Arrestations arbitraires de hautes personnalités politiques et militaires par la junte putschiste malienne Le règne de l'AEEM en uniforme

19 Avr 2012 - 12:10
Mis à jour: 15 ans
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Pendant qu'on la croyait réceptive aux appels à la raison, la junte militaire putschiste étonne plutôt par des accès de folie autoritariste, en s'illustrant notamment par des comportements abusifs d'une rare témérité dans le Mali démocratique. Quoiqu'elle s'échine à trouver des excuses dans les pressentiments et la peur bleue d'un contrecoup, ses ardeurs liberticides révèlent quelque part les tares d'une entité militaire qui brille par sa puérilité, son  anarchie organisationnelle, et dont l'abus d'autorité pourrait s'expliquer par une absence criarde d'autorité en son sein. -    Des  arrestations aux  allures  d'enlèvement Les observateurs avertis s'attendaient certes à des répercussions de la cacophonie ambiante - lors de la rencontre des forces vives maliennes à Ouagadougou -, mais sans doute pas dans les proportions et la résonnance vécues pendant les dernières quarante-huit heures. Il s'agit, en effet, d'une escalade d'arrestations beaucoup plus conséquente que la première vague et qui donne l'impression d'un retour virevoltant à la case départ, comme pour ramer à contre-courant des efforts de normalisation de la communauté internationale et des institutions sous-régionales (Cédéao) et de ses acquis dans le règlement de la crise institutionnelle au Mali. Outre les premiers responsables d'institutions bancaires maliennes parmi les plus importantes, cet autre feuilleton s'est étendu aux hauts gradés de l'armée ainsi qu'à d'importantes personnalités politiques, dont certains avaient connu des sévices similaires. Les Généraux Sadio Gassama, Hamidou Sissoko, Mamadou Diagouraga, entre autres ; les PDG Babali Ba de la BMS et Amadou Diallo de la BNDA ; l'ancien Premier Ministre Modibo Sidibé qui détenu pour la troisième fois actuellement ; Soumaïla Cissé, le candidat de l'Urd, qui n'a finalement pu échapper à l'acharnement de la junte. La liste n'est pas exhaustive. Le hic, c'est que ces privations de liberté interviennent au moment où tous les regards étaient tournés vers une autre étape déterminante dans la mise en œuvre de l'accord-cadre après l'investiture du président de la République par intérim, à savoir : la désignation puis la nomination d'un nouveau Premier Ministre. La démarche participe au processus de réhabilitation des institutions de la République ainsi qu'au retour à une vie constitutionnelle normale, dans le cadre de laquelle les libertés individuelles et collectives sont garanties, sauf cas de nécessité impérieuse prévues par loi. C'est donc en violation totale des garanties constitutionnelles que la junte militaire de Kati, par ailleurs partie-prenante de l'accord-cadre passé avec la Communauté économique des Etats de l'Afrique  de l'Ouest, a procédé aux arrestations arbitraires qui continuent de défrayer la chronique. Ce faisant, le CNRDRE verse manifestement dans un autre déboire passible d'amnistie, parce que ses arrestations arbitraires s'assimilent ni plus ni moins à des enlèvements, pour vrai que les privations de liberté au nom de la puissance publique sont ordonnées par la justice dans un régime constitutionnel normal. -La chienlit  régalienne :  entre junte et AEEM uniforme Ce n'est pas la première fois que le CNRDRE patauge dans les incohérences, alors que son chef de file, le Capitaine Amadou A. Sanogo, avait lui-même mis en garde contre les violations de l'accord-cadre passé avec la Cédéao. Au lendemain de la signature du document et sa publication, la junte s'illustrait déjà par certaines attitudes ayant intrigué nombre d'observateurs de la succession d'événements en cours au Mali depuis les événements du 22 Mars 2011. En effet, le degré d'attachement de la junte aux concessions faites dans le cadre du processus de normalisation pouvait déjà se juger à sa persistance dans la prise de mesures vicieuses, en parfaite dissonance avec ses engagements : nominations abondantes aux postes de la hiérarchie militaire, interférences excessives et inappropriées dans les missions régulières traditionnelles de l'administration, d'Etat, etc. Mais la trivialité vient d'atteindre son paroxysme avec les arrestations massives aveugles qui finissent d'inscrire le nom du Mali