Cadre de vie et santé des populations : Le site de l’ancien « Garbal » de Faladié transformé en dépotoirs d’ordures

Quelques semaines après la démolition du Park à bétails ( Garbal) de Faladié par les autorités de la Transition, le site semble déjà changer de visage.

8 Juin 2026 - 11:14
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Cadre de vie et santé des populations : Le site de l’ancien « Garbal » de Faladié transformé en dépotoirs d’ordures

 Là où les pouvoirs publics promettaient un espace assaini et réorganisé, des charretiers et conducteurs de pousse-pousse déversent désormais des déchets à longueur de journée. Entre fumées toxiques, odeurs nauséabondes et inquiétudes des riverains, les habitants craignent de voir naître en plein cœur de Bamako un nouveau « Kilimandjaro », ce gigantesque dépôt d’ordures qui empoisonne depuis des années certains quartiers de la capitale.

A Faladié, l’après-Garbal inquiète déjà les populations voisines. Rasé il y a seulement quelques semaines par les autorités de la Transition dans le cadre des opérations de déguerpissement et d’assainissement urbain, l’ancien site de vente de bétail est progressivement en train de se transformer en dépotoir sauvage.

Chaque jour, des charretiers et conducteurs de pousse-pousse y déversent discrètement des chargements d’ordures ménagères. Le phénomène, encore timide au départ, prend désormais de l’ampleur sous les yeux des habitants impuissants. Très vite, des tas de déchets se sont accumulés sur plusieurs portions du terrain, provoquant des fumées persistantes après des brûlages improvisés.

Pour les riverains, la situation devient déjà irrespirable.

« Chaque matin vers 5 heures, je vois des charretiers s’introduire sur le site pour venir déposer des ordures », déplore Moussa Koné, habitant du quartier. Selon lui, les fumées qui se dégagent du site envahissent régulièrement les concessions voisines, exposant les familles à des odeurs suffocantes et à des risques sanitaires.

Même inquiétude chez Adama Touré, qui affirme avoir tenté de s’opposer à certains déversements en pleine journée au vu de tout le monde. « J’ai même failli conduire un charretier à la police après une altercation. Finalement, des personnes sont intervenues pour calmer la situation et le monsieur a promis de ne plus revenir déverser ses déchets ici », raconte-t-il. Qu’a cela ne tienne, ils continuent de venir.

Au-delà des nuisances, plusieurs habitants dénoncent surtout l’inaction des autorités municipales et administratives. Pour eux, la situation actuelle rappelle étrangement les conditions qui avaient favorisé l’installation anarchique du Garbal sur ce site pendant des années.

Les riverains pointent du doigt la responsabilité de plusieurs structures publiques, notamment la mairie de la Commune VI, le gouverneur du District de Bamako ainsi que le ministère en charge de l’Assainissement. Selon eux, les autorités avaient longtemps fermé les yeux sur l’occupation progressive du terrain par les vendeurs de bétail. Aujourd’hui encore, estiment-ils, le même laisser-aller semble favoriser la transformation du site en décharge publique.

Dans ce quartier fortement urbanisé, beaucoup redoutent la naissance d’un nouveau foyer d’insalubrité comparable au tristement célèbre dépôt d’ordures de Lafiabougou, surnommé « Kilimandjaro » par les Bamakois en raison de la montagne de déchets qui s’y accumule.

« Un autre Kilimandjaro ne doit pas voir le jour en plein centre-ville », alerte un notable du quartier rencontré sur place.

Face à l’évolution rapide de la situation, les habitants appellent les autorités du District à agir sans délai. Ils réclament la sécurisation immédiate du site, l’interdiction formelle de tout déversement d’ordures ainsi que la mise en place d’un dispositif de surveillance afin d’éviter que cet espace ne devienne durablement une décharge à ciel ouvert.

Car pour beaucoup, après avoir servi durant des années de marché à bétail anarchique, le Garbal de Faladié risque désormais de devenir un symbole supplémentaire de l’échec de la gestion des déchets dans la capitale malienne.

A.S.