AES : Après le Niger, le Mali officialise à son tour son retrait de la CPI

Le Mali a franchi le pas. Après le Niger, le 18 juin dernier, le Mali a notifié à l'ONU sa décision de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI). Le Secrétaire général de l'ONU, dépositaire du Statut de Rome, a accusé réception de cette notification, dont le retrait « sera effectif dans un délai d'un an, soit le 24 juin 2027 ».

2 Juillet 2026 - 07:45
Mis à jour: 3 mois
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AES : Après le Niger, le Mali officialise à son tour son retrait de la CPI

Dans le texte transmis à l'ONU, le gouvernement malien réaffirme son attachement « à la promotion et à la protection des droits de l'homme, ainsi qu'à la lutte contre l'impunité sous toutes ses formes ». Bamako, qui a ratifié le Statut de Rome dès le 16 août 2000, affirme regretter aujourd'hui une justice pénale internationale « régulièrement entravée par l'instrumentalisation de la Cour, à des fins politiques ».

Tir groupé de l'AES

Ce retrait n'est pas une surprise. En septembre 2025, le Burkina Faso, le Mali et le Niger  réunis au sein de l'Alliance des États du Sahel (AES)  avaient annoncé leur intention de quitter la CPI. La Cour avait alors été qualifiée d'« instrument de répression néocoloniale aux mains de l'impérialisme ». Les trois pays, dirigés par des militaires, avaient annoncé leur volonté de se doter d'une « Cour pénale et des droits de l'Homme du Sahel » (CPS-DH).

Le Niger a ouvert la marche en actant son départ le premier : Niamey a notifié son retrait le 18 juin 2026. Le Niger reste donc lié à la Cour jusqu'au 18 juin 2027, un calendrier presque identique à celui désormais fixé pour le Mali, dont le retrait deviendra effectif six jours plus tard, le 24 juin 2027. Le Burkina Faso, troisième membre de l'AES, n'a pas encore transmis sa propre notification officielle, mais tout indique que Ouagadougou devrait suivre bientôt.

Des dossiers maliens devant la Cour

Des dossiers maliens sont en cours d'examen devant la CPI. Le retrait ne met pas immédiatement fin aux procédures en cours, car le Statut de Rome précise que le retrait d'un État partie ne le dégage pas de ses obligations de coopération pour les faits et procédures antérieurs à la date d'effet du retrait.

Ainsi, la Cour continue d'examiner des affaires liées à la situation malienne, dont elle a été saisie par Bamako elle-même en juillet 2012. Le processus de réparations dans l'affaire Al Mahdi, condamné en 2016 pour la destruction de mausolées à Tombouctou, entre dans sa phase finale.

Autre dossier malien : une décision sur les réparations est attendue dans l'affaire Al Hassan, condamné en juin 2024 pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, commis également à Tombouctou. Par ailleurs, un mandat d'arrêt demeure en vigueur contre Iyad Ag Ghaly, chef du JNIM.

Mamadou TOGOLA/maliweb.net

 

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Commentaires (8)

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Kinguiranke
Kinguiranke 3 mois
@kan, contrairement au bilakoroni Emmanuel Macron qui n'a que 18% des Francais derriere lui, nos trois leaders Goita, Traore et Tiani ont leur peuple soude derriere eux c'est cela la force de leur legitimite, de leur patriotisme et de leur leadership! Gloire au grand peuple de la Confederation de l'AES!
yugubané
yugubané 3 mois
Les 18% de Macron est une opinion, alors que ce qui drrière les bidasses est un troupeau de Sahéliens.
Citoyen du monde
Citoyen du monde 3 mois
A part ces trois pays avec lesquels la CPI est prompte à sévir... j'espère qu'elle ne fermera pas boutique, faute de dossier? #### Merci à ces intrépides du sahel!
Sanka
Sanka 3 mois
Bravo! C'est les justice nationales de chaque pays qui devrait se renforcer, pas l’ingérence extérieure. Les lois du pays, pas du pays des autres. Ça c'est vrai même pour les pays développés (haut revenue) ou bien en voie de développement (bas revenue). Gbagbo a été traîné à la CPI pour rien et a perdu 10 ans de sa vie pour rien. Seulement, parce qu'il opposait le dictateur français boigny (avant sa mort) et le sanguinaire Ouattara ex premier ministre du dictateur boigny. Ouattara est un grand ami de Sarkozy. Et lui, ouattara, un vrai sanguinaire. Les politiciens français, et les politiciens étranger en générale, se foutent bien de la qualité de vie des Africains (même de leur propres peuple des classe basse et moyenne) et de la justice en Afrique. La CPI n'est qu'un outil d’ingérence. Une honte.
Kan
Kan 3 mois
Ils seront quand même jugés par leurs peuples et ce sera bien pire ....
Nfp
Nfp 3 mois
https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260702-apr%C3%A8s-le-niger-le-mali-et-le-burkina-faso-rompent-%C3%A0-leur-tour-avec-la-cour-p%C3%A9nale-internationale
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