Zimbabwe: Robert Mugabe démis de son poste de président de la Zanu-PF (membre du parti)

19 Nov 2017 - 12:37
Mis à jour: 8 ans
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Zimbabwe: Robert Mugabe démis de son poste de président de la Zanu-PF (membre du parti)
Le président du Zimbabwe Robert Mugabe lors d'une cérémonie de remise de diplômes à Harare, le 17 novembre 2017 / © AFP / -
Le règne du président du Zimbabwe Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980, ne semblait plus dimanche tenir qu'à un fil, après la décision humiliante de son parti de le limoger de la direction de la Zanu-PF, au lendemain de manifestations monstres exigeant son départ. Dimanche, la Zanu-PF a évincé Robert Mugabe de la présidence de sa propre formation, qu'il contrôlait d'une main de fer depuis des décennies. Il a été immédiatement remplacé par Emmerson Mnangagwa, le vice-président qu'il avait démis de ses fonctions le 6 novembre, a indiqué à l'AFP un membre de la Zanu-PF qui participait à une réunon en urgence du parti. Ces décisions sont le point d'orgue d'une semaine où le président a perdu un à un tous ses soutiens: l'armée d'abord, qui a pris le contrôle du pays dans la nuit de mardi à mercredi; le peuple qui, toutes tendances politiques confondues, est descendu en masse dans la rue samedi; et ensuite la Zanu-PF, qui jusqu'à présent avait fait preuve d'une loyauté à toute épreuve vis-à-vis du "camarade Bob". L'éviction de Robert Mugabe de la présidence du parti a été saluée par des chants et des danses au quartier général de la Zanu-PF à Harare. "Cette réunion historique marque le début d'une nouvelle ère", a lancé un cadre du parti, Obert Mpofu, qui présidait les débats. Un scénario encore impensable il y a quelques jours. Le président, désormais aux abois, devait rencontrer dimanche les militaires aux commandes du pays, qui tentent de lui arracher une reddition en douceur. Les premières négociations jeudi avaient échoué: le chef de l'Etat âgé de 93 ans avait catégoriquement refusé de quitter la présidence. "Il cherche à trouver une sortie digne", a avancé dimanche Chris Mutsvangwa, leader des anciens combattants de la guerre d'indépendance, un des anciens piliers du régime. Cette organisation a lancé au vieil homme un ultimatum sans équivoque dimanche. "Il ferait mieux de renoncer", a prévenu Chris Mutsvangwa, "s'il ne le fait pas, l'armée doit en finir avec lui aujourd'hui". - 'Repose en paix' - La pression n'a jamais été aussi forte sur Robert Mugabe. Samedi, le Zimbabwe a connu l'une des plus grandes manifestations jamais organisées depuis son indépendance en 1980. Des dizaines de milliers de personnes - des partisans de la Zanu-PF comme de l'opposition - ont déferlé dans les rues d'Harare pour appuyer l'intervention de l'armée et demander au vieux dirigeant de partir. "Repose en paix Mugabe", "Non à la dynastie Mugabe", "L'armée du Zimbabwe, voix du peuple", proclamaient des affiches brandies par des manifestants euphoriques. L'armée est intervenue dans la nuit de mardi à mercredi après la destitution le 6 novembre du vice-président Emmerson Mnangagwa, ennemi juré de la Première dame. Les militaires n'ont pas accepté la perspective que Grace Mugabe se retrouve en position de favorite pour succéder, le moment venu, à son mari, le plus vieux dirigeant en exercice au monde. "Il est fâcheux que le président lui ait permis d'usurper son autorité, détruisant ainsi le parti et le gouvernement", a déploré dimanche la ligue des jeunes de la Zanu-PF qui a demandé l'éviction "à tout jamais" de Grace Mugabe du parti. "Elle et ses proches associés ont profité ces cinq dernières années de la santé fragile" du président pour "usurper le pouvoir et piller les ressources de l'Etat", a renchéri Obert Mpofu, salutant le "joli travail" des militaires. Emmerson Mnangagwa est désormais pressenti pour prendre la tête d'une éventuelle transition politique. A 75 ans, cet ancien fidèle du président Mugabe n'a pas été vu en public depuis son éviction. Mais ses portraits ont été acclamés samedi dans les rues de la capitale, où des manifestants arboraient fièrement tout objet en forme de crocodile, le surnom de l'ancien vice-président, un homme connu pour son caractère impitoyable. Jusqu'à présent, l'armée tente de négocier à l'amiable le départ du président Mugabe. Elle l'a même laissé se rendre vendredi à une cérémonie de remise de diplômes universitaires à Harare. L'armée tente de "le traiter avec respect et dignité", selon Anthoni van Nieuwkerk de l'université de Witwatersrand à Johannesburg, afin de mettre au plus vite un terme à ce coup de force militaire. L'affaire n'est pas cependant aisée. Le président Mugabe a la réputation d'être coriace et un fin tacticien. Avant la crise, il avait déjà annoncé son intention de briguer un nouveau mandat lors de l'élection présidentielle en 2018. Il a plongé le pays dans une crise économique abyssale. Le pays manque cruellement de liquidités, obligeant les citoyens à faire la queue pendant de longues heures devant les banques, et affiche un taux de chômage d'environ 90%. (©AFP / 19 novembre 2017 14h16)

