Justice : l’ex Directeur Sécurité d'État et le secrétaire général de la Présidence à la barre
Le procès de plusieurs anciens hauts responsables de l'État malien s'est ouvert ce mardi devant la Cour d'appel de Bamako, marquant une étape judiciaire majeure dans une affaire qui remonte aux bouleversements politiques de 2021.
Après plus de quatre années de détention préventive, trois officiers et trois civils comparaissent pour répondre de graves accusations liées à une présumée tentative de déstabilisation des autorités de la Transition.
Parmi les principaux accusés figurent le colonel-major Kassoum Goïta, ancien directeur général de la Sécurité d'État, et le Pr Kalilou Doumbia, ancien secrétaire général de la Présidence de la République. Ils sont poursuivis, avec quatre autres personnes, pour association de malfaiteurs, tentative d'attentat et complot contre le gouvernement, des faits que leurs avocats contestent catégoriquement. Les autres prévenus sont l'adjudant-chef Abdoulaye Ballo, ancien agent de la Sécurité d'État, le commissaire principal de police Moustapha Diakité, ainsi que deux civils, dont un opérateur économique et un marabout. La défense plaide la relaxe, estimant que les charges retenues contre leurs clients ne reposent pas sur des éléments suffisamment établis.
Une affaire née des événements de mai 2021
Cette procédure judiciaire trouve son origine dans les événements survenus après le second coup de force militaire du 24 mai 2021, qui avait conduit à l'éviction du président de la Transition, Bah N'Daw, et du Premier ministre, Moctar Ouane. Quelques semaines plus tard, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de la Commune VI de Bamako annonçait l'ouverture d'une information judiciaire visant plusieurs personnalités de l'appareil sécuritaire et administratif de l'État.
Selon le parquet, les mis en cause étaient soupçonnés d'avoir participé à une entreprise de déstabilisation des nouvelles autorités de la Transition. Les investigations avaient alors été confiées aux services de la nouvelle Agence nationale de la Sécurité d'État (ANSE).
L'ouverture de ce procès intervient dans un contexte où plusieurs dossiers judiciaires impliquant d'anciens responsables civils et militaires connaissent une accélération. Cette audience est particulièrement attendue, tant par les familles des prévenus que par les observateurs de la vie politique et judiciaire malienne, en raison de la durée exceptionnelle de la détention préventive des accusés. Les débats devraient permettre à la Cour d'examiner les éléments de preuve présentés par l'accusation et les arguments développés par la défense, qui continue de soutenir que ses clients sont poursuivis sans fondement suffisant.
Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net