Appui aux troupes maliennes dans la Guerre contre les jihadistes : Comment la pléthore de combattants sera-t-elle efficacement gérée?

22 Jan 2013 - 12:15
Mis à jour: 14 ans
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Le Nigéria avec ses 900 hommes, le Tchad avec ses 2000 militaires (stationnés à la frontière nigérienne), le Bénin, qui revoit son effectif à la hausse avec 650 soldats, le Togo, le Sénégal, le Niger, le Burkina Faso, le Burundi , le Rwanda et peut-être l'Afrique du Sud, l'Ouganda, le Ghana, la Guinée avec chacun des centaines d’hommes, le Mali sera, avec ses propres troupes et celles de l'armée française, fortement militarisé. Pourvu que la gestion de cet important effectif soit sans désagréments ; surtout que la question financière n'est pas encore réglée. [caption id="attachment_121106" align="aligncenter" width="615"] Militaires nigérians[/caption] Au risque de se faire reprocher une certaine ingratitude, le Mali ne peut dire non aux troupes désireuses de venir l’aider. Pourtant, l’Etat malien peut avoir l'inconfort de devoir accueillir un effectif trop important de militaires venant de plus d'une dizaine de pays africains. Tous ces combattants seront mobilisés dans le cadre de la mission internationale de soutien au Mali (MISMA), commandée  par le Nigéria. En coordination avec le ministère de la Défense du Mali, le Général nigérian Shehu Usman Abdulkadir, aidé du général de brigade nigérien Yaye Garba, peut être confronté à des difficultés pour la prise en charge efficace de tout ce beau monde. A titre d'exemple, le dimanche dernier, à l'arrivée des 50 officiers et sous-officiers sénégalais, les responsables du ministère de la défense ont eu quelques soucis pour trouver leur site d'hébergement, en attendant le reste de la troupe. A une question posée au colonel Guirane N'Diaye du Sénégal sur le matériel de guerre dont il va se servir, celui-ci dira que ses troupes pourront compter sur le matériel que l'armée malienne mettra à leur disposition. Or, l'équipement militaire malien est justement insuffisant. Le Nigéria avec ses 900 hommes (effectif qui pourrait être revu à la hausse selon certaines sources), le Tchad avec ses 2000 militaires (stationnés à la frontière nigérienne), le Bénin, qui revoit son effectif à la hausse avec 650 hommes le Togo, le Sénégal, le Niger, le Burkina Faso, le Burundi et peut-être l'Afrique du Sud et l'Ouganda avec chacun au moins 500 hommes, le Mali sera, avec ses propres troupes et celles de l'armée française, fortement engorgé. Or, selon les experts, il n'est point aisé de coordonner des troupes d'autant de combattants venant de divers horizons et ayant des capacités opérationnelles différentes. Et il est à signaler qu'en dehors des troupes nigériennes, nigérianes et tchadiennes, les combattants des pays de la CEDEAO comme le Togo, le Bénin, le Burkina Faso n'arriveront pas au Mali avec du matériel lourd, vu les difficultés de transport. Il s'ensuit que la force de frappe de ces bataillons sera moins efficace que celle des troupes françaises, qui ont déjà, estiment certains spécialistes du dossier, fait 30% du travail. En outre, même s'il n'est un secret pour personne que l'armée malienne a besoin d'un renforcement de capacités, il n'est pas judicieux de verser simplement dans un accroissement des effectifs sans une réelle opérationnalité des contingents. Certains observateurs affirment que les troupes des pays côtiers comme le Togo, le Bénin, le Burundi n'ont pas une expérience avérée des combats dans le désert et que leur apport se limitera à renforcer le dispositif de sécurisation des zones du sud du pays menacées par les jihadistes. Un apport pour lequel le sacrifice consenti, en terme de prise en charge, suscite des interrogations. Par ailleurs, avec cette pléthore d'intervenants dans le conflit armé sur son sol pour anéantir la menace terroriste et jihadiste, qui plane sur le monde entier, on s'interroge sur le prix que l'Etat malien va devoir payer à ses nombreux amis. La crise économique et financière que traverse le Mali et qui oblige tous ses fils à contribuer à l'effort de guerre permettra-elle de motiver les contingents qui volent ainsi à son secours? Comment se manifestera cette reconnaissance de la nation malienne envers ses nombreux amis? Cette mobilisation extraordinaire de plusieurs nations ne va-t-elle pas peser dans d'éventuelles négociations post-conflit pour dicter à nos autorités des attitudes à adopter? Ce sont là des questions qui préoccupent d'ores et déjà au moment même où la communauté internationale n'a pas encore assumé ses responsabilités dans la prise en charge financière de l'effort de guerre. En effet, le coût financier de la MISMA est évalué à près de 500 millions d'euros. Le financement de cette mission est aujourd'hui loin d'être bouclé. Il n'est pas certain que la conférence des donateurs, prévue pour le 26 janvier prochain au siège de l'Union africaine à Addis-Abeba, permettra de combler les attentes. Si l'Union européenne a promis une contribution de 50 millions d'euros, les Etats unis sont encore à l'étape des tergiversations par rapport au déblocage d'une quelconque enveloppe financière, se contentant de gloser sur l'apport en logistique. Réunis en session d'évaluation le week-end dernier à Abidjan, les chefs d'Etat de la CEDEAO, auxquels s'étaient joints le président Idriss Déby Itno du Tchad et le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, ont lancé un appel pressant à l'ONU pour "fournir immédiatement l'appui logistique et financier pour le déploiement de la MISMA". Les Nations Unies, dont la lenteur dans les procédures est connue de tous, tardent à prendre toutes leurs responsabilités dans la mise en œuvre de la résolution 2085. Pendant ce temps, plusieurs pays ne cessent de décider d'envoyer des troupes sans mesurer le risque que le Mali pourrait être simplement… débordé. Bruno D SEGBEDJI  

