Mise en œuvre du PAESOL au Mali : Le satisfecit des acteurs à mi-parcours

Face aux défis du changement climatique au Mali, le Programme de Promotion des Systèmes de Cultures Agroécologiques et de Protection des Sols (PAESOL) fait de l'agroécologie une réalité concrète ...

5 Juin 2026 - 08:52
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Mise en œuvre du PAESOL au Mali : Le satisfecit des acteurs à mi-parcours

Face aux défis du changement climatique au Mali, le Programme de Promotion des Systèmes de Cultures Agroécologiques et de Protection des Sols (PAESOL) fait de l'agroécologie une réalité concrète sur le terrain. À l'occasion d'une conférence de presse organisée le 3 juin 2026 à  son siège à l'ACI 2000, ses responsables ont dévoilé un bilan à mi-parcours aguichant. Porté par une augmentation des rendements et une forte implication des femmes. Selon Mohamed Soumaré Coordinateur du PAESOL, ce succès  résulte d'une approche participative qui place l'agroécologie au cœur de la résilience agricole.

Au Mali, plus de 70% de la population vit de l’agriculture, elle constitue le pilier de l’économie nationale. Cependant, face aux aléas et aux effets du changement climatique, notamment la dégradation des terres, les défis persistent. C'est pour y répondre que le gouvernement du Mali, avec l’appui de la Coopération allemande (KfW), a mis en œuvre le PAESOL. Dans  son intervention, le Coordinateur du PAESOL, Mohamed Soumaré, a rappelé que ce projet transforme les pratiques agricoles à travers l’agroécologie : « Nous changeons de paradigme : produire mieux, durablement, avec les producteurs comme les premiers acteurs du changement », a-t-il affirmé.

Doté d’un budget de 13,37 millions d'euros (soit environ 8,76 milliards de FCFA) sur la période 2022-2027, le PAESOL est déployé dans neuf communes des régions de Kayes, Koulikoro et Sikasso. Son objectif est de renforcer durablement la productivité et la résilience de l’agriculture familiale à travers une gestion responsable des sols, de l’eau et des ressources naturelles.

Dans sa mise en œuvre, le programme adopte une approche participative plaçant les producteurs au cœur de l’action, a fait savoir M. Soumaré. Notant que, cette démarche s'appuie sur des dispositifs concrets tels que les Champs Écoles Agroécologiques (CEAF) et les Parcelles de Démonstration Agroécologiques (PDAF). Toujours selon ses dires, ces outils permettent aux producteurs d'expérimenter, de s'approprier et de diffuser les innovations. Le succès du PAESOL repose ainsi sur cette méthode singulière où les innovations sont construites en collaboration avec les producteurs sur leurs propres parcelles, a-t- il précisé.

Un satisfecit à mi-parcours

D’autre part, Mohamed  Soumaré affirme que le programme a obtenu  des résultats rapides et tangibles après seulement quatre années de mise en œuvre. Parlant de ses impacts, il a souligné qu'un rendement moyen de plus de 27% a été enregistré pour les céréales sèches. De plus, 4 211 hectares sont désormais exploités en agroécologie, atteignant 168% de l'objectif général.

Sur le plan social et structurel, il a indiqué que  7 803 producteurs  sont engagés dans le programme, parmi lesquels figurent 44% de femmes. De plus,  le programme a impacté près de 31 000 bénéficiaires indirects, en  plus de 21 points du niveau de transformation agroécologique. Par ailleurs,  le Coordinateur a souligné l’intégration de 90 mesures agroécologiques dans 6 nouveaux PDESC ainsi que l’acquisition d’infrastructures et d’équipements sans oublier que les zones d’exécution du programme ont été dotées  de magasins pour  la valorisation et la commercialisation des produits agroécologiques.

« Le PAESOL s'affirme comme un modèle concret de transition agroécologique au Mali, contribuant à la souveraineté alimentaire et au développement durable au bénéfice des producteurs, des territoires et des générations futures », a conclu le Coordinateur, indiquant que ce programme prouve qu'il est possible de concilier sécurité alimentaire, protection des ressources naturelles et développement économique.

 

Khadydiatou SANOGO/maliweb.net