Le Mali et le Burkina renforcent leur coopération face aux défis environnementaux
Le Premier ministre malien, le Général de division Abdoulaye Maïga, a reçu lundi à Bamako le ministre délégué burkinabè chargé des Ressources animales, Amadou Dicko, en marge de la 27ᵉ édition de la Quinzaine de l’environnement, selon un communiqué de la Primature malienne.
Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par l’intensification des défis climatiques dans l’espace sahélien. Organisée cette année autour des thématiques de la résilience climatique et de la restauration des pâturages, la Quinzaine de l’environnement a été officiellement lancée le 6 juin 2026 au Parc national de Bamako, en présence de délégations des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) ainsi que de plusieurs pays voisins.
Pour le Mali et le Burkina Faso, les enjeux environnementaux sont étroitement liés au développement économique et à la stabilité sociale. Selon les données de la Banque mondiale, les secteurs de l’agriculture, de la foresterie et de la pêche représentaient respectivement 33,45 % du PIB malien et 18,59 % du PIB burkinabè en 2024. Ces activités demeurent essentielles pour l’emploi, les revenus ruraux, la sécurité alimentaire et la cohésion des communautés.
L’élevage constitue également un pilier majeur des économies des deux pays. D’après les estimations de la FAO, le Mali dispose d’un cheptel de 115,6 millions de têtes, composé notamment de 24 % de caprins, 17 % d’ovins et 11 % de bovins. Au Burkina Faso, le cheptel est évalué à 81,2 millions de têtes, avec une répartition comprenant 20 % de caprins, 13 % d’ovins et 13 % de bovins. Ces ressources animales jouent un rôle stratégique dans des territoires où l’accès à l’eau, aux pâturages et aux couloirs de transhumance demeure crucial.
Présent à Bamako pour le lancement de la Quinzaine de l’environnement, Amadou Dicko a exprimé sa gratitude aux autorités maliennes pour l’accueil réservé à sa délégation. Il a également sollicité les orientations du chef du gouvernement malien sur les réponses à apporter aux défis climatiques communs aux deux pays.
Le responsable burkinabè a par ailleurs transmis une invitation officielle à la partie malienne pour participer aux célébrations de la Journée de l’environnement prévues au Burkina Faso à la fin du mois de juin 2026.
Au nom du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, Abdoulaye Maïga a salué la présence de la délégation burkinabè aux travaux engagés à Bamako. Selon la Primature, cette participation illustre la vision commune portée par les dirigeants de la Confédération des États du Sahel en matière de coopération environnementale et climatique.
Dans l’ensemble de la bande sahélienne, les effets du changement climatique accentuent la pression sur les terres, réduisent les ressources pastorales et exacerbent les tensions entre activités agricoles et pastorales. Un rapport de la Banque mondiale souligne que plus de 20 millions de personnes dépendent principalement du pastoralisme dans plusieurs pays de la région.
Au-delà de sa dimension protocolaire, la visite d’Amadou Dicko confère une portée politique à ce rendez-vous environnemental. Elle traduit la volonté du Mali et du Burkina Faso de faire de la coopération climatique et pastorale un axe stratégique de leur partenariat au sein de l’AES, aux côtés des priorités sécuritaires, économiques et diplomatiques.
MD/te/APA
Source: https://fr.apanews.net/
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