Scandale au ministère de l’enseignement supérieur : Des candidats admis à un concours direct sans avoir concouru

15 Août 2014 - 04:01
Mis à jour: 12 ans
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[caption id="attachment_182016" align="alignleft" width="350"]Me Mountaga Tall - Enseignement Me Mountaga Tall, ministre de l'enseignement supérieur[/caption] Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique a organisé récemment un concours direct d’entrée à la fonction publique. Quoi de plus normal ? Sauf que pour être direct, ce concours a vraiment été direct.   Certaines habitudes ont la vie dure, a-t-on coutume de dire. Au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, cette assertion s’applique à merveille. En effet, le récent concours direct organisé par le département a fini de convaincre les Maliens que le changement dans notre pays ce n’est pas pour… maintenant. En effet, il vient de se passer une pratique que les Maliens croyaient révolue. Un concours direct d’entrée à la fonction publique a été organisé et des candidats ont été admis sans même avoir concouru.   Déjà, le libellé du communiqué avait changé comme par enchantement entre l’annonce du concours et la proclamation des résultats. Le communiqué qui annonce les résultats dit ceci : Les candidats dont les noms suivent, sont déclarés admis par ordre de mérite au recrutement sur titre et au concours direct de recrutement d’assistants de l’enseignement supérieur dans la fonction publique, au titre de l’exercice budgétaire 2014, ouvert par le communiqué n°2014-0039/MESRS-SG du 30 avril 2014, pendant que l’appel au concours parlait simplement de : concours direct de recrutement des assistants d’enseignement supérieur au Mali.   Vous avez sûrement déjà vu l’"erreur", ou disons l’escroquerie intellectuelle des rédacteurs des deux communiqués ? Néanmoins, insistons dessus. Dans le premier communiqué, on parle simplement de concours direct de recrutement des assistants d’enseignement supérieur au Mali, alors que le second (celui de la proclamation des résultats) est plus ouvert. Il parle d’admission par ordre de mérite au recrutement sur titre et au concours direct de recrutement d’assistants de l’enseignement supérieur… C’est dans les mots que se trouve la volonté de fraude justement. Et c’est en fonction de tous les tripatouillages qui ont eu lieu entre le Concours et la proclamation des résultats que ces mots ont été choisis.   La particule "par ordre de mérite" n’est pas gratuite. Elle explique tout et essaye de donner une raison à des admissions incomprises et anormales lors de ce concours. Des candidats ont été admis sans même savoir où s’est passé réellement le concours. Quand certains candidats se sont plaints de cela, on les a simplement répondu : "parce qu’ils sont docteurs". Aucune autre raison. Rien de grave si on n’avait pas parlé de concours direct d’entrée à la fonction publique malienne. Parce qu’on ne peut pas parler de concours et recruter directement des gens qui n’ont même pas concouru. Or c’est ce qui s’est passé. Et c’est pourquoi on a essayé de tromper la vigilance des gens en parlant de "recrutement direct" à la proclamation des résultats.   Kady Diagne  

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Commentaires (29)

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maliden ould mailden
maliden ould mailden 12 ans
L'avenir du journalisme au Mali est très inquiétant, en ce sens que cette profession manque d'encadrement à tous les niveaux. La plupart de nos journalistes, pour ne pas dire journaliers,ne fournissent aucun effort pour s'informer ou investiguer. Deux petites heures de lecture des dispositions réglementaires régissant les processus de recrutement dans la fonction publique auraient suffi à cette journaliste de s'informer et bien informer ses compatriotes.
Mahamadou Camara
Mahamadou Camara 12 ans
Ceux qui ont eu la chance d’être partis à l’école, en particulier les décideurs, ont une très lourde responsabilité. Ils doivent être davantage sérieux et penser aux autres Maliens. C’est à dire la majorité. Le Mali fait aujourd’hui partie des nations les plus faibles. Ce qui n’est point reluisant. C’est vrai nous avons du chemin à faire. La déstructuration sociale et économique du Mali est allée trop loin. Beaucoup de mauvaises habitudes ont été développées pendant des années. Paradoxalement la plupart des maux qui minent le Mali ont véritablement émergé avec l’arrivée de la « démocratie » : fraudes aux examens, ventes de diplômes, concours bizarres, drogues(pensez au cargo de drogues), familles décomposées, détournements, etc. Que peut-on espérer de quelqu’un qui réussit par fraude ? C’est vraiment curieux. Nos politiques et l’ensemble des Maliems ne sont-ils pas en retard d’un débat majeur : de quel Mali voulons-nous ? Prenez votre temps. Réfléchissez à ces questions.
Madou
Madou 12 ans
Ceux qui ont eu la chance d'être partis à l'école, en particulier les décideurs, ont une très lourde responsabilité. Ils doivent être davantage sérieux et penser aux autres Maliens. C'est à dire la majorité. Le Mali fait aujourd'hui partie des nations les plus faibles. Ce qui n'est point reluisant. C'est vrai nous avons du chemin à faire. La déstructuration sociale et économique du Mali est allée trop loin. Beaucoup de mauvaises habitudes ont été développées pendant des années. Paradoxalement la plupart des maux qui minent le Mali ont véritablement émergé avec l'arrivée de la "démocratie" : fraudes aux examens, ventes de diplômes, concours bizarres, drogues(pensez au cargo de drogues), familles décomposées, détournements, etc. Que peut-on espérer de quelqu'un qui réussit par fraude ? C'est vraiment curieux. Nos politiques et l'ensemble des Maliems ne sont-ils pas en retard d'un débat majeur : <b>de quel Mali voulons-nous ?</b> Prenez votre temps. Réfléchissez à ces questions.
Baba
Baba 12 ans
Et dire que les internes des hôpitaux qui ont terminé leurs formations sont bloqués par le même ministère de la fonction publique. Depuis plus de 6ans, les médecins internes ayant fait le concours d'internat dans le but de devenir enseignant selon une loi votée par nos chers députés sont tout simplement et abonimablement privés de leur droit à l'enseignement.
El Ché Aigri Forever
El Ché Aigri Forever 12 ans
Vous faites comme si c'est nouveau...Or cela est loin d'être sensationnel.Cette pratique a toujours existé depuis 2002.
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