Notation Souveraine : Moody’s maintient la note du Mali à Caa2 et souligne la résilience de l’économie
L’agence internationale de notation financière Moody’s a confirmé le maintien de la note souveraine du Mali à Caa2 ...
L’agence internationale de notation financière Moody’s a confirmé le maintien de la note souveraine du Mali à Caa2 à l’issue de sa revue annuelle 2026.
Si l’agence a toutefois abaissé la perspective associée à cette notation de « Stable » à « Négative », elle reconnaît dans le même temps la solidité des fondamentaux macroéconomiques du pays ainsi que la résilience de son économie face aux défis sécuritaires et internationaux.
Cette notation souveraine (Caa2) attribuée au Mali mesure, selon l’Agence Moody’s, la capacité d'un État à rembourser ses dettes. Dans l'échelle de Moody's, Caa2 est une note située dans la catégorie des investissements jugés spéculatifs et à risque élevé. Elle signifie que le pays reste capable d'honorer ses engagements financiers, mais qu'il est exposé à des vulnérabilités importantes, notamment sur les plans économique, financier ou sécuritaire.
La note Caa2 avait été attribuée au Mali en février 2022 dans un contexte marqué par les sanctions imposées par la CEDEAO et l’UEMOA. Elle avait ensuite été reconduite lors des évaluations de 2023 et 2024. Cette année, Moody’s justifie la révision de la perspective par une perception accrue des risques sécuritaires, notamment à la suite des attaques survenues le 25 avril 2026. L’agence souligne néanmoins que ces attaques ont été contenues par les Forces armées maliennes (FAMa).
Au-delà de cette appréciation du contexte sécuritaire, Moody’s met en avant les performances économiques enregistrées par le Mali. Selon l’agence, le pays a réalisé une croissance du PIB réel de 5,6 % en 2025, soutenue par les performances du secteur primaire et des services. Cette dynamique a permis de compenser les effets de la baisse de la production aurifère liée à des différends avec certaines sociétés minières ainsi que les perturbations dans l’approvisionnement énergétique.
Le rapport relève également la maîtrise des finances publiques malgré l’augmentation des dépenses liées à la défense et à la sécurité ainsi que la diminution des appuis budgétaires extérieurs. Moody’s estime que les autorités ont réussi à maintenir les déficits budgétaires à une moyenne de 2,3 % du PIB entre 2023 et 2025 grâce à une amélioration de la collecte des recettes publiques et à une gestion rigoureuse des dépenses. Cette politique a permis de contenir la dette publique à 41,8 % du PIB en 2025, un niveau jugé modéré.
Une croissance de 5% grâce au secteur minier
Pour les années à venir, l’agence prévoit une croissance proche de 5 % par an, portée par l’augmentation attendue de la production minière et la mise en œuvre des programmes de développement engagés par les autorités.
Les résultats économiques du Mali confirment cette tendance positive. En 2025, le pays a respecté les trois critères de premier rang du Pacte de convergence de l’UEMOA, avec un déficit budgétaire de 1,6 % du PIB, un taux d’inflation de 2,3 % et un niveau d’endettement largement inférieur au seuil communautaire de 70 %. Sur le marché financier régional, la confiance des investisseurs demeure également forte. Les émissions de titres publics maliens ont enregistré un taux moyen de couverture de 176,36 % au premier trimestre 2026. La dernière opération, réalisée le 27 mai, a même atteint un taux de couverture de 213,73 %, traduisant l’intérêt soutenu des investisseurs pour la signature souveraine du Mali.
Enfin, plusieurs partenaires techniques et financiers, dont la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), poursuivent leur accompagnement du Mali dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033). Malgré les défis sécuritaires persistants, la confirmation de la note Caa2 par Moody’s apparaît ainsi comme une reconnaissance de la capacité de l’économie malienne à maintenir sa stabilité et à préserver ses perspectives de croissance.
Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net