au registre des démocraties bananières du continent. Pourquoi la junte putschiste s'illustre-t-elle avec une posture aussi banalisante et si peu respectueuse de ses engagements ? L'explication la plus superficielle réside dans la crainte d'un éventuel coup de force restaurateur de l'ancien régime renversé. Cette justification, qui peut valoir pour l'arrestation des généraux de l'armée malienne et de certains proches du président déchu, ne saurait tenir la route pour ce qui est de l'intimidation des hautes personnalités politiques. Une raison pour les observateurs de pousser davantage la réflexion sur l'organisation et  le mode de fonctionnement du CNRDRE, une structure à l'évidence impersonnelle dont la composition réelle est ignorée de tous , sauf pour son président, son chef de cabinet et son porte-parole. En clair, avec cette tendance à mettre en cause les engagements solennellement pris par son premier responsable, Amadou Haya Sanogo, on est en droit d'en déduire que le Comité National de Redressement de la Démocratie et de Restauration de l'Etat présente plutôt les traits d'un bateau sans gouvernail où la caution collégiale est le passage obligé, tant pour les décisions à prendre que pour celles déjà prises. C'est le propre de l'AEEM dont les pratiques anarchiques déteignent probablement sur la junte, à travers l'influence de toute une armada d'anciens dirigeants locataires de Kati à la suite du coup de force du 22 Mars dernier. Et si c'est la loi de la masse qui règne au CNRDRE, comme au bon vieux temps d'Oumar Mariko, Issa Mariko, Mahamane Mariko et Bakary Mariko, il va sans dire que le Capitaine Amadou Haya Sanogo n'exerce aucun contrôle sur les auteurs du coup d'État improvisé. -Le coup d'État continue : un défi à la  Cédéao Les dernières évolutions et rebondissements de la situation interviennent paradoxalement au lendemain immédiat de la retrouvaille des forces vives de la Nation malienne autour du président du Faso, Médiateur désigné de la Cédéao, pour le règlement d'une crise d'État, qui risque fort malheureusement de prolonger davantage la partition du pays et de compromettre ses chances de réunification. Au lieu de contribuer à faire avancer le processus du dénouement, la rencontre de Ouagadougou aura consacré un enlisement beaucoup plus conséquent pour avoir servi, ni plus ni moins de tribune de repérage et de distinction des participants, en bons cerbères de la junte et sentinelles démocratiques qui refusent de lui faire allégeance. En témoigne, selon toute vraisemblance, cette vague d'arrestations très orientées qui épargnent ou ciblent les personnalités selon leurs apparentements politiques. Les adeptes du Front anti-putsch sont ainsi persécutés pour leur position, ceux qui ont assimilé le coup d'Etat à une eau bénie sont à l'abri de toute forme de harcèlement de la part d'une junte qui semble sélectivement régler leur compte aux personnalités, pour avoir partagé avec la communauté internationale et la Cédéao la position selon laquelle la gestion de la transition doit revenir à une personnalité qui jouisse d'une certaine légitimité élective. La junte, qui ne l'entend point de cette oreille, continue d'afficher ouvertement son intention  de retourner aux commandes une fois les quarante jours constitutionnels épuisés et procèdent, comme on le voit, par des comportements abusifs qui annoncent les couleurs d'un autre coup de force imminent. Ce faisant, la junte malienne lance pour le moins un clin d'œil défiant à l'adresse de la Cédéao, garant d'un accord-cadre qui est d'ailleurs l'objet d'une violation constante par ses interlocuteurs du CNRDRE. Ce n'est pas exclu que la junte malienne prenne ainsi du poil de la bête en regardant triompher son homologue de la Guinée-Bissau. N’Tji Diarra

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Commentaires (38)

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sikne
sikne 15 ans
L'avenir du Mali appartient aux jeunes politique et études ne riment pas Des élèves qui ne se soucient pas de la baisse de leur niveau étudier pour grossir le rang des démandeurs d'emploi alors qu'on peut entreprendre créer des entreprises tout le monde veut s'accrocher à l'état.dans les pays développés 40.0000 créations d'entreprise /semaine quant à nous zéro/mois. Un savoir non assimilé n'est pas un savoir qu'on sait donc l'ignorance se trouve où ? dans nos écoles.
