Pourquoi Téhéran attaque-t-il encore alors que Trump affirme avoir tout détruit? Des experts répondent aux questions des lecteurs sur l’Iran

Quelle est la probabilité que la guerre au Moyen-Orient s’intensifie encore? L’Iran représente-t-il une menace nucléaire? Les prix du pétrole risquent-ils à nouveau de monter en flèche? Le professeur de politique internationale David Criekemans (UAntwerpen) et l’économiste Gert Peersman (UGent) ont répondu aux questions des lecteurs formulées auprès de Het Laatste Nieuws.

16 Mar 2026 - 10:26
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Pourquoi Téhéran attaque-t-il encore alors que Trump affirme avoir tout détruit? Des experts répondent aux questions des lecteurs sur l’Iran
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Pourquoi Téhéran attaque-t-il encore alors que Trump affirme avoir tout détruit? Des experts répondent aux questions des lecteurs sur l’Iran
Des dégâts provoqués à Tel Aviv par les débris d’un drone iranien, le 15 mars 2026. © Getty Images

Comment se fait-il que l’Iran puisse encore tirer des missiles et des drones, malgré la supériorité technologique et militaire des États-Unis, qui disposent également de satellites et de systèmes de surveillance sophistiqués ?

David Criekemans: “L’Iran dispose d’un grand nombre de missiles et s’est préparé à un conflit de longue durée. Il dispose notamment de sites de stockage souterrains afin d’être en mesure de mener des attaques. Téhéran semble toutefois surtout chercher à gagner du temps. En témoigne entre autres son utilisation des drones, moins intense qu’au début du conflit. L’Iran prétend encore disposer d’un certain nombre de missiles hypersoniques performants, mais cette affirmation ne peut être confirmée.”

Les États-Unis sont souvent présentés comme le pays le plus puissant et le plus avancé au monde sur le plan technologique. Comment se fait-il alors qu’ils ne parviennent pas à contrôler le détroit d’Ormuz?

David Criekemans: “Les États-Unis n’ont pas suffisamment tenu compte dans la planification du conflit. Washington a sous-estimé à quel point le détroit d’Ormuz pouvait être déstabilisé. Pour véritablement garantir la sécurité de cette voie navigable, il faudrait mener une campagne ciblée, bombarder puis contrôler toutes les installations de missiles dans le sud de l’Iran, car la situation pourrait y devenir dangereuse dans les prochains jours. L’Iran dispose également de petits bateaux rapides et a menacé de poser des mines marines. Il s’agit donc d’une tâche compliquée. Ces aspects ont été beaucoup trop peu pris en compte par l’administration Trump et l’impact économique du conflit pourrait donc s’aggraver considérablement.”

Pourquoi les pays du Golfe semblent-ils tolérer ces attaques pour l’instant? Dans quelle mesure est-il probable qu’ils s’engagent eux-mêmes militairement dans cette guerre?

David Criekemans: “Il faut faire la distinction entre l’Arabie saoudite et les petits États du Golfe, comme les Émirats arabes unis et le Qatar. L’Arabie saoudite pourrait, à un moment donné, dire: ‘Ça suffit, nous allons neutraliser ces installations de missiles iraniennes’. Les petits États du Golfe, quant à eux, sont surtout très inquiets et restent pour l’instant strictement sur la défensive. Ils disposent également de moins de moyens militaires. Il est toutefois possible que les bases militaires américaines situées dans ces pays soient plus intensément utilisées. En tout cas, une chose est sûre: plus le conflit durera, plus les problèmes s’aggraveront pour le tourisme et la sécurité de la population dans les États du Golfe. Leur modèle économique sera soumis à une forte pression. Dans les années à venir, le secteur du tourisme pourrait notamment subir de lourds dommages et les expatriés pourraient également partir.”