Nord Mali : Pourquoi il faut privilégier l'option militaire

21 Juin 2012 - 11:55
Mis à jour: 14 ans
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Jamais l'on a réussi à obtenir  pacifiquement des terroristes qu'ils décampent d'une localité. L'offre de négociation du MNLA doit être accueillie et traitée avec la plus grande prudence. Elle ne doit nullement compromettre l'organisation de l'intervention militaire qui, dans tous les cas, est nécessaire. Car même si l'obstacle venait à être écarté, il reste entendu que les terroristes n'entendent  un autre langage que celui de la force.

Le MNLA a déclaré la guerre au Mali le 17 janvier 2012 et proclamé l'indépendance unilatérale le 6 avril des régions nord du pays qu'il considère comme faisant partie de l'Azawad. Un Etat fantoche qu'il s'imagine s'étendant au delà des frontières du Mali. Cette occupation s'est caractérisée par des exactions, des viols systématiques des femmes et des jeunes filles. Sans oublier les rançonnements des paisibles citoyens, le pillage des services administratifs, des établissements bancaires.  Des actes dignes des bandits de grand chemin comme le sahel peut en compter.

Le mouvement national de libération de l'Azawad est avec son allié djihadiste d'Ansar Eddine responsable de l'exécution sommaire et barbare de jeunes militaires maliens. Ces derniers ont d'abord été faits prisonniers avant d'être froidement exécutés.

 Faut-il donc négocier avec des gens qui ont du sang sur leur main ? Et qui pourtant sont poursuivis par la justice malienne pour des crimes d'assassinats, de viols. Les bandits armés du MNLA sont aussi dans le collimateur de la Cour pénale internationale pour les mêmes chefs d'accusation.

Quid de son allié Ansar Eddine d'Iyad Ag Ghaly. Ces djihadistes alliés au MUJUAO, à Boko Haram, entre autres groupes terroristes,  constituent le bras armé d'AQMI. Ils sont responsables des nombreuses prises d'otages dans la région et disposeraient de nombreuses katibas dans la bande sahélo-saharienne. Ces groupes entretiennent des trafics d'armes, de drogue.

Toutefois, Ansar Eddine et MNLA qui ont combattu côte à côte pour chasser l'armée malienne du nord se trouvent aujourd'hui confrontés  à un sérieux problème de leadership et de légitimité.  Autant tous les deux groupes de bandits sont rejetés par les populations des zones concernées, autant tous les deux cherchent à faire prévaloir leur supériorité dans la zone.

La réalité est que le MNLA est perdu dans un conflit qu'il a lui-même provoqué et ne doit sa survie que sur papier et sur les chaines des télévisions françaises. Les djihadistes ont pignon sur rue et prennent leurs ordres d'AQMI.

Les négociations entamées par le médiateur de la CEDEAO, selon plusieurs   observateurs avertis, ne contribueront  pas à améliorer la situation. Loin s'en faut. D'abord les conditions posées par le médiateur à l'une ou l'autre des deux parties seront très difficiles à respecter. Au moment où le négociateur a pris langue avec le MNLA, celui-ci continue encore de parler de l'Etat de l'Azawad.

Comme pour pousser la provocation à son comble, il continue à travers son Secrétaire général, Bilal Ag Shérif, de placer ses pions dans les petites agglomérations qui relèvent encore de son contrôle. Un double jeu qui en dit long sur les intentions de ce mouvement criminel.

S'agissant des djihadistes d'Ansar Eddine, à qui le médiateur a demandé de se débarrasser des groupes terroristes et de toute activité criminelle, il nous parait difficile qu'Iyad Ag Ghaly et sa bande puissent honorer cette condition.  Sans Aqmi, Ansar Eddine d'Iyad Ag Ghaly cesserait d'exister. Il est pourvu en armement par la nébuleuse terroriste. Et c'est encore AQMI qui finance les djihadistes.

Nous avons vu par le passé que la médiation de Blaise Compaoré  à travers les différents accords signés avec l'ex-junte putschiste de Kati, même si elle a permis de ramener un semblant de retour à la vie constitutionnelle, a entretenu une crise politique sans précédent,  rendant difficile tout dialogue entre les différents acteurs de la vie politique et de la société civile malienne.

Le chef d'Etat major de l'armée malienne, Colonel major Ibrahim Dahirou Dembélé, qui a pris part aux travaux de la réunion des chefs d'état-major de la CDEAO sur la situation au nord de notre pays, a déclaré que "ce problème des rébellions qui sévissent dans le nord du Mali, sans une solution militaire, semble très difficile à résoudre par la négociation".  Cette idée est partagée également par certains pays de la CDEAO, notamment le Niger, le Benin et la Côte d'Ivoire qui craignent une contamination dans tout le sahel.  Aussi, les négociations entamées par le président Compaoré avec les renégats et les terroristes, ne contribueront  qu'à affaiblir le conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine devant le conseil de sécurité de l'ONU pour une éventuelle intervention militaire africaine sous les couleurs des Nations Unies. Elles favoriseront également  une situation de statu quo dans la mesure où le Mali ne négociera pas l'intégrité de son territoire, le MNLA l'indépendance de l'Azawad et Ansar Dine ne veut pas entendre parler de la laïcité. Ce qui va aboutir à l'instauration d'un climat où seules les victimes seront encore les populations civiles.

L'histoire a démontré que les différentes négociations engagées avec les terroristes se sont toujours soldées par des échecs. C'est le cas des Talibans en Afghanistan, des Shebbab en Somalie et de Bokko Harram au Nigéria.  C'est pourquoi les observateurs sont unanimes pour dire qu'au nord du Mali, une opération d'envergure sera forcement nécessaire pour neutraliser les salafistes et empêcher AQMI  de renforcer son emprise sur la bande sahélo-saharienne.                          

                                  Moussa SIDIBE

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Commentaires (36)

User
Belami
Belami 14 ans
Le Mali doit comprendre que tous ce qui sont opposés à la guerre ne sont pas sincères. Une guerre disperserait assurément ces pestes du désert. Tous le monde sera obligé de s'investir pour ne serait ce que garder ces frontières et même traquer ces écervelés. Pour ne pas contribuer à cet effort de guerre, ils préfèrent voir le problème se concentré au Mali, exclusivement au Mali, pour que nous soyons à la une tous les jours. Il appartient donc aux Maliens de bouter ces terroristes hors de nos frontières si on ne la fait on a abdiqué. Les autres on d'autres priorités que d'être mêler dans une guerre qu'ils préfère observer de loin. C'est le dessous de la réticence des uns et des autres à l'usage de la force. A nous de prendre nos responsabilités.
KONE31
KONE31 14 ans
......Tout à fait d'accord avec vous. La question sur une négociation ne doit pas être posée aujourd'hui car, ce stade est dépassé du moment où, ces bandits nous ont déclare la guerre en nous humiliant en plus,il faut aller jusqu'au bout dans cette histoire pour voir, qui rira le dernier entre le GRAND MALI et ces VOYOUS. Nous avons certains faux amis qui nous font perdre le temps et certains maliens égoïstes qui ne pensent qu'à eux seuls. Vive le MALI QUI GAGNE!
mac
mac 14 ans
Bonsoir à tous les patriotes maliens. Cela ne fait plus l'ombre d'un doute. L'armée malienne va laver l'affront subi par le peuple malien. Je lance un appel à toute la classe politique de tirer les leçons de l'histoire des occupations militaires. Seule les forces armées avec le soutien sans faille de tous les patriotes peuvent libérer le nord du Mali. Mais avant cela il y a deux préalables : 1-Convaincre les organisations internationales sur le bien fondé de la guerre qui doit être menée, 2-Equiper nos forces armées avec des armes appropriées pour le terrain. Nous ne devons plus accepter de nous enfermer dans des négociations stériles souhaitées par certains pays voisins qui ne veulent pas que le Mali exploite un jour les ressources de son sous sol au nord. Nous devons stoper l'expansion d'un islam extrémiste dans notre pays (Laïc, tolérant et multiculturel). L'ennemi du Mali se terre parmi nous. En pronant trop un islam importé au Mali nous irons tout droit vers le chaos. Stop aux barbus intégristes. Quant aux rebelles touaregs, c'est le moment de les mettre défintivement hors d'état de nuire. Que Dieu bénisse le Mali.
err
err 14 ans
de même qu'on ne peut apprivoiser une hyene, un serpent ou un chacal, de même on ne peut trouver un terrain d'entente avec des terroristes!la seule méthode qui vaille avec les terroristes, c'est l'ETERMINATION!
vision2012
vision2012 14 ans
Les dictateurs monarques du Qatar qui sont en train de soutenir les terroriste au Mali auront tres bientot leurs jours noirs.
moussa ag
moussa ag 14 ans
HEY...ON A MODERATEUR MAINTENANT!!!! MERCI A TOUT CEUX QUI ONT CONTRIBUE A CREE UN NOUVEAU EMPLOIE A MALIWEB... Moussa Ag, qui apprecie les efforts de Maliweb...tant qu'il ne censure pas ses mots favorits...FANFARONS...SOLDATS RATES...LASCARS...POLTRONS...TROUILLARDS....QUOI D'AUTRES????
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