keletigui
keletigui 15 ans
J AI HONTE OUI J AI HONTE ET J AI MAL MAL DE VOIR MON PEUPLE SE VILIPENDER, DITES MOI EST CE LE MOMENT DE FAIRE UN COUP D ÉTAT ? EST CE LE MOMENT DE FAIRE CES ARRESTATIONS? SUR QUELLES CRITÈRES SE BASENT CE CAPITAINE, EN TANT QUE QUE QUI OU QUOI? QU IL SACHE QU IL N EST PAS AU-DESSUS DE LA LOI ET QU IL N EST PAS LA LOI. JE CROIS QUE NOUS DEVONS T ÊTRE SINCÈRE, OUI NOTRE MALI EN A BESOIN SI SINGULIÈREMENT NOUS AVONS MANQUES DE CRAN , JE CROIS ET JE LE SOUHAITE QU ENSEMBLE MAIN DANS LA MAIN AVEC UN PEU DE RETENU NOUS POURRONS LUI APPORTER CE DONT NOUS LUI DEVONS. CAR C EST NOTRE MERE A TOUS . NOUS DEVONS LA CHERIR AU PLUS PROFOND DE NOUS LE MALI N APPARTIENT A PERSONNE PLUS QUE D AUTRE. OUI NOUS LUI DEVONS CETTE PLACE QU IL MÉRITE AU SEIN DES CONCERTS DES NATIONS. S IL VOUS PLAIT JE VOUS LE DEMANDE A GENOUX PAS DE HAINE.
maiga
maiga 15 ans
/////sanogo je une question ate poser esceque tu sais ce que tu est antrain de faire en procedent tout ces arrestation arbitraire?la seule chose que le peuple malien te demande cest de te metre en tenue militaire et se diriger vers le nord
diarra yacouba
diarra yacouba 15 ans
Arrestations arbitraires par rapport aux super-hommes ou aux intouchables ou leurs acolites.
Il n'y'a aucun montage dans ce qui se passe . Toutes les personnes mis au arret sont bel et bien impliquées dans ce plan diabolique de Modibo Sidibe . Ces armes en realités etaient destinées à un schemas de l'apres election . Leur schemas etait en faite de truquer les elections pour declarer Modibo Sidibé vainqueur . Puisque IBK avait affirmé publiquement sur les antennes de l'ORTM lors de son meeting de declaration de candidature qu'ils n'accepteront plus jamais des elections truquées . Que 2012 ne sera plus comme 2002 . Donc apres les resultats donnant Modibo gagnant , IBK allait naturellement protesté et ça allait entrainer des vagues de manifestations . Ainsi on allait profité de cela pour distribuer ces armes à des personnes infiltrées parmi les manifestant contre la tricherie .Ils allaient donc tirer sur les forces de l'ordre . Ce qui sans doute entrainerait des ripostes des agents avec aussi des balles reeles . Beaucoup de personnes allaient perdre la vie . Ainsi IBK serait arrété pour "Trouble à l'ordre public , organisation de marche non autorisée , incitation à la violance , violence à l'arme de guerre sur des agents en service , detention illegale d'arme de guerre , atteinte à la sureté de l'Etat ect....." Il sera jugé et condamné . Ainsi Modibo gouvernera sans obstacle . Malheuresement pour eux le coup d'Etat du 22 Mars à mis à l'eau ce schema . L'option "B" etait donc de faire un second coup d'Etat contre Sanogo . Soumaila etait mis au parfum de ce qui allait se passer ce mercredi 18 Avril à 04 heures du matin à kati . Soumaila etait ainsi d'accord . Le malheur pour Babaly Bah c'est d'avoir preter les services de la BMS pour le tranfert de l'argent de payement des armes en mi-Janvier. Ne voyez pas partout de la vengeance . Ces hommes arretés sont reellement des enemis du Mali . Beaucoup seront deçu du comportement de leur hero car nous ne sommes entouré que des hypocrites .
Tenako
Tenako 15 ans
Le refuge, vous qui êtes au fait de tant de choses, pourriez-vous m'éclairer sur un fait du jour? Il paraît que le médiateur de la CEDEAO veut faire libérer les personnalités arrêtées. Ma question est la suivante. Est-ce que Sanogo va se plier au desirata du médiateur ? Merci d'avance.
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