Burundi: les parlementaires globalement opposés à une mission de l’UA

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Un véhicule militaire transporte des hommes arrêtés à Bujumbura, le 11 décembre 2015. © AFP

A la veille de la fin de l’ultimatum de l’Union africaine (UA) au gouvernement burundais, l’Assemblée nationale et le Sénat étaient réunis en congrès extraordinaire, ce lundi 21 décembre, à Bujumbura, pour discuter du déploiement d’une force militaire de l’UA. Dimanche, plusieurs responsables de l’exécutif avaient déjà donné le ton en se prononçant contre. Même si on attend la déclaration finale, le ton des débats était tout aussi virulent chez les élus.

L’Union africaine avait déclaré qu’elle ne laisserait pas un nouveau génocide se produire sur son sol, après la mort d’une centaine de personnes en réaction à des attaques contre des positions des forces de sécurité burundaises, les 11 et 12 décembre derniers, à Bujumbura.

C’est l’usage du mot « génocide » qui semble avoir le plus irrité les députés et sénateurs, notamment ceux du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, qui disent avoir parlé, dans les débats, de manipulation de l’opinion publique par des politiciens burundais, les médias étrangers et même certaines chancelleries.

La très grande majorité de ces députés et sénateurs se sont prononcés – soit dans leurs interventions, soit après le débat – contre l’envoi des troupes de l’Union africaine. Leur déploiement par la force serait considéré comme « une force d’invasion que le peuple burundais se devrait de combattre », a même dit le porte-parole du parti au pouvoir qui est lui-même député.

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SOURCErfi.fr
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1 commentaire

  1. La Syrie de l’Afrique, le Burundi : Pierre Nkurunziza doit partir !

    La neutralisation, d’une manière ou d’une autre, du président burundais, Pierre Nkurunziza, est à peu près l’objectif final du chaos meurtrier qui s’est abattu sur le Burundi depuis le mois de Mars dernier selon un scénario que nous connaissons bien. Cela avait commencé par une tentative de révolution de couleur apparemment dirigée depuis l’ambassade américaine de Bujumbura, vers laquelle avaient reflué les manifestants après la réaction musclée des autorités burundaises. Après l’échec de la révolution, suivie par un cours moment de chaos, il y eut, au mois de Mai, une tentative de coup d’état qui n’eut pas plus de succès.

    Le but des manifestants et des putschistes, ou de leurs commanditaires, était d’empêcher le président Pierre Nkurunziza de se représenter pour un troisième mandat, qui correspondrait pour lui à une seconde réélection, ayant obtenu son premier mandat hors du cadre de la constitution actuelle. Les élections ont finalement eu lieu au mois de Juillet, dans un climat d’attentats, de sabotage et de tension extrême. Sans surprise, Pierre Nkurunziza les a remportées haut la main, mais l’opposition armée et les forces qui l’animent n’ont pas baissé les bras pour autant.

    Aujourd’hui, le Burundi est au bord de la guerre civile. En Afrique, pour faire partir un président élu d’un petit pays comme le Burundi, il n’est pas besoin de créer des groupes islamistes comme pour la Syrie. Les Africains peuvent, eux-mêmes, faire le boulot, grâce à leurs propres Armées, regroupées en Forces supranationales régionales pour « défendre la Paix et la Sécurité », un peu comme des mini OTAN. Et l’on sait ce que « paix et sécurité » veulent dire pour l’OTAN.

    Une récente attaque, le 11 décembre, de trois camps militaires par les rebelles armés, a servi de prétexte au Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union Africaine pour décider de la création d’une mission militaire de 5000 hommes destinés à être déployés au Burundi. Seulement les autorités burundaises n’en veulent pas, et annoncent clairement que ce déploiement serait considéré comme « une force d’invasion et d’occupation ». Malgré ce refus des autorités burundaises d’être « aidées », l’UA persiste, et menace même, donnant quatre jours à Bujumbura pour accepter ce déploiement, faute de quoi le bloc panafricain prendrait des « mesures supplémentaires » pour l’obliger à accepter.

    L’affaire est maintenant entre les mains de l’ONU, car le Burundi participe lui-même à des missions de paix de l’ONU par le biais de l’un de ces mini OTAN, et ne peut donc voir un de ces organismes débarquer chez lui de force, ça ferait désordre. Pour l’instant, le gouvernement burundais tient bon, contre les rebelles, les médias, et les institutions africaines. Mais, sans des alliés comme ceux de la Syrie, combien de temps résistera-t-il ?
    LA LACHETÉ DES DIRIGEANTS OCCIDENTAUX NE CONNAIT PAS DE LIMITE.

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