Restriction du financement des transporteurs routiers « C'est dû [...] à l'incapacité de certains promoteurs à défendre leurs projets », dixit Bréhima Amadou Haïdara, vice-président du CESEC

Depuis quelques temps, les transporteurs routiers maliens font face à un déficit de financement structurel

2 Juillet 2026 - 10:45
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Restriction du financement des transporteurs routiers  « C'est dû [...] à l'incapacité de certains promoteurs à défendre leurs projets », dixit Bréhima Amadou Haïdara, vice-président du CESEC

Les banques locales rechignent à leur accorder des prêts. Pourtant, beaucoup de marchandises sont bloquées dans les ports de Dakar et d'Abidjan en raison de la vétusté du parc automobile de transport. Pour faire face à ce problème, le conseil malien des transporteurs routiers (CMTR) et le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) ont organisé une conférence- débat. C'était, le samedi 27 juin 2026 au CESEC.

 A l'issue de la rencontre, les différents acteurs ont livré leur analyse au micro de l'ORTM. C'est ainsi que Youssouf Traoré, président du CMTR, a affirmé que beaucoup de marchandises maliennes sont en souffrance dans les ports de Dakar (Sénégal) et d'Abidjan (Côte d'Ivoire). D'après Traoré, c'est à cause de la vétusté du parc automobile malien que ces marchandises sont jusqu'à présent dans ces ports. C'est pourquoi, il plaide pour un financement du secteur afin de pouvoir renouveler rapidement ce parc.

Quant à  Hamidou Dicko du Fonds de garantie hypothécaire, il souligne le taux élevé d'impayés sur les prêts contractés par les transporteurs.  Et Bréhima Amadou Haïdara, vice-président du CESEC et ancien président de l'association professionnelle des banques et établissements financiers (APBEF), d'enfoncer le clou.

En effet, l'ancien administrateur- Directeur général de la Banque de développement du Mali (BDM) ne s'est pas du tout gêné de dire, par rapport aux difficultés des transports d'avoir accès au financement, que « [...] C'est l'incapacité de certains promoteurs à défendre leurs projets et à fournir des informations financières ».

Des propos qui ont étonné plus d'un malien, car ils sont à la limite offensants et humiliants pour les transporteurs routiers. Pourtant, pour ceux qui connaissent bien Bréhima Amadou Haïdara, ce n'est pas surprenant ; car estiment-ils que l'homme n'a de la considération que pour sa hiérarchie. Ceux-ci rappellent que c'est à cause de son manque d'humilité que pour la première fois au Mali, les banques et établissements financiers ont observé quatre grèves en deux ans, dont trois en moins d'un mois. C'était, lorsqu'il était Administrateur- Directeur général de la BDM et président de l'APBEF.

Une première grève de 72 heures en 2020

Une fois ayant pris fonction, Haïdara a commencé à s'attaquer à tout agent qu'il jugeait être une menace pour son poste. C'est ainsi qu'en 2018, Mme Keïta Fatoumata Sangho a subi les foudres de Haïdara. Limogée de son poste de Directrice de département, Mme Keita a été mutée dans une agence de quartier au mépris de sa qualité de membre du comité syndical. Le SYNABEF a essayé de faire comprendre à Haïdara qu'il y a eu violation de l'article 8 (alinéa 5) de la convention collective des banques. Après avoir épuisé toutes les voies de négociation et face au refus catégorique de Haïdara de revenir sur sa décision illégale, le SYNABEF (Syndicat national des banques, assurances, micro-finances, établissements financiers et commerces) a décidé de déclencher une grève de 72 heures à partir du 22 juillet 2020. Ayant eu peur de l'état de paralysie de l'économie après une journée de grève et suite à une médiation du président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Haïdara a pris l'engagement d'annuler sa décision et de rétablir l'agent à son niveau d'avant cette mutation arbitraire.

Trois grèves en 2021 et en 30 jours

A peine l'épisode de 2020 clos, une autre série de grève a été déclenchée à cause de sa politique de la chaise vide. La première, c'était du mercredi 27 octobre au vendredi 29 octobre 2021; la seconde, du lundi 1er  novembre au mercredi 03 novembre 2021; et la troisième, du mardi 23 novembre au  jeudi 25 novembre 2021. D'après un communiqué qu'avait publié le SYNABEF à l'époque, Haïdara a pris la responsabilité d'envoyer trois fois en grève, en l'espace d'un mois, le secteur vital de l'économie malienne, à cause de sa politique de la chaise vide. Ces grèves avaient pour objet treize (13) points de revendications parmi lesquels le rétablissement dans ses droits de Mme Kané Djeneba Sall illégalement, Chef d'une agence BDM. Cette série de grèves a largement impacté négativement l'économie du pays, car elle a concerné outre les banques et les établissements financiers, assurances et banques). Elle a concerné, outre les banques et établissements financiers, les pompistes des stations-services de carburant, les prestataires du Pari mutuel urbain (PMU). Et que ce sont le SYNABEF et la FENPEBAC (Fédération nationale du pétrole, commerces, assurances et banques) qui se sont associées pour mener cette grève. Malgré l'ampleur de ce débrayage, Haïdara, en sa qualité de président de l'APBEF-MALI, est resté dans sa position de ne pas discuter avec les syndicats. Il a fallu la médiation de plusieurs organisations et surtout du conseil économique, social, culturel et environnemental pour qu'il y ait un accord mettant fin à la grève.

Il faut indiquer que ce sont dans ces conditions que Haïdara a été remplacé en février 2022 à la tête de l'APBEF-MALI et qu'il a aussi fait valoir ses droits à la retraite en décembre de la même année. Cependant, il s'est retrouvé " bombardé" vice-président du conseil économique, social, environnemental et culturel ( CESEC) à l'issue des travaux de la 5e session extraordinaire de la 6è mandature de l'institution. C'était du lundi 21 juillet au vendredi 25 juillet 2025. On se demande comment il s'est retrouvé dans cette prestigieuse institution au service des populations, sachant qu'il est un retraité et n'est que président d'honneur de l'association professionnelle des banques et établissements financiers (APBEF).

Arouna Traoré