Journée internationale contre les hépatites : le Mali se mobilise pour la Triple Élimination VIH, Syphilis, Hépatite B
À l'instar de la communauté internationale, le Mali a célébré ce mardi 28 juillet 2026 la Journée internationale de lutte contre les hépatites...
À l'instar de la communauté internationale, le Mali a célébré ce mardi 28 juillet 2026 la Journée internationale de lutte contre les hépatites.
À cette occasion, une conférence de presse a été tenue dans les locaux de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Bamako, réunissant les acteurs de la santé publique au Mali. Pour l'édition 2026, le thème national retenu est : « Vers un Mali sans hépatites : accélérons la Triple Élimination (VIH, Syphilis, Hépatite B) ».
Étaient notamment présents à cette conférence, le Secrétaire général du ministère de la Santé et de l'Hygiène publique, le Dr Abdoulaye Guido, le représentant de l'OMS, le Dr Didier Tambwé, le Coordinateur de la Cellule sectorielle de lutte contre le VIH/Sida, la Tuberculose et les Hépatites virales (CSLS-TBH), le Dr Madina Konaté, ainsi que le Pr Moussa Y. Dicko du CHU Gabriel Touré et M. Abba Touré de l'association SOS Hépatites.
Célébrée chaque 28 juillet, cette journée vise à sensibiliser le grand public, mobiliser les décideurs et promouvoir le dépistage ainsi que l'accès aux traitements. Au cours des échanges, les conférenciers ont insisté sur la dangerosité des hépatites virales, en particulier les formes B et C, qualifiées de « tueuses silencieuses ». En effet, la situation demeure préoccupante au Mali, selon l'analyse de situation des hépatites virales réalisée avec l'appui de l'OMS en avril 2020, le Mali présente une prévalence de l'hépatite B touchant environ 12,1 % de la population (soit près de 2,5 millions de personnes), et celle de l'hépatite C estimée à 1,3 % (environ 300 000 personnes).
Pour les conférenciers, il s’agit d’une urgence de santé publique, toutefois ils précisent que cette maladie n’est pas une fatalité d’où l’importance d’un dépistage précoce ainsi qu’une prise en charge rapide de la maladie en cas d’infection. Les hépatites virales sont des inflammations du foie causées par différents virus (A, B, C,D, E et G), selon les spécialistes de la santé, parmi elles, l’hépatite B et hépatite C sont les formes graves pouvant évoluer vers une infection chronique, provoquer des complications telles la cirrhose ou le cancer du foie. Leur mode de transmission est la voie sexuelle, sanguine ou de la mère à l'enfant (pendant la grossesse ou l'accouchement) parlant de l’hépatite B, et l'hépatite C est essentiellement transmise par voie sanguine. Mais, comme expliqué par le Pr Dicko, des traitements permettent de contrôler le virus B et de guérir l'hépatite C si le dépistage n’est pas tardif.
Bien que la lutte contre les hépatites soit organisée à tous les niveaux de la pyramide sanitaire au Mali, le Coordinateur CSLS-TBH a soulevé certains obstacles à la lutte parmi lesquels on note l’insuffisance d’information, et de sensibilisation des populations sur la maladie ainsi que la faible mobilisation des ressources financières. Toutefois, en perspectives, il est prévu d’introduire le vaccin contre l’hépatite B dans le Programme Élargi de Vaccination à partir de 2027 et d’intensifier les acquis afin d’inverser la tendance. De son côté, le Dr Abdoulaye Guido, a lancé un appel à une forte mobilisation autour des services de santé. Il a surtout insisté sur le rôle des communautés et la convergence des actions de l’ensemble des acteurs notamment dans la prévention. Un avis soutenu par le représentant de l’OMS qui a également mis en avant l’importance davantage impliquer des communautés dans la lutte.
Khadydiatou SANOGO/maliweb.net