Le Mali à l'OAPI : Une contribution historique au service de la propriété intellectuelle africaine
À l'occasion de la Journée africaine de la propriété intellectuelle et de la technologie, célébrée chaque 13 septembre, le Mali entend rappeler sa contribution singulière à l'histoire, à la consolidation et au rayonnement de l'Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI).
Créée à l'origine sous le nom d'Office Africain et Malgache de la Propriété Industrielle (OAMPI), à la suite de l'Accord de Libreville du 13 septembre 1962, l'Organisation est devenue l'OAPI après la révision de l'Accord de Bangui en 1977. Plus de six décennies après sa création, elle constitue l'un des instruments majeurs de coopération africaine dans le domaine de la propriété intellectuelle.
Le Mali, membre engagé depuis 1984
Au lendemain de son indépendance, le Mali a dû reconstruire son cadre juridique et institutionnel en matière de propriété industrielle. Avec l'appui de l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), le pays engagea un processus de modernisation de sa législation et d'intégration au système international de protection de la propriété industrielle.
Cette dynamique aboutit à l'adhésion du Mali à la Convention instituant l'OMPI et à la Convention de Paris en 1983, puis à son adhésion à l'OAPI en septembre 1984. Dès lors, le Mali ne s'est pas contenté d'être un État membre. Il a contribué activement à la construction de l'Organisation en mettant à sa disposition des compétences nationales de premier plan.
Parmi les premiers cadres maliens à rejoindre l'OAPI figurent notamment Charles Molinier, nommé chef du service des Marques, et Hamidou Koné, qui exerça les fonctions d'examinateur de brevets.
Cette présence malienne au sein des structures techniques de l'Organisation allait connaître une nouvelle dimension avec la nomination, en 1997, de M. Anthioumane N'DIAYE au poste de Directeur Général de l'OAPI.
Anthioumane N'DIAYE : dix années de transformation
À son arrivée à la tête de l'OAPI, M. Anthioumane N'DIAYE prend les commandes d'une institution confrontée à d'importantes difficultés structurelles et financières. Durant ses deux mandats, jusqu'en 2007, il entreprend une transformation profonde de l'Organisation.
Son action porte d'abord sur l'assainissement de la gestion et le rétablissement de l'équilibre financier. Sous son administration, l'OAPI retrouve des résultats positifs, dégage des excédents et constitue des réserves, créant ainsi les conditions d'une plus grande stabilité institutionnelle.
Mais son bilan dépasse largement la seule dimension financière.
Il engage une modernisation administrative et technologique de l'Organisation, notamment à travers son informatisation, et contribue à l'élargissement de l'espace OAPI avec l'adhésion de la Guinée équatoriale.
Il impulse également l'institutionnalisation du Salon Africain de l'Invention et de l'Innovation Technologique (SAIIT), devenu un espace important de promotion de la créativité et de l'innovation africaines.
La relecture de l'Accord de Bangui en 1999 constitue une autre étape majeure de cette période. Elle permet notamment de rapprocher le dispositif communautaire des exigences internationales et de renforcer le cadre de gouvernance de l'Organisation.
La réforme de 2000 des Structures Nationales de Liaison vient compléter cet effort en leur donnant davantage d'efficacité et d'autonomie.
Du CEMAPI aux Centres de Documentation : le Mali au cœur de la dynamique nationale
Dans le prolongement de ces réformes, la Division de la Propriété Industrielle de la Direction Nationale des Industries est appelée à évoluer vers une structure administrative autonome : le Centre Malien de Promotion de la Propriété Industrielle (CEMAPI). Cette transformation contribue à renforcer le dispositif national de promotion et de valorisation de la propriété intellectuelle.
Sous l'impulsion de la direction de l'OAPI, de nouveaux domaines sont également pris en compte, notamment les savoirs traditionnels et la valorisation de la médecine traditionnelle, à travers l'Initiative de Libreville et son référentiel.
L'Organisation se dote parallèlement de nouveaux instruments, dont le FAPI, d'outils numériques et de mécanismes destinés à améliorer ses performances et à renforcer les relations avec les Structures Nationales de Liaison.
Une initiative emblématique illustre particulièrement l'engagement du Mali.
À la suite d'une résolution du Conseil d'administration visant à favoriser la création de Centres de Documentation en Propriété Intellectuelle (CDPI) dans les États membres, le Mali est le premier pays à mettre un terrain à la disposition de l'OAPI pour la réalisation d'un tel projet.
La première pierre du premier CDPI est posée en 2004. Entièrement rénové en 2025-2026, le centre a récemment été inauguré par le ministre Moussa Alassane DIALLO, consacrant la pérennité de cette initiative et témoignant, une fois encore, de l'engagement constant du Mali en faveur de la propriété intellectuelle et de l'innovation.
Le 13 septembre : une date, une histoire, un héritage africain
La contribution malienne à l'histoire de l'OAPI trouve également une expression particulièrement symbolique dans l'institution de la Journée africaine de la propriété intellectuelle et de la technologie, célébrée chaque 13 septembre. Le choix de cette date est directement lié à l'histoire de l'Organisation : le 13 septembre 1962 correspond à la signature, à Libreville, de l'accord portant création de l'OAMPI, ancêtre de l'actuelle OAPI.
Lors d'une rencontre réunissant notamment l'ARIPO, le CRAT, l'OAPI et l'OMPI à Dakar, l'idée d'instituer une journée africaine consacrée à la propriété intellectuelle et à la technologie est avancée.
M. Anthioumane N'DIAYE propose alors de retenir le 13 septembre, date anniversaire de la création de la première organisation africaine de propriété intellectuelle. Depuis lors, le 13 septembre est consacré à la célébration de la Journée africaine de la propriété intellectuelle et de la technologie.
Un héritage à préserver et à prolonger
L'histoire de l'OAPI est celle d'une ambition africaine : mettre la propriété intellectuelle au service du développement, de l'innovation, de la créativité et de la souveraineté économique du continent.
Dans cette histoire, le Mali occupe une place qui mérite d'être pleinement reconnue. Par son adhésion, par l'expertise de ses cadres, par l'action de ses Structures Nationales de Liaison et par la contribution de ses dirigeants à la transformation de l'Organisation, le Mali a participé à plusieurs étapes déterminantes de la construction de l'espace africain de la propriété intellectuelle.
L'action de M. Anthioumane N'DIAYE demeure, à cet égard, un chapitre majeur de cette histoire. Son passage à la tête de l'OAPI, de 1997 à 2007, aura été marqué par la restauration des équilibres financiers, la modernisation de l'administration, l'innovation institutionnelle et le renforcement de la visibilité de la propriété intellectuelle en Afrique.
En célébrant le 13 septembre, l'Afrique célèbre donc bien plus qu'une date. Elle célèbre une ambition collective, un héritage institutionnel et une conviction : la propriété intellectuelle doit être un levier de transformation, d'innovation et de développement au service des peuples africains.
La célébration de 2026 ouvre un nouveau chapitre avec le thème "Propriété intellectuelle et financement des PME innovantes".
Il s'agit désormais d'aller au-delà de la protection de l'innovation pour en faire un véritable levier de financement et de développement économique. Une invention protégée doit pouvoir attirer des investisseurs, faciliter l'accès au crédit et permettre à nos PME innovantes de passer de l'idée au marché.
À travers ce thème, l'Afrique affirme une conviction forte : elle ne manque ni d'idées ni de talents ; elle doit désormais mieux financer ses innovations pour transformer ces talents en entreprises, en emplois et en richesses.
Le Mali, par son histoire et par son engagement, entend continuer à prendre toute sa part dans cette ambition.
