CIP-UEMOA : la gestion des intrants agricoles et l’harmonisation des législations vétérinaires au cœur des travaux à Bamako
Bamako accueille, depuis le lundi jusqu’au 11 septembre 2026, la 40ᵉ session extraordinaire du Comité interparlementaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (CIP-UEMOA). Les travaux, ouverts lundi dans un hôtel de la place, sont consacrés notamment à la gestion des intrants agricoles et à l’harmonisation des législations pharmaceutiques vétérinaires dans l’espace communautaire.
La capitale malienne est, pendant cinq jours, le point de convergence des parlementaires de l’espace UEMOA. Cette session extraordinaire entend contribuer au renforcement de la mise en œuvre des réglementations communautaires dans des secteurs jugés essentiels pour la sécurité alimentaire et le développement rural. Deux principales thématiques sont au centre des échanges : la gestion des intrants agricoles et l’harmonisation des législations pharmaceutiques vétérinaires dans les États membres de l’UEMOA. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de Roberto Alexandre Vieira, représentant résident de la Commission de l’UEMOA au Mali, ainsi que de plusieurs responsables des institutions communautaires.
Au nom du président du Conseil national de Transition (CNT), Malick Diaw, le premier vice-président de l’institution, Hameye Founè Mahalmadane, a insisté sur l’importance des questions inscrites à l’ordre du jour. Pour lui, le secteur agricole occupe une place de choix dans le développement de nos États membres. « L’agriculture et l’élevage contribuent significativement à la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté des populations rurales », a-t-il souligné. Le responsable du CNT a également rappelé les dispositions de l’article 14 b) du Protocole additionnel n°2 relatifs aux politiques sectorielles de l’UEMOA. Celui-ci encourage les États membres à favoriser une augmentation durable de la productivité agricole à travers la maîtrise technique, la recherche et l’utilisation optimale des facteurs de production.
L’honorable Fonona Cheick Hamed Coulibaly, vice-président par intérim du CIP-UEMOA et député ivoirien, qui préside la session, s’est réjoui de la tenue de cette rencontre à Bamako. Abordant la question des intrants agricoles, le parlementaire a rappelé le rôle des cadres communautaires mis en place par l’UEMOA, la CEDEAO et le CILSS dans l’encadrement de l’homologation, du contrôle de la qualité et de la commercialisation des semences, engrais et pesticides. Selon lui, ces mécanismes doivent permettre de sécuriser les productions agricoles et de contribuer à l’atteinte de la souveraineté alimentaire dans la région. Cependant, plusieurs difficultés continuent de peser sur l’accès aux intrants. Les crises géopolitiques et économiques ont notamment contribué à leur raréfaction sur les marchés régionaux. À cela s’ajoutent les effets du changement climatique et le coût élevé des technologies modernes. Ces contraintes constituent autant de défis pour l’amélioration de la productivité et des rendements agricoles dans les États membres de l’UEMOA. Les participants à la session sont ainsi appelés à identifier des pistes de solutions susceptibles de renforcer la résilience du secteur agricole régional.
Vers une harmonisation des législations vétérinaires
La session accorde également une place importante à l’harmonisation des législations pharmaceutiques vétérinaires. L’objectif est de favoriser une meilleure cohérence des dispositifs réglementaires entre les États membres et de renforcer l’encadrement du secteur vétérinaire. Les échanges devraient permettre aux parlementaires d’examiner les difficultés liées à l’application des réglementations existantes et d’identifier les mesures nécessaires à une meilleure coordination au niveau communautaire. Au-delà de ces deux questions majeures, les participants se pencheront également sur la nouvelle stratégie de communication du CIP-UEMOA. Celle-ci vise à accroître la visibilité de l’institution et à renforcer sa proximité avec les citoyens de l’espace communautaire. À travers cette 40ᵉ session extraordinaire, le CIP-UEMOA entend ainsi renforcer le rôle du dialogue interparlementaire dans la mise en œuvre des politiques communautaires, notamment dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage et de la réglementation.
Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net