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Commentaires (16)

User
nfp
nfp 9 ans
RINZ "Suffit-il de faire référence à la colonisation pour avoir raison ??? Notre pensée est bien primaire.. Que cet homme qui se voulait être un dieu soit destitué et jugé..quelque soit son passé.. Que sa chute donne des idées a d’autres dirigeants" Et voilà, comme d'habitude avec RINZ: En quelques mots, TOUT EST DIT! Merci encore frère RINZ de tes analyses tellement lucides et pertinentes,qu'elles TRANCHENT toujours parmi la déferlante de bêtises qu'on subit quotidiennement sur Maliweb!
nfp
nfp 9 ans
Ce dinosaure de Mugabe est l’archétype même du vieux “roi negre” qui ont fait que depuis les indépendances jusqu’à (hélas!) Aujourd’hui, l’Afrique n’a jamais été prise au sérieux dans le reste du monde!!!! Et oui, tous les Mobutu, Amin Dada, Bokassa, Eyadema et autres tristement légendaires dictateurs multimilliardaires enrichis sur le dos de leurs peuples respectifs, aussi corrompus jusqu’à l’os qu’incompétents, stupides, et megalomanes, ont fait (et font encore ici ou là !) La HONTE de notre continent!!!!! Quand on sait tout ce que l’Afrique compte d’intellectuels de valeur et d’hommes vénérables qui croupissent dans le plus sombre anonymat, il est PATHÉTIQUE que l’image de l’Afrique dans le reste du monde soit encore en 2017 a ce point DÉGRADÉE du seul fait de risibles dictateurs séniles du genre Mugabe!!! Que de pareils “rois negres” puissent être encore pompeusement appelés chez nous “chefs d’etat” et en même temps, faire RIRE le reste de la planète , est en soi navrant pour l’image de l’Afrique du 21ème siècle.
Bani
Bani 9 ans
Voilà la fin d'un règne qui n'avait rien à envier d'une monarchie"démocratique" "atypique archaique"voir la gérontocratie.L'erreur monumentale de Mugabé a été de vouloir s'eterniser aux pouvoirs dans un univers -L'histoire ne se repète pas-qui évolue constamment tenant compte des réalités du moment. Il a intérêt à sortir par la grande porte avant qu'il ne soit trop tard. Partout en Afrique il est temps de laisser les jeunes dynamiques et intelligents prendre les commandes du pouvoir et à l'heure.
Modibo
Modibo 9 ans
Voilà comment LES PATRIOTES AGISSENT DANS LA DIGNITE ET LE RESPECT ET SURTOUT LA CONTINUTE CAR TOUTE RUPTURE DANS LE FONCTIONNEMENT NORMAL PREND DES ANNÉES A S’ÉTABLIR. CES PATRIOTES LES VRAIS SONT VENUS POUR SAUVER LA PATRIE ET NON REMPLIR LES POCHES. VOUS FAITES HONNEUR A L'AFRIQUE, NOUS N'AVEZ PAS OUBLIES LE SANG DE VOS MARTYRS DE L’INDÉPENDANCE. BRAVO MILITAