Traitement des eaux usées : la CN-CIEPA plaide pour la révision du décret fixant la redevance
Le décret sur la redevance du service public d’assainissement des eaux usées et des excréta au Mali doit être révisé.
Avec l’appui de ses partenaires, la Coalition nationale - Campagne internationale pour l’Eau potable et l’Assainissement (CN-CIEPA) a organisé, ce jeudi 14 mai 2026, une conférence de presse afin d’informer sur les enjeux de cette révision.
Le taux actuel de la redevance est fixé à 23 francs CFA par mètre cube (m³) d’eau rejetée pour les ménages. Il est de 50 francs CFA pour les moyennes industries et de 75 francs CFA pour les grandes industries. Adopté en 2014, ce taux est jugé faible. « Il s’est avéré insignifiant pour l’entretien et l’exploitation des stations d’épuration construites », a indiqué Alou Traoré, représentant de l’Agence nationale de gestion des stations d’épuration au Mali (ANGESEM), lors de la conférence de presse.
Opérationnelle depuis 2017, l’ANGESEM est un établissement public à caractère administratif (EPA) qui peine à faire face à ses missions. Sa charge de travail, notamment dans la gestion des eaux usées et des excréta, s’accroît au fur et à mesure que les appuis budgétaires diminuent. Résultat : pour la gestion des boues de vidange à Bamako, l’agence ne dispose que d’une mini-station à Sotuba, avec une capacité maximale quotidienne de traitement de 20 camions spiros, sur les 800 qui opèrent chaque jour dans la capitale.
« Le travail administratif de rédaction du nouveau décret révisé n’a pas encore commencé », a souligné Boureima Tabalaba, directeur exécutif de la CN-CIEPA WASH. L’objectif de la rencontre avec la presse était de plaider pour l’accélération du processus de révision du décret sur la redevance du service public d’assainissement des eaux usées et des excréta au Mali.
Prenant la parole au nom de l’ONG BORDA, partenaire financier de la campagne de plaidoyer, Noellie Dembélé a mis l’accent sur trois raisons essentielles justifiant cette révision. Il s’agit d’abord de pérenniser les ouvrages afin qu’ils ne deviennent pas les ruines de demain faute de maintenance.
Ensuite, en vertu du principe pollueur-payeur, la révision vise à responsabiliser les acteurs en leur faisant payer le traitement de leur pollution de manière proportionnelle. Enfin, cette révision est essentielle pour la santé publique. « Chaque goutte d’eau usée non traitée est une menace pour la nappe phréatique et une source de maladies hydriques pour les enfants du Mali », a dénoncé Noellie Dembélé.
Mamadou TOGOLA/maliweb.net