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Commentaires (26)

User
BBG
BBG 14 ans
Excellent article, la guerre avec son colo ère de dépenses à savoir carburants logistique transports logements nourriture primes dues aux soldats engagés, je ne sais pas comment le Mali à l'heure ou beaucoup d'investisseurs ont mis la clé sous le paillasson pourra seule faire face à tous ses dépenses. Mais certains voisins comme le Gabon le Nigeria... dont la situation financière n'est pas aussi mauvaise peuvent mettre la main à la patte avec l'apport de la communauté internationale.Cette guerre elle n'est pas que malienne mais aussi de tous les pays limitrophes où ces groupes terroristes peuvent s'installer et ainsi viser les ressortissants étrangers.
kone allagnan
kone allagnan 14 ans
quelle analyse simpliste! c'est a croire que ce plumitif ignore la portee reelle qu'encourent le mali et la soius-region. et au-dela. ce sont ces memes jihadistes qui ont cree tous les problemes aux occidentaux. la coordination de ces forces est le metier des militaires. effectifs plethoriques? n'oublie pas que l'armee malienne a deja fui devant ses ennemis plus d'une fois et elle a besoin d'aide. s'agissant du cout? quelle idiotie de parler de cout au moment ou il est question de sauver le mali. cela a-t'il un cout?
kouyaté 1
kouyaté 1 14 ans
Bonsoir tout le monde je voudrais seulement savoir si les militaires de Kati ont été vider de l'ORTM et de l'aéroport de sénou merci de me répondre, ensuite la libération des bérets rouges et leur intégration dans leur corps d'origine. Je pense que le Président doit agir immédiatement sans craindre qui que soit parce que Bamako est rempli de soldats étrangers valeureux pour le protéger.
Ouas Ziani
Ouas Ziani 14 ans
Le Mali et ses voisins risquent de faire la manche pendant un siècle au moins pour honorer leur client. Et comme le Gaulois est impatient de résoudre son abyssale déficit, il s'installera dans la région pour protéger les malheureux africains de la mouche tsé-tsé. elle fait beaucoup de dégâts. le docteur Kouchner viendra à Bamako soigner juste la main droite. C'est elle qui sert à signer tous les contrats rédigés à Bercy. Ce jour-là, on verra bien qui fera la fellation au gaulois, la Targuie ou la Peule ?
Gako sanoga
Gako sanoga 14 ans
Je pense qu'il faut se partager le territoire du Mali actuel entre les pays qui le limitent. Comme les maliens sont des incapables des inconscients. Comment se fait-il que les pays qui n'ont aucun rapport acceptent de vous envoyer leur fils (qu'ils ont éduquer, former à leurs frais) au risque de les perdre et que vous tergiversez sur des questions de secondes importances. Ce qui arrive au Mali aujourd'hui il le mérite. Si il ne font pas attention on va les laisser avec leur bordel. Ou bien on demande au Nation Unis de partager le Mali entre les pays frontaliers. :evil: :evil:
SALY
SALY 14 ans
tu dis de partager le mali,Niger ne sera pas à l'abi non plus,car il y a eu les rebellions au Niger aussi
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