(La Chronique Politique de Monoko) Cinq ans de prison pour Ben Le Cerveau : Un verdict qui fixe désormais son sort

Après plus de 2 ans en taule, Mamadou Diarra dit Ben Le Cerveau a de nouveau été présenté devant la Cour d’Appel pour être jugé.

6 Août 2026 - 09:25
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(La Chronique Politique de Monoko) Cinq  ans de prison pour Ben Le Cerveau :  Un verdict qui fixe  désormais son sort

Sa première comparution devant le tribunal de Première Instance avait été sanctionnée par un verdict qui lui avait infligé 10 ans d'emprisonnement. Mais après sa deuxième comparution devant la Cour d’Appel de Bamako, l'activiste-leader du Mouvement Yéréwolo Debout sur les Remparts, au paravent très proche du Pouvoir de Transition, est finalement condamné à une peine de 5 ans d'emprisonnement dont un (1) an de sursis. Il  est reconnu par cette Cour d’avoir « menacé et injurié les autorités » par le biais d’un système d’information.

Pour de nombreux soutiens du détenu, cette révision de peine, est quasiment un grand signe de soulagement,  même s'il n'est pas encore relaxé. En effet,  Mamadou Diarra dit BEN LE CERVEAU est l'un des principaux acteurs du renversement du régime d'Ibrahim Boubacar KEITA dit IBK. L'on se rappelle bien des gigantesques mobilisations sur le Boulevard de l'Indépendance auxquelles BEN avait activement participé. Ces manifestations hostiles au régime d'Ibrahim Boubacar KEITA avaient paralysé la capitale malienne et certaines grandes villes du pays.

Grand activiste, BEN LE CERVEAU était une figure principale des moments de contestation anti-régime IBK. Il haranguait les foules avec ses discours aux mots poignants dénonçant l'impérialisme des pays occidentaux. Le jeune activiste considérait le président IBK  comme  un homme au service de la France impérialiste. À la chute du régime constitutionnel que celui dirigeait,  le leader du mouvement YÊRÊYORO était devenu  très vite le fer de lance de la Transition. Il sera ainsi admis sur la liste des membres du Conseil National de Transition (CNT), organe législatif transitoire du Mali. L’homme est resté inflexible sur sa ligne révolutionnaire. A cet effet, il disait  haut et fort tout ce qu'il pensait.

Toute chose qui ne rimait pas avec les réalités de la gestion politique. Sa lune de miel  avec la Transition malienne  n'aura pas duré. Il sera vite arrêté,  pour avoir gardé l'attitude de celui qui ne cessait de critiquer certaines décisions prises par les nouvelles autorités dont il était un  membre siégeant au Conseil National de la Transition (CNT). Ils ne sifflaient plus dans la même trompette  que les plus Hautes autorités  de son pays.  Son engagement anti-impérialiste débordant, était probablement difficile à digérer dans son propre pays. Il dénonçait constamment  des  décisions qu'il  qualifiait de déviation de sa vision révolutionnaire et de  souveraineté. Son arrestation avait suscité  beaucoup de polémiques. Beaucoup de personnes parmi les soutiens de la Transition (ses détracteurs) ne partageaient plus ses virulentes prises de position.

Toutefois, l'on ne peut  ignorer sa réelle contribution dans la chute du régime d'Ibrahim Boubacar KEITA et l'avènement de la Transition actuelle. Voilà d'ailleurs pourquoi certains maliens ont trouvé que son arrestation puis son incarcération sont une sanction très sévère qu'il ne devrait pas mériter. Mais hélas,  la réalité toute autre : cela fait déjà plus de deux ans qu'il médite en prison. Avec le verdict des 5 ans d'emprisonnement dont un (1) an de sursis, il ne reste désormais à souhaiter la grâce présidentielle afin qu'il puisse le plutôt possible être totalement  relaxé!

Monoko Toaly