidienne pour de nombreuses familles, a-t-il indiqué, la qualité de l'information économique devient une exigence fondamentale. Derrière chaque variation de prix, chaque difficulté de transport, chaque retard de transit ou chaque rupture de stock, il existe des réalités que les journalistes doivent comprendre avant de les expliquer au public.
"Le journaliste ne doit ni amplifier les inquiétudes ni les minimiser. Il doit rechercher les faits, les vérifier, les confronter et les restituer avec rigueur, responsabilité et indépendance. Il doit savoir distinguer les causes réelles des simples perceptions, les difficultés objectives des interprétations hâtives, et les faits établis des affirmations non vérifiées. Mais pour y parvenir, encore faut-il que les professionnels des médias disposent des informations nécessaires et comprennent le fonctionnement des institutions et des secteurs dont ils rendent compte", a-t-il conseillé.
Connaître les missions de la CCIM
A l'en croire, cet atelier permettra aux journalistes de mieux connaître les missions de la CCIM, de comprendre son rôle d'interface entre les pouvoirs publics et les opérateurs économiques, ainsi que sa contribution au développement du commerce et de l'industrie au Mali. Il leur donnera également l'occasion de mieux appréhender les circuits d'approvisionnement, les mécanismes de transport et de transit, les responsabilités des différents acteurs et les facteurs qui influencent la disponibilité des denrées de première nécessité. Il a saisi l'occasion pour saluer la présence de la direction générale du commerce et de la concurrence ainsi que celle de la direction générale des transports. Leur participation est particulièrement appréciable, a-t-il souligné, car les questions d'approvisionnement ne peuvent être comprises sans une approche globale associant les institutions, les transporteurs, les commerçants, les importateurs et les professionnels de l'information.
"Nous espérons que ces échanges permettront de lever certaines incompréhensions, d'apporter des réponses aux interrogations des journalistes et de favoriser une meilleure circulation de l'information entre les institutions économiques et la presse", a souligné le président de l'Assep.
Pour lui, une information économique fiable constitue également un instrument de confiance entre les institutions et les citoyens. Lorsqu'elle est bien expliquée, elle contribue à éclairer les débats, à prévenir les rumeurs et à favoriser une meilleure compréhension des décisions et des réalités économiques.
Investissement indispensable
"Notre responsabilité est grande. Dans un contexte où l'information circule rapidement et où les réseaux sociaux contribuent parfois à la propagation de données inexactes, la presse professionnelle doit demeurer un repère de crédibilité", a-t-il rappelé.
Il a ajouté que l'Assep demeure convaincue que le renforcement des capacités des éditeurs et des journalistes constitue un investissement indispensable pour l'avenir de la presse écrite malienne. "C'est en multipliant les occasions de formation, en développant les partenariats utiles et en favorisant les échanges directs avec les institutions que nous pourrons améliorer la qualité de nos productions et consolider la confiance des lecteurs", a-t-il martelé.
Quant au secrétaire général de la CCIM, il a rappelé que, depuis l'installation du nouveau bureau, le 8 février 2026, pour la mandature 2026-2030, sous la présidence de Madiou Simpara, et même depuis la période de l'intérim, la CCIM a engagé une nouvelle dynamique axée sur la refondation, la transparence et l'ouverture.
Pendant longtemps, a-t-il ajouté, la CCIM a été perçue comme une institution fermée, lointaine et parfois incomprise. C'est précisément pour répondre à cette préoccupation légitime que cet atelier a été organisé, afin d'éclairer les éditeurs de presse privée sur ses missions. Il a précisé que la CCIM n'est ni une association ni un ministère. "La CCIM, créée en 1906, est, en vertu de la loi n° 98-14 du 19 janvier 1998, un établissement public à caractère professionnel, doté de la personnalité morale et de l'autonomie financière", a-t-il déclaré.
Appuyer et promouvoir
Selon M. Sanogo, les missions de la CCIM sont claires et se résument en cinq verbes : représenter et défendre les opérateurs des trois collèges (commerce, industrie et services) ; organiser le secteur privé malien ; conseiller le gouvernement et lui proposer toutes les mesures favorables au développement des entreprises ; appuyer et promouvoir les entreprises, notamment par la formation, le financement et la mise en relation avec les marchés national et international ; enfin, gérer les équipements que l'État confie au service du secteur privé.
Au-delà de ces missions légales, a rappelé M. Sanogo, la CCIM entend désormais être un partenaire utile : pour l'Etat, en produisant des données fiables sur l'économie réelle ; pour les entrepreneurs de Kayes comme de Kidal, en facilitant l'accès à l'information utile au développement de leurs activités économiques ; et pour la presse, en fournissant une information économique juste, vérifiée et recueillie à la source. A l'en croire, dans le contexte actuel du pays, marqué par la volonté de souveraineté affirmée par les plus hautes autorités de la Transition et la Confédération AES, le rôle de la CCIM est plus que jamais stratégique. "Nous ne pouvons parler de souveraineté sans un secteur privé fort, organisé et bien gouverné. C'est le sens de la Vision Mali 2063. Cet atelier est donc un atelier d'écoute et de co-construction. Nous allons échanger sur nos missions, notre nouvelle vision de la gouvernance. Mais surtout, nous voulons vous entendre", a-t-il conclu.
Boubacar Païtao
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