Détérioration de la situation sécuritaire au Mali : Pour la CEDEAO la situation constitue une « menace pour l’ensemble de la sous-région »

08 Juin 2016 - 04:18
Mis à jour: 10 ans
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Détérioration de la situation sécuritaire au Mali :  Pour la CEDEAO la situation constitue une « menace pour l’ensemble de la sous-région »
Les présidents et chefs de gouvernements des Etats d'Afrique de l'Ouest réunis à Abuja, pour les 40 ans de la Cédéao, le 16 décembre 2015. © REUTERS/Afolabi Sotunde
Les questions de paix, de sécurité et de démocratie et particulièrement la situation au Mali étaient au cœur de la quarante-neuvième session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui s’est tenue le 4 juin 2016 à Dakar au Sénégal. L'organisation sous-régionale a exprimé « sa vive préoccupation, face à la détérioration de la situation sécuritaire au Mali, marquée par la recrudescence des attaques terroristes », ajoutant que « cette situation constitue une menace pour l’ensemble de la sous-région ». La CEDEAO a exprimé son indignation face à la situation à Kidal où, un an après la signature de l’Accord, le Gouvernement et les Forces de Défense et de Sécurité du Mali n’ont toujours pas accès pour une sécurisation complète du territoire national et exige que cette situation prenne fin.   La Conférence a réaffirmé l’importance de la paix, de la sécurité, et de la stabilité dans l’espace CEDEAO pour le développement économique de la région, réitérant sa détermination à poursuivre, sans relâche, le combat contre le terrorisme. Le sommet a souligné, à cet égard, la nécessité d’une lutte internationale coordonnée. La Conférence a également exprimé sa « vive préoccupation face au fléau du terrorisme qui devient une menace persistante dans la région ». Elle condamne avec la plus grande fermeté les attaques terroristes de Bamako et Tombouctou (Mali), de Ouagadougou (Burkina Faso) et de Grand Bassam (Côte d’Ivoire) respectivement en novembre 2015 et mai 2016, et en janvier et mars 2016, ainsi que celles du groupe Boko Haram au Niger (3 Juin 2016) et au Nigéria. La Conférence a exprimé sa solidarité avec les pays touchés et présente ses sincères condoléances aux Gouvernements et aux peuples du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger et du Nigeria. Sur la situation au Mali, la Conférence a rappelé son attachement au respect de l’unité, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’Etat Malien. Elle a exprimé sa « vive préoccupation, face à la détérioration de la situation sécuritaire au Mali, marqué par la recrudescence des attaques terroristes qui ont visé les forces de défense et de sécurité du Mali, les forces des Nations Unies, la force française Barkhane et les populations civiles. Cette situation constitue une menace pour l’ensemble de la sous-région ». Usant du langage diplomatique, la Conférence a salué « les efforts déployés par le Gouvernement du Mali, sous le leadership du Président Ibrahim Boubacar Kéita, en vue de l’application intégrale et effective de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali ». Mais personne n’est dupe sur la situation qui prévaut au Mali, où les parties signataires, aussi bien la CMA que la Plateforme d’Alger (pro-gouvernementale) se plaignent, tapent du point sur la table et en arrivent même à claquer la porte, pour dénoncer la lenteur et l’immobilisme du président et du gouvernement dans l’application de l’accord et le processus de paix. Redéployer l’armée malienne La Conférence a en outre exprimé « son indignation face à la situation à Kidal où, un an après la signature de l’Accord, le Gouvernement et les Forces de Défense et de Sécurité du Mali n’ont toujours pas accès pour une sécurisation complète du territoire national et exige que cette situation prenne fin ». Elle demande aux mouvements signataires de s’engager de bonne foi pour une application diligente, intégrale et effective de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. « La Conférence réitère sa décision adoptée lors de sa 47ème session tenue à Accra le 19 mai 2015 selon laquelle toutes les forces de défense et de sécurité du Mali disposent du droit et de la légitimité d’occuper toute localité du territoire national, dans le cadre de leur mission régalienne de protection des frontières, des personnes et de leurs biens et que toute occupation par des forces irrégulières non-étatiques est illégale et doit prendre fin ». Elle a demandé, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations Unies, de l’Union Africaine et de la CEDEAO, que les Forces de Défenses et de Sécurité du Mali soient redéployées le plus immédiatement possible sur tout le territoire de l’Etat malien pour faire face aux ennemis de la paix et protéger les populations aux frontières. « La Conférence exhorte le Conseil de Sécurité des Nations Unies à prendre les mesures nécessaires pour renforcer le mandat de la MINUSMA et la doter de moyens et d’équipements adéquats, en vue de l’adapter au contexte sécuritaire qui menace la paix et la sécurité de l’ensemble de la Région, avec des risques de contagion ». Elle envisage de mettre en place une Force multinationale mixte pour lutter contre le terrorisme au Mali. Le retour du ministre porte-parole Au-delà du discours diplomatique qu’use l’organisation sous régionale, le terrorisme qui sévit au Mali depuis 2012 et qui tarde à être éradiqué tend au contraire ses tentacules au-delà de notre pays. Sauf à se voiler la face, les attentats du Capuccino au Burkina Faso et de Grand Bassam sentent un prolongement des attaques terroristes qui ont trouvé dans le nord du Mali un terreau fertile. Faute d’une réponse à la hauteur du fléau, ces attentats se sont étendus au centre et au sud du Mali depuis la visite controversée du Premier ministre Moussa Mara à Kidal en mai 2014 et la guerre qui s’en est suivie. Tirant les enseignements de sa participation au 49ème Session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, le président Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso le plus gros contributeur au sein de la force onusienne au Mali (Minusma) a souhaité qu’une partie de ses hommes soient redéployés à la frontière entre les deux pays afin de limiter les incursions d’éléments armés sur son territoire. « Nous avons demandé au niveau de la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali) au Mali de pouvoir redéployer un de nos bataillons vers la frontière entre le Mali et le Burkina Faso », a déclaré dans la nuit de dimanche à lundi le président Kaboré à son retour du sommet de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO). « Nous avons engagé cette discussion aussi bien avec le représentant spécial (du secrétaire général) de l’ONU à Dakar (Mohamed Ibn Chambas) mais également avec le président (malien) IBK (Ibrahim Boubacar Keïta) », a indiqué le président Kaboré, soulignant que l’objectif était de « sécuriser beaucoup plus notre frontière du Nord ». Selon le chef de la diplomatie burkinabè Alpha Barry, le président Kaboré devrait « rediscuter » de la question avec le patron des Nations Unies Ban Ki-moon en marge du sommet sur le VIH/Sida du 8 au 10 juin à New York. Le Burkina Faso est le plus gros contributeur de troupes au sein de la Minusma avec deux bataillons de 850 hommes. Le premier est basé à Tombouctou et le deuxième près de Gao, deux des principales villes du nord du Mali, jadis occupées par les groupes armés. Pays sahélien pauvre d’Afrique de l’ouest, le Burkina Faso est devenu une des cibles des groupes sahéliens. Depuis avril 2015, les attaques meurtrières à sa frontière nord avec le Mali sont fréquentes. « Six personnes -trois policiers, deux gendarmes et un civil- ont été tuées dans des localités situées au nord du Burkina Faso, frontalières du Mali et du Niger depuis avril 2015 », constate l’AFP. « Ces attaques ont culminé le 15 janvier lorsqu’un commando jihadiste a pris d’assaut plusieurs hôtels et restaurants en plein centre de Ouagadougou, tuant 30 personnes -majoritairement des étrangers- et en blessant 71 », rappelle l’AFP. Le 26 mai, lors d'une interview sur RFI, l’opposant malien Tiébilé Dramé regrette qu'il n'y ait ni paix ni réconciliation, un an après la signature de l'Accord d'Alger. Il parle de la détérioration de la situation sécuritaire, de l'instabilité qui se « métastase » dans la sous- région. Sur Kidal, il soulignait qu'un an après Alger, cette région échappe toujours au contrôle de l'État et qu'à 10 kms de Tombouctou, il n'y a plus d'État. Une semaine après, le vendredi 3 juin, le Gouvernement répond à Tiébilé Dramé. Choguel Maïga, le ministre porte parole du gouvernement qui avait perdu sa langue depuis son communiqué raté de l’histoire du « petit monsieur » l’a subitement retrouvée, mis en mission par le président et le Premier ministre pour répondre et porter les menaces du pouvoir contre l’opposant Tiebilé Dramé : « il y a des limites à ne pas franchir ». Toutefois, avec le communiqué final du Sommet de Dakar, sans ambages, sauf à faire l’autruche, la CEDEAO rejoint les analyses de l'opposition. A suivre. B. Daou

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Commentaires (104)

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Kankan
Kankan 10 ans
Isn't it amazing that the geniuses at ECOWAS are finally perceiving the terrorists conditions in Mali for what they are. It appear you all were so involved with your corrupt ways that you ignored the fact corruption in Africa as in other places often attract "die hard" terrorists. Usually they do not stop unto they are destroyed or have conquered all of reach that is corrupt. You should not worry you have jet liners plus foreign bank accounts having as a minimum hundreds of millions of dollars. However, there are those Africans not of such luxury plus will be stuck in Africa under the control of terrorists if the leaders who will act in their best interest do not take charge plus do what have to be done to at least limit the terrorists to places like Libya. As you all know Europe plus America decided to give Libya to terrorists when they acted to remove Ghadaffi from power. He was not the most like head of state but he kept the needed order in Libya. Now without that order we will continuously face the prospect of a terrorist state being created in northern Africa. For the record sake so that we may move forward on resolving this condition the prospect would not exist without African nations for to long having had syncophantic fools in leadership who fail to evolve their nations to where they could be individually or as a unit both self-sustaining plus self-sufficient. Lets all agree we have had enough of such ways. For those who have not may you poison your family existence 100 times more as to that of people of Africa. We know the terrorists are infiltrating through Libya into more southern regions. They are also bringing weapons plus supplies by such way. We have to at least effectively harass the transporters plus uncover whose securing the passages for the movement of terrorists plus their supplies moreover, who are their spies among us? Neutralize the spies plus their supporters. It will decrease our casualties plus enable us to more effectively raid the terrorists plus their supplies while they are in transport to more southern regions of Africa. Keep it real. Peace piece. Very sincere, Henry Author Price Jr. aka Obediah Buntu IL-Khan aka Kankan.
LE GENERAL SANOGO
LE GENERAL SANOGO 10 ans
I read your post. It is what it is. Let me quickly remind you that Kadafi did threat to kill his own people. We knew that his soldiers opened fire on demonstrators against his regime. I would concede to you that the area was calmer then than now, but we can always blame the current situation on the person who was the dictator in his country for 41 years. He built the system in such a way that without him, everything would collapse, that was exactly what we got after his removal from office. Let's make no mistake about it, KADAFI WAS A DICTATOR WHO HARMED HIS OWN PEOPLE AND WHO USED THE WEALTH OF HIS COUNTRY TO HARM MANY COUNTRIES. I would advise you to read about his role in the civil wars in Chad, Sierra Leone, Liberia, and Mali....etc. He did also participate directly and/or indirectly in the funding of terrorist activities in other parts of the world. Should I remind you the name of the person who was behind the bombing of Pan Am flight?
L\'ENIGMATIQUE
L\'ENIGMATIQUE 10 ans
La CEDEAO et l'opposition peuvent avoir les mêmes positions mais qu'est ce que ces derniers ont pu faire pour que cette situation soit juguler? Cette CEDEAO organisation fictive à l'image de l'ONU qui n'a jamais pris de résolution concrète et qui passe le temps à nous distraire. Ça prendra le temps que ça prendra mais notre pays retrouvera son intégrité territoriale. Il faut que la CEDEAO arrête de nous distraire.
Le General Sanogo salue les amis de maliweb
Le General Sanogo salue les amis de maliweb 10 ans
L'enigmatique, CEDEAO et OPPOSITION????? Pourquoi me faire rire????? Ils font ce qu'on leur demande de faire. LES VRAIS ACTEURS SONT AILLEURS!!!!!
fashion
fashion 10 ans
Les partenaires techniques et financiers n’ont pas respecté leur engagement envers notre pays. Les financements promis n’ont pas été donnés pour que les choses puissent démarrer comme il se doit. Le processus de paix demande assez de moyens donc nous interpellons nos partenaires à respecter leur engagements envers notre pays.
obiang
obiang 10 ans
Nous avons toujours eu confiance en IBK et nous continuerons d’avoir confiance en lui car les actes qu’il pose prouvent une qu’il est une personne digne de confiance. Il ne cesse de se battre pour améliorer les conditions de vie de ses compatriotes. Nous pensons qu’il est vraiment l’homme qu’il faut à la tête du Mali.
boubacar
boubacar 10 ans
Jusque là les groupes armés n’ont pas encore fait de concessions depuis la signature de l’accord d’Alger. Alors l’état malien a adopté la loi portant sur les autorités intérimaires, financé le forum de Kidal, payé les pic up pour la patrouille mixte. Mais on assiste de jour en jour à de nouvelles exigences de leur part.
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