Mali: Kidal, dans le nord-est, objet de toutes les attentions

01 Fév 2013 - 09:18
Mis à jour: 14 ans
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[caption id="attachment_124019" align="aligncenter" width="610"] Des soldats français patrouillent à Tombouctou, le 31 janvier 2013
© AFP Fred Dufour[/caption] Otages, frappes aériennes sur les combattants islamistes, discussions avec les rebelles touareg: dans l'extrême nord-est du Mali, la localité de Kidal, où des soldats maliens sont entrés jeudi après que les Français eurent pris le contrôle de l'aéroport et ses environs, focalise toutes les attentions dans le pays et à Paris. Après Gao et Tombouctou, reprises en moins de trois jours du 26 au 29 janvier, Kidal est la dernière grande ville du nord encore aux mains des groupes d'insurgés. Mais cette fois, la France privilégie la négociation, évoquant une "situation particulière". Des militaires maliens sont arrivés jeudi dans la ville, a affirmé à Bamako le porte-parole de l'armée malienne, le colonel Souleymane Maïga, qui parle d'une "petite unité de reconnaissance, partie préparer le terrain au reste de la troupe". Longtemps tenue par le groupe islamiste Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), allié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Kidal venait de passer sous le contrôle du Mouvement islamique de l'Azawad (MIA, dissident d'Ansar Dine) et du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg) quand les Français y sont arrivés dans la nuit de mardi à mercredi. Le MIA a fait savoir mercredi qu'il s'opposait à la venue à Kidal, à 1.500 km au nord-est de Bamako, de soldats maliens et ouest-africains. Le Burkina Faso, médiateur dans le conflit malien, est en contact avec le gouvernement de Bamako et les groupes armés MNLA et MIA pour de futures "négociations", mais elle ne sont pas prévues "dans l'immédiat", a indiqué jeudi soir à l'AFP une source proche de la médiation. Kidal et sa région, le massif des Ifoghas, près de la frontière algérienne, sont le berceau des mouvements indépendantistes touareg. Et un lieu de détention "probable" pour les sept otages français au Sahel, selon Paris. "Il est probable" que les otages "soient dans la région" du massif des Ifoghas au nord de Kidal, a déclaré jeudi sur la radio France-Inter Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense, ajoutant: "Nous ne perdons jamais de vue, ni d'esprit, ni de sensibilité, le fait qu'il y a des otages français dans ce territoire". Sept Français ont été enlevés par des islamistes au Niger et au Mali en 2011 et 2012. Leurs ravisseurs ont menacé de les tuer en cas d'intervention militaire française. Le massif des Ifoghas est aussi le dernier refuge des combattants islamistes chassés des villes du nord qu'ils occupaient depuis près de dix mois. L'aviation française a d'ailleurs procédé ces derniers jours à des frappes aériennes "assez importantes" dans la région d'Aguelhok, à une centaine de kilomètres au nord de Kidal, selon Paris. "Les objectifs visés étaient des centres de commandement, des dépôts logistiques, des centres d'entraînement", a précisé le porte-parole de l'état-major français, le colonel Thierry Burkhard. La région d'Aghelhok est, selon le colonel Burkard, "assez logiquement une zone de repli des groupes terroristes qui sont en train de remonter vers le nord". Un détachement d'environ 1.400 militaires tchadiens remonte par ailleurs par la route de la frontière nigérienne, où il était positionné, en direction de Kidal, selon Paris. Que "mijote" l'adversaire? Sur Radio France International (RFI), le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, s'est de son côté interrogé sur la stratégie des groupes islamistes, se demandant "pourquoi il n'y a pas eu de combats, ce que l'adversaire mijote". Les islamistes "se sont retirés des grandes villes pour ne pas se trouver coincés et ils ont dû se retirer pas très loin de ces agglomérations", a-t-il ajouté. Concernant le volet politique de la crise et la perspective de l'après-guerre, M. Traoré a déclaré: "le seul groupe avec lequel nous pouvons envisager des négociations c'est certainement le MNLA, à condition que le MNLA renonce à toutes ses prétentions territoriales". Rébellion laïque, le MNLA a renoncé à sa revendication d'indépendance du nord du Mali, d'où il avait été totalement évincé en juin 2012 par Aqmi et ses alliés, Ansar Dine et Mujao. M. Traoré a estimé que le président burkinabé Blaise Compaoré, médiateur ouest-africain, se "trompe" en pensant pouvoir négocier avec Ansar Dine, à l'origine de l'offensive du 10 janvier vers le sud du Mali qui a déclenché l'intervention française. "Ansar Dine s'est disqualifié, il n'est plus éligible au dialogue quel que soit par ailleurs le masque que certain d'entre eux ont décidé de porter désormais", a affirmé M. Traoré, allusion au mouvement dissident MIA. De son côté, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a salué jeudi l'action "rapide et efficace" de la France mais a indiqué que l'Alliance n'avait pas de rôle à jouer dans la stabilisation du Sahel. Et à Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères se sont déclarés "alarmés" des "allégations de violations des droits de l'Homme" au Mali et ont demandé aux autorités de ce pays d'"enquêter immédiatement" sur d'éventuelles représailles contre les Touareg ou les autres minorités ethniques. Les tensions sont fortes dans le nord du pays entre, d'un côté, les minorités arabe et touareg, dont les membres sont largement majoritaires dans les groupes islamistes armés, et de l'autre les Noirs majoritaires au Mali.

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Commentaires (16)

User
Free
Free 14 ans
Qu on ne s alarme pas ..il est bien dit que la negociation se fera apres la reconquete des territoires..cela veut dire que l ennemi sera desarme de force sur le territoire Malien. Donc le probleme sera regle facilement...Une base Francaise au Nord securisera le Sahel,le temps que nos pauvres armees Africaines se reconstituent.. Comme on le dit en Anglais" this is a wake up call"....
Bijoujo
Bijoujo 14 ans
En tout cas monsieur le président! fait beaucoup attention!! à ce genre de choses car tout ton peuple est contre cette négociation. Au faîte qu'est-ce que Hollande vient faire au Mali si tôt. Si c'est pour vous forcer la main pour ces négociations alors là on est sortit de l'auberge. le peuple n'acceptera jamais cela.
LaBamakoise
LaBamakoise 14 ans
@Bijoujo: ".....monsieur le président! fait beaucoup attention!! à ce genre de choses car tout ton peuple est contre cette négociation...." Parlez pour vous: moi je suis favorable à ce genre de négociations. Et j'espère bien ne pas être la seule dans ce cas. J'espère bien que beaucoup de maliens/maliennes de bonne volonté, intelligents et à l'esprit ouvert, y sont également favorables.
blanche neige
blanche neige 14 ans
arretez vos conneries ,combien de soldats maliens sont morts etc.....!! Hier Amnisty International acondamné les meutres de 20 civils par des soldats maliens à Sévaré !!!........Tellement courageux les soldats maliens qu'ils ne s'en prennent à chaque fois qu'à des civils :evil: :evil: :evil: Si les soldats français rentraient aujourd'hui à Paris ,dans un mois Bamako serait aux mains des islamistes ,pas du MNLA !!! ne melangez pas tout !
Niele la Rouge
Niele la Rouge 14 ans
(2) Le dialogue doit être mené avec TOUTES les populations du Nord, avec des groupes non-armés et sans base ethnique (donc ni MNLA, ni Ganda Iso/Koy), par exemple le collectif des ressortissants du Nord, les assoc des ressortissants des cercles du Nord, les préfets et maires du Nord, d'autres notables comme les directeurs des hopitaux, de centres de santé, des académies et CAP, des écoles. Le maintien de la paix à Kidal doit être assuré par l'armée malienne, dont l’unité d’Ag Gamou (Touaregs loyalistes), et des forces étrangères, sous l'oeil d'observateurs de l'ONU.
Niele la Rouge
Niele la Rouge 14 ans
(1) Le MIA doit être désarmé, ses membres arrêtés le temps d'enquêter sur le massacre d'Aguelhoc et les crimes commis lors des attaques des villes ou sous couvert de charia. Le MNLA doit être désarmé et ses membres arrêtés ou placés sous surveillance le temps d'enquêter sur Aguelhoc et sur les crimes commis dans les villes qu’ils ont attaquées. En cas de refus du désarmement, ils doivent être considérés comme les autres groupes armés. L’égibilité au dialogue doit être basée sur des faits. Le MNLA n’est pas de fait légitime parce que composé de Maliens et avec une bonne communication. Il faut établir les responsabilités des chefs du MNLA dans les crimes commis et établir leur légitimité à défendre les Maliens touarègues (Ag Najem représente-ils les Touareg du Mali et leurs souffrances alors qu'il a fait carrière à l’étranger, comme mercenaire de Khadafi?)
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