Bassirou Diomaye Faye à Bamako : Le Sénégal tend la main à l’AES sans demander le retour à la CEDEAO
La venue éclair de Bassirou Diomaye Faye à Bamako ce mardi 28 juillet 2027 n’est pas anodine. C’est la 1ère visite d’un Chef d’État de la CEDEAO au Mali depuis 2022.
Accueilli à 9h50 à l’aéroport international Président Modibo KEÏTA par le Général Assimi GOÏTA, le Chef de l’État sénégalais est venu dans le cadre d’une visite de travail et de solidarité. Un déplacement hautement symbolique qui a duré quatre heures d’horloge.
Contrairement aux spéculations, cette visite n’avait pas pour objectif de ramener le Mali, le Burkina et le Niger au sein de la CEDEAO. Selon des sources diplomatiques proches du dossier, il n’est pas question de demander au Mali de revenir. Le Président Faye est venu en tant que Chef d’État du Sénégal et non en qualité de Président en exercice de l’organisation ouest-africaine. Le message est clair, Dakar privilégie le dialogue direct avec l’AES.
Au cours d’un tête-à-tête au palais de Koulouba, suivi d’une séance de travail élargie aux deux délégations, les deux dirigeants ont surtout abordé des sujets concrets. Au menu : la sécurisation du corridor Dakar-Bamako, la coopération énergétique et les défis sécuritaires communs au Sahel. L’ambition affichée par les deux capitales est de poser les bases d’une coopération pragmatique entre la CEDEAO et l’AES, afin d’éviter une rupture totale entre voisins.
Les enjeux de la visite
L’on pourra dire que cette visite s’inscrit dans le renforcement du couple Mali-Sénégal car le Sénégal est le principal débouché maritime du Mali. Au cours des travaux à Koulouba, il était question d’économie et transit pour la sécurisation du corridor Dakar-Bamako. Fluidifier le port de Dakar pour les marchandises maliennes bloquées par les sanctions passées. Il était également question de la coopération sur l’électricité, le pétrole, et la lutte contre le terrorisme dans la zone frontalière. Car le Sénégal reste le frère, même si nos chemins politiques divergent.
Le dossier CEDEAO/ AES, c’est le point le plus scruté mais il semblerait que le Président Bassirou Diomaye Faye n’est pas venu à Bamako pour aborder cette question au Mali de revenir à la CEDEAO car chacun a pris sa route. Peut-être poser les bases d’une coopération pragmatique entre CEDEAO et AES tel que Commerce, libre circulation, sécurité pour éviter une rupture totale.
Un autre enjeu diplomatique qui pourrait être le repositionnement du Sénégal. Depuis son élection en 2024, Bassirou Diomaye Faye mène une diplomatie de rupture et de souveraineté, proche des positions de l’AES sur certains points. En venant à Bamako, il consolide son image de jeune leader panafricain qui parle à tout le monde : à Paris, à Abuja, et maintenant à Koulouba. Il montre que le Sénégal peut dialoguer sans injonction.
Cette visite symbolique s’inscrit aussi dans le cadre du mot "solidarité" est dans l’intitulé officiel de la visite. En pleine crise sécuritaire et économique au Sahel, cette visite dit : « Nous sommes voisins, nous subissons les mêmes défis ». C’est un signal fort aux populations des deux pays et aux partenaires extérieurs car le tête-à-tête Goita /Diomaye Faye a été le plus important que tous les communiqués.
Bokoum Abdoul Momini/maliweb.net