Terrorisme et insécurité dans la région de Mopti : Le député Témoré Tioulenta s’insurge contre le grand banditisme à Ténenkou

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“Il est plus que temps de mettre fin à la recrudescence du banditisme du MNLA dans le cercle de Ténenkou”. C’est le cri de cœur que vient de lancer un député de la localité, l’honorable Témoré Tioulenta, le président du groupe parlementaire ADEMA qui ne mâche pas ses mots. Il proteste contre le silence de l’Etat face à la situation sécuritaire précaire dans la région de Mopti et particulièrement dans le cercle de Ténenkou. Lisez plutôt sa contribution

 

TioulentaOn ne dira jamais assez que notre pays, confronté pendant de très longs mois à des  séparatistes, à des terroristes invétérés, à des islamistes bornés et aux péripéties  d’un coup d’Etat plus que pernicieux vient de loin, de très loin. Et le président du groupe parlementaire ADEMA d’indiquer qu’il convient, d’abord de saluer vivement tous ceux qui ont contribué à la reconquête de notre  territoire national et favorisé l’organisation d’une élection présidentielle dont la qualité à été estimée de belle facture par les différents  observateurs.

 Il se trouve malheureusement qu’au moment où nous embouchons  les trompettes pour entonner l’hymne à la liberté et au retour progressif à la République, les populations du cercle de Ténenkou sont hantées par un désespoir sournois. Elles tombent de Charybde en Scylla et ne savent plus à quel saint se vouer tant leurs plaintes et complaintes n’ont reçu jusque-là qu’un  traitement plutôt cosmétique.

En effet, alors que ces populations  continuent aujourd’hui encore d’attendre ne fut – ce qu’ un clin d’œil de sympathie et de compassion de l’Etat, de la communauté internationale et des organismes de défense des droits de l’homme suite au massacre cruel de civils perpétré par le MNLA à Doungoura, Aguel Hoc du Sahel (20 personnes tuées et balancées dans un puits le 18 mars 2013), les bandits se sont arrogé le droit de priver des  citoyens maliens de  toute liberté de mouvement “.

Au fait, depuis déjà plus de deux mois, les pasteurs peuls sont pourchassés, agressés, abattus par les hordes du MNLA. Leur tort, leur crime est de vouloir se rendre dans le Méma, comme c’est le cas depuis des siècles pour l’accomplissement du rite annuel  de la transhumance des animaux.

Considérés par les désormais maîtres de tout en ces lieux comme des “provocateurs”, les pasteurs sont interceptés une fois  aperçus. Ils sont alors dépouillés de tous leurs biens, leurs animaux enlevés et conduits en des “lieux sûrs”. Ceux parmi eux  qui manifestent  quelque résistance sont séquestrés, ligotés et abandonnés  dans la broussaille dans l’attente d’avides vautours aux serres acérées  quand ils ne sont pas tout simplement immédiatement mis à mort. On ne compte plus le nombre de pasteurs retrouvés égorgés dans le vaste Méma.

Devant donc cette situation, ceux d’entre eux  qui avaient pris le chemin de la transhumance et dont les animaux avaient commencé à se délecter dans les espaces pastoraux des lieux dits Séno – Ndolla, Koura, Gallou, Sourango et autre Wendou-Tari n’ont eu d’autre choix que de se replier sur leurs bases; des bases  elles-mêmes réduites  par la progression fulgurante des eaux de crue infiltrant des champs de jeunes pousses de riz. Pour les animaux, l’édition 2013 de la transhumance risque de ne plus avoir lieu si des dispositions urgentes et robustes ne sont pas prises.

Le repli prolongé des animaux (est- ce d’ailleurs possible ?) engendrera  inéluctablement la multiplication des  conflits entre les éleveurs et les agriculteurs dont les champs ne peuvent plus être protégés, une hécatombe des animaux qui seront confrontés à une insuffisance alimentaire et à des épizooties. Pour les propriétaires d’animaux le lendemain est alors  plus qu’incertain. Et on imagine aisément l’immensité et l’énormité des dégâts causésà l’idée que ce sont les animaux des cercles de Ténenkou, Djenné, Mopti, Youwarou,  Niafunké et de Goundam qui devraient pratiquer le Méma en cette période, et ce, jusqu’en novembre.

En vérité, du 2 Mars 2012 (date de l’attaque de Ténenkou) à ce jour, le MNLA n’a jamais cessé de  semer la terreur dans le cercle. Et c’est bien connu. Et c’est aussi malheureusement bien connu que les victimes de la rébellion des années 90 du cercle (une quarantaine de morts et des centaines de têtes de bétail enlevées) n’ont jamais été indemnisées. Chat échaudé a peur de l’eau froide. Les pasteurs  peuls ne sont pas les seules victimes des exactions du MNLA. La bande de terre comprise  entre Nampala et Léré est devenue  un Eldorado pour les nouveaux maîtres. On ne compte plus le nombre d’attaques contre les personnes fréquentant les foires hebdomadaires.

Ainsi, le 29 Août 2013 des bandits armés enturbannés feront 5 morts et 1 blessé entre Dioura et Diguiciré (Commune rurale de Karéri) et le 10 Septembre 3 jeunes de la commune de Toguéré Coumbé (Tiambal Mama Condé, Dankou Sow et  Bory Bodewel) seront attaqués à 3 km de Doungoura et dépouillés de tous leurs biens. En ces lieux, le MNLA est le maître incontesté. Les héros y déambulent majestueusement et commettent des forfaitures impunément. Parce que dans ces terroirs dits aussi du Mali, il n’y a ni forces de défense et de sécurité maliennes, ni  MINUSMA, ni Serval.

A l’évidence, les patrouilles épisodiques ont montré leurs limites et il convient  d’envisager des stratégies plus rassurantes pour des populations qui attendent un peu plus d’attention, un peu plus de considération, un peu plus de …sécurité. Au nom d’un Mali de grandeur et de servitude en partage par tous et entre tous.

                                                          

Bruno D SEGBEDJI

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4 COMMENTAIRES

  1. Ce message s’adresse directement à Témoré Tioulenta,

    J’ai eu la chance de le côtoyer il y a 20 ans, alors qu’il était Directeur régional de l’éducation dans la Région de Mopti. Un homme droit, un homme juste, qui a toujours été attentif au sens des mots et à la situation dans le cercle de Tenenkou. Fidèle parmi les fidèles au sein de l’ADEMA, je salue avec émotion et reconnaissance ses prises de position.

    Mr Temoré Tioulenta, je vous adresse par cette missive, mes salutations de Bretagne, et recevez toute ma considération pour votre intégrité, votre droiture dont le Mali a tant besoin. Il n’y a pas de jour où je ne pense au Mali, et vos inquiétudes pour la situation des éleveurs, des agriculteurs, est le signe que vous avez gardé le souci du terrain et des maliens de base. Que ces positions soient un jour récompensées, avant tout, pour le peuple malien.

    La Mali a besoin de retrouver son calme, le peuple n’est pas guerrier et ne mérite que des groupuscules l’anéantisse. Courage.

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