Kabakoo présente ses travaux sur l’IA en bamanankan au Deep Learning Indaba 2026 à Lagos

Bamako, Mali — Comment construire une intelligence artificielle pour une langue parlée par des millions de personnes, mais encore très peu représentée dans les données sur lesquelles reposent les modèles actuels ?

26 Oct 2026 - 09:00
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Kabakoo présente ses travaux sur l’IA en bamanankan au Deep Learning Indaba 2026 à Lagos

C’est l’un des défis que Kabakoo a porté au Deep Learning Indaba 2026 à Lagos, l’un des principaux rendez-vous de la communauté africaine de l’intelligence artificielle. Aux côtés de The Agency Fund, l’équipe y a présenté les travaux menés autour de son Mentor IA bilingue français-bamanankan, conçu pour accompagner les apprenants aussi bien à l’écrit que par la voix.

Construire une IA pour une langue qui se parle avant de s’écrire

Dans une enquête menée auprès d’apprenants du Centre de Formation Professionnelle de Missabougou à Bamako, près de 90 % déclaraient avoir des difficultés à lire le bamanankan, et environ la moitié ne le lisaient pas du tout, alors même qu’ils le parlent au quotidien. C’est l’une des raisons pour lesquelles Kabakoo a fait le choix de l’interaction vocale pour permettre aux apprenants de parler directement avec la Mentor IA en bamanankan. Et l’usage est bien réel : sur plus de 13 000 interactions enregistrées avec le mentor, 38 % des messages vocaux sont en bamanankan, contre 62 % en français.

Mais construire une IA capable d’interagir dans une langue principalement orale pose un défi de taille : les données disponibles pour entraîner les modèles sont encore rares. Là où le français ou l’anglais disposent d’immenses volumes de textes et d’enregistrements, une grande partie du bamanankan vit d’abord dans les conversations. Kabakoo a ainsi constitué son propre corpus vocal en bamanankan, avec des linguistes et des locuteurs maliens issus de sa communauté, contribuant à créer les ressources nécessaires pour mieux représenter la langue dans les technologies d’IA.

Et l’enjeu va au-delà de permettre à une IA de comprendre une langue supplémentaire. Les usages observés par Kabakoo montrent que la langue choisie peut aussi changer la nature même de l’échange.

La langue n’est pas seulement une question de traduction

L’analyse de ces interactions montre que les apprenants n’abordent pas nécessairement les mêmes sujets selon la langue qu’ils utilisent. Les conversations en bamanankan font davantage émerger certains sujets liés à la culture et aux réalités locales, tandis que les échanges en français portent davantage sur des sujets numériques et techniques.

Pour Kabakoo, permettre à un apprenant de choisir sa langue ne consiste donc pas seulement à rendre un outil plus accessible. La langue peut aussi déterminer ce qu’il se sent capable ou à l’aise d’exprimer, et influencer ce qu’il apprend, approfondit et ose entreprendre. Un enjeu central pour Kabakoo, dont l’objectif est de permettre aux jeunes de transformer leurs apprentissages en capacité d’agir et en opportunités économiques.

C’est le travail que Kabakoo a porté à Lagos : construire, depuis l’Afrique de l’Ouest, une IA qui part des langues et des usages de ses utilisateurs, plutôt que de leur demander de s’adapter aux limites des technologies existantes.

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