Crise énergétique et pétrolière : Ouf ! Le bout du tunnel à l'horizon
Il fut un temps, à peine éloigné, où le ronronnement assourdissant et continu des groupes électrogènes dictait le rythme frénétique de la capitale et des grands centres urbains de l'intérieur du pays.
Les coupures d'électricité, devenues le lot quotidien des citoyens, couplées à des pénuries chroniques et imprévisibles de carburant dans les stations-service, avaient fini par asphyxier le tissu socio-économique national. Ouf…!
Aujourd'hui, le ciel s'éclaircit considérablement sur le front de l'économie. L'entrevue du bout du tunnel n'est plus un mirage lointain ou une promesse politique sans lendemain, mais une réalité palpable qui redonne un souffle vital et une dynamique nouvelle à l'économie du pays. La page sombre de la grande crise énergétique et pétrolière est en passe d'être définitivement tournée, marquant la fin d'un véritable calvaire pour les ménages, les travailleurs de l'informel et les grandes entreprises industrielles.
Pour mesurer avec juste précision la portée de cette embellie, il convient de se rappeler la paralysie quasi totale qui frappait récemment nos secteurs productifs. Les artisans, les menuisiers métalliques, les couturiers et les commerçants voyaient leurs revenus fondre, tragiquement incapables d'honorer leurs commandes faute d'une alimentation électrique stable. Les unités industrielles, contraintes de tourner au ralenti ou de recourir à des solutions de substitution hors de prix, répercutaient inévitablement les surcoûts de production sur le consommateur final, alimentant de facto une inflation galopante. Aux heures de pointe, les interminables files d'attente qui serpentaient devant les pompes à essence témoignaient des tensions sur la logistique pétrolière. Cette conjoncture éprouvante menaçait la stabilité même du marché intérieur, gelant les investissements locaux et plongeant des quartiers entiers dans une obscurité dommageable pour l'activité économique.
Cette résorption progressive et fermement engagée du double choc énergétique et pétrolier découle d'une approche holistique, étayée par une gouvernance financière rigoureuse sous la conduite du Gouvernement. Les indicateurs macroéconomiques récents confirment ce redressement structurel. En dépit de la contraction des flux d'Aide Publique au Développement (Apd) traditionnels, l'État a démontré la solidité de sa signature sur les marchés financiers. Les opérations d'émissions d'Obligations Assimilables du Trésor (Oat) sur le marché régional de l'Umoa ont permis de mobiliser avec succès plus de 150 milliards de francs Cfa, enregistrant des taux de couverture supérieurs à 110%. Cette confiance renouvelée des investisseurs, couplée aux projections de croissance du PIB réel portées à 5,1% pour 2026 selon les analyses des institutions financières internationales, valide la trajectoire de relance.
Sur le plan opérationnel, la restructuration de la société nationale d'énergie, marquée par une lutte implacable contre la mauvaise gestion et les déperditions, a permis de colmater les fuites béantes qui parasitaient le secteur. Sur le plan diplomatique et commercial, le basculement audacieux vers de nouveaux corridors d'approvisionnement s'est avéré particulièrement salvateur. Les synergies développées au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), notamment les accords de fourniture fluide de gasoil scellés avec le Niger, ainsi que les partenariats stratégiques noués avec de nouveaux alliés internationaux, ont sécurisé durablement les approvisionnements en hydrocarbures. Parallèlement, la diversification du mix énergétique, avec l'accélération concrète des projets de centrales solaires pour réduire la dépendance écrasante aux énergies fossiles onéreuses, commence à porter ses fruits.
Cette dynamique de souveraineté s'étend désormais au secteur extractif, levier central du budget national. Réuni au Palais de Koulouba sous la présidence du Général d'Armée Assimi Goïta, le Conseil des Ministres a entériné l'application du nouveau Code minier à travers l'adoption du décret fixant les modalités de la participation financière de l'État au capital social de la Société Mines de Kobada-S.A. En portant la participation publique et privée nationale jusqu'à 35%, l'État garantit une orientation directe des retombées aurifères vers le Trésor public. Dans le même temps, le renouvellement des permis de recherche d'or, à l'image de celui accordé à Yiyuan mines Sarl, confirme l'attractivité préservée du sous-sol malien pour les investissements directs étrangers soumis au respect des exigences nationales.
Cette refondation économique et stratégique trouve également son prolongement dans l'intégration régionale de l'AES. Faisant suite aux concertations des ministres de l'Énergie, le Mali, le Burkina Faso et le Niger harmonisent leurs cadres légaux et miniers tout en initiant la création d'un "Ordre du mérite 100% africain" pour célébrer l'excellence endogène. Enfin, l'organisation annoncée du Forum international de l'Investissement («Forum du Mali Kura») en décembre 2026 à Bamako viendra consolider cette ouverture stratégique auprès des partenaires globaux.
Sur le terrain du quotidien, les effets de ce redressement sont spectaculaires. Dans les zones industrielles de Bamako et au sein des marchés, les machines vrombissent de nouveau à plein régime. La récurrence et la stabilité retrouvée de la desserte électrique redonnent une confiance inestimable aux entrepreneurs locaux, qui peuvent désormais planifier leur production sans redouter le couperet d'un délestage intempestif. Cette fluidité restaurée dans la chaîne de production freine considérablement l'inflation sur les biens manufacturés et les services de proximité. Les stations-service, régulièrement approvisionnées, ont retrouvé leur fonctionnement habituel, facilitant le transport des personnes, l'évacuation des produits agricoles et la circulation des marchandises à travers tout le territoire.
Ce sursaut national exceptionnel prouve que les crises les plus profondes peuvent être surmontées lorsque la volonté politique intransigeante rencontre la rationalité économique. Le rétablissement du secteur énergétique et la sécurisation pérenne des filières pétrolières constituent la refondation d'un modèle économique plus résilient et souverain. L'effort collectif et patriotique consenti par les citoyens trouve aujourd'hui sa noble récompense. La nation entière peut légitimement savourer ce retour à la lumière et ce nouvel élan productif, tournant définitivement le dos aux pénuries et à la paralysie économique.
Cheikhna Hamalah SYLLA