Changements climatiques : La BNDA prépare une requête de près de 20 millions de dollars US

Le Mali franchit une nouvelle étape dans la mobilisation des financements climatiques internationaux.

10 Juin 2026 - 10:20
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Changements climatiques :  La BNDA prépare une requête de près de 20 millions de dollars US

Réunis le 4 juin 2026 à Bamako, les acteurs publics, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations concernées ont participé à un atelier national de consultation consacré à la préparation d’une demande de financement auprès du Fonds pour les réponses aux pertes et préjudices climatiques. Portée par la Banque Nationale de Développement Agricole (BNDA) avec l’appui de l’Agence de l’Environnement et du Développement Durable (AEDD), cette initiative ambitionne de renforcer la résilience des populations des régions de Ségou et de Sikasso face aux conséquences du changement climatique.

 

Présidant la cérémonie d’ouverture, le Directeur général de la BNDA, Badara Aliou Coulibaly, a souligné que cette démarche résulte d’un partenariat stratégique entre la BNDA et l’AEDD visant à mobiliser davantage de ressources internationales au profit du Mali. Selon lui, les effets du changement climatique se font sentir depuis plusieurs années à travers les sécheresses récurrentes, les inondations, la dégradation des terres et les perturbations des systèmes de production, avec des conséquences importantes sur les moyens d’existence des populations.

« Depuis plus de quinze ans, notre pays subit de plein fouet les effets du changement climatique. Ces phénomènes entraînent des pertes économiques considérables et accentuent la vulnérabilité des communautés, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et des ressources naturelles », a-t-il déclaré.

En sa qualité d’entité accréditée au Fonds vert pour le climat et disposant d’un accès direct aux ressources du Fonds pour les pertes et dommages, la BNDA entend jouer un rôle central dans la mobilisation de financements innovants destinés à soutenir les communautés les plus exposées. Le projet en préparation, intitulé « Mécanisme intégré national et territorial de réponse aux pertes et dommages liés au climat dans les régions de Ségou et Sikasso », représente un investissement prévisionnel d’environ 12 milliards de francs CFA sur cinq ans et devrait bénéficier directement à près de 65 000 personnes.

Le projet prévoit notamment la mise en place d’un mécanisme territorial de compensation financière et de redressement économique pour les populations affectées par des événements climatiques extrêmes tels que les sécheresses ou les inondations. Il ambitionne également de renforcer les capacités des bénéficiaires à travers des dispositifs d’épargne communautaire, l’amélioration de l’accès au financement et la mise en place d’un système intégré de gouvernance et de gestion des risques climatiques.

Intervenant au nom du ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, le représentant du département a rappelé l’importance du Fonds pour les pertes et préjudices dans l’architecture internationale de financement climatique. Il a souligné que les pays en développement, bien que faiblement responsables des émissions mondiales de gaz à effet de serre, demeurent les plus exposés aux conséquences du dérèglement climatique.

Il a rappelé que la création de ce mécanisme financier a été décidée lors de la vingt-septième Conférence des Parties (COP27) à Charm el-Cheikh en 2022 avant d’être rendue opérationnelle lors de la COP28 de Dubaï en 2023. Désormais pleinement fonctionnel, le Fonds constitue un outil majeur pour soutenir les pays vulnérables confrontés aux impacts irréversibles du changement climatique.

Selon lui, le premier appel à propositions lancé dans le cadre des modalités de mise en œuvre du Fonds offre aux pays en développement la possibilité de solliciter des financements compris entre 5 et 20 millions de dollars américains. Le Mali entend saisir cette opportunité afin de renforcer les mécanismes territoriaux et financiers de réponse aux pertes et dommages climatiques dans les régions de Sikasso et de Ségou, particulièrement affectées par les phénomènes climatiques extrêmes.

Les organisateurs ont souligné que l’atelier de consultation constitue une étape déterminante dans l’élaboration de la requête. Il doit permettre de recueillir les contributions des différentes parties prenantes afin de garantir que le futur projet réponde aux besoins réels des populations et s’inscrive dans les priorités nationales de développement durable, d’adaptation aux changements climatiques et de réduction des risques de catastrophes.

À travers cette initiative, le Mali espère non seulement mobiliser d’importantes ressources financières internationales, mais également poser les bases d’un mécanisme durable et reproductible de gestion des pertes et dommages climatiques, au bénéfice des communautés les plus vulnérables du pays.

Aminata Agaly Yattara