Entre Nous : Encore du chemin à faire

À l’ouverture du premier Forum africain de l’eau, à N’Djamena le 15 juillet 2026, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno a fait cette annonce : «Le Tchad, pays de Toumaï, berceau de l’humanité, ouvre ses frontières et supprime les visas d’entrée pour tous les Africains».

20 Juillet 2026 - 13:14
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Entre Nous : Encore du chemin à faire

Deux mois plus tôt, le 25 mai 2026, à Brazzaville, à l’occasion des Assemblées annuelles de la Banque Africaine de Développement, le Président Denis Sassou Nguesso a annoncé la suppression de visas pour les Africains. «A compter du premier janvier 2027, les ressortissants de tous les pays africains bénéficieront d’un accès sans visa et n’auront plus besoin de visa pour venir au Congo»,  a précisé le Président Nguesso qui appelle les pays à dépasser «l’égoïsme et le nationalisme et approfondir l’intégration régionale par la mise en œuvre concrète de la Zone de libre-échange continentale africaine». Une telle annonce le jour de la Fête de l'Afrique est tout un symbole.

Ces deux décisions prises à Brazza et à N’Djamena sont des pas supplémentaires vers la réalisation de ce qui reste jusqu’ici un vœu pieux : les Etats-Unis d’Afrique. Des pays tels que le Rwanda, le Bénin, la Gambie appliquent déjà cette politique en faisant fi des visas ou en accordant des facilités aux Africains.

 Le Togo, depuis le 18 mai 2026, a supprimé les exigences de visa pour les ressortissants africains qui peuvent séjourner dans le pays pendant 90 jours. A travers cette décision, Lomé ambitionne  de «transformer le pays en un carrefour économique majeur et encourager la libre circulation en Afrique ».

Contrairement à la Libye et à la Somalie, le Kenya n’exige plus de visas pour les fils d’Afrique. Si les Seychelles délivrent à l’arrivée une autorisation d’entrée sans aucune exigence préalable de visa, le Ghana a rendu gratuit son é-visa.

De toutes ces décisions, celle du gouvernement de l’Afrique du sud de supprimer l’obligation de visa pour 32 pays du continent demeure un tournant important. En effet, elle survient au moment où la nation arc-en-ciel fait face à une flambée de xénophobie avec son corollaire de violences sur les ressortissants africains. Même si la décision a un goût d’inachevé (plusieurs pays restent soumis à l’obligation de visa) le Président Cyril Ramaphosa envoie un message fort et clair à ceux qui manifestent dans les rues de Pretoria et Johannesburg pour propager la haine de l’étranger. Il oppose un niet catégorique aux revendications populistes des xénophobes sud-africains, indignes de l’icône de la lutte contre l’Apartheid.

Actuellement, les pays qui ont supprimé le visa pour leurs frères d’Afrique constituent une petite minorité. Et force est déplorer que plus de 60 ans après la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) devenue l’Union africaine (UA) la libre circulation des personnes est loin d’être une réalité sur notre continent. Il ya encore du chemin à faire.

Par Chiaka Doumbia