Mali : l’ANGESEM veut accélérer la modernisation de l’assainissement liquide
Réunie en 19ᵉ session ordinaire, l’Agence nationale de gestion des stations d’épuration du Mali (ANGESEM) a présenté ce jeudi 4 juin ses ambitions pour la période 2026-2028....
Malgré des avancées, le secteur de l’assainissement reste confronté à d’importants défis de financement et d’infrastructures, alors que moins de la moitié des Maliens ont accès à un système d’assainissement adéquat.
L’assainissement liquide demeure l’un des principaux défis de développement au Mali. Lors de la 19ᵉ session ordinaire de son Conseil d’administration, l’Agence nationale de gestion des stations d’épuration du Mali (ANGESEM), le secrétaire général du Ministère de l’Assainissement, Moussa Diarra , a dressé un état des lieux du secteur tout en dévoilant ses priorités pour les prochaines années.
Selon le Segal, moins de 50 % de la population malienne bénéficie actuellement d’un système d’assainissement adapté. Une situation qui continue d’avoir des conséquences sur la santé publique, la protection de l’environnement, la qualité de vie des populations et la préservation des ressources en eau. Face à ces enjeux, les autorités entendent faire évoluer l’approche du secteur en considérant l’assainissement non plus seulement comme une question d’infrastructures, mais comme un véritable service public nécessitant une gestion durable, des investissements réguliers et une gouvernance renforcée. Au cœur des discussions figure le Plan opérationnel triennal 2026-2028 de l’ANGESEM. Présenté comme un outil stratégique, ce document vise à améliorer la planification des interventions, le suivi des performances et la mobilisation des ressources nécessaires au fonctionnement de l’Agence. Les responsables de l’assainissement souhaitent notamment renforcer la maintenance des infrastructures existantes, améliorer le traitement des eaux usées et des boues de vidange, tout en développant des solutions de valorisation des sous-produits dans une logique d’économie circulaire.
Le Conseil d’administration a également examiné le niveau d’exécution du budget 2025. Les ressources mobilisées ont atteint 615,8 millions de FCFA sur une prévision de 951,5 millions de FCFA, soit un taux de réalisation de 64,72 %. Si ce résultat témoigne des efforts déployés par l’Agence, il met également en évidence la nécessité de consolider et diversifier les sources de financement afin d’assurer la pérennité du service public d’assainissement liquide. Les responsables du secteur soulignent que la performance de l’ANGESEM dépend autant de la qualité des infrastructures que de sa capacité à disposer de ressources suffisantes pour assurer la maintenance, le renouvellement des équipements et la continuité du service.
Pour l’exercice 2026, plusieurs projets majeurs sont programmés. Parmi eux figurent la réalisation d’une étude institutionnelle sur l’évolution du cadre de fonctionnement de l’Agence avec l’appui de la GIZ, l’ouverture de l’antenne régionale de Sikasso et la conduite d’études techniques pour une future station de traitement des boues de vidange à Gao. L’ANGESEM prévoit également de poursuivre la réhabilitation de la station d’épuration de Sotuba grâce à un financement néerlandais, tandis qu’un partenariat avec la KfW doit permettre la réalisation d’une station de traitement des boues de vidange à Kayes. À Bamako, les projets de stations de traitement des boues de vidange de Tienfala et de la zone aéroportuaire seront poursuivis dans le cadre du Projet de résilience urbaine financé par la Banque mondiale.
Un budget 2026 en hausse
Pour accompagner ces ambitions, le budget prévisionnel de l’Agence pour 2026 s’établit à 967 millions de FCFA, contre 951,5 millions de FCFA en 2025, soit une progression de 1,58 %. Les autorités estiment que cet effort budgétaire devra s’accompagner d’une meilleure gouvernance, d’une implication accrue des collectivités territoriales et d’un renforcement des partenariats afin de répondre aux besoins croissants des villes maliennes en matière d’assainissement. À travers ces orientations, le Mali ambitionne de renforcer progressivement ses infrastructures de traitement des eaux usées et des boues de vidange afin de contribuer à l’atteinte des objectifs nationaux de développement durable et à l’amélioration durable du cadre de vie des populations. Auparavant, la Directrice de l’ANGESEM, Doussouba Doumbia a réaffirmé son engagement à œuvrer avec ces collèges pour l’atteinte de tous objectifs de l'agence.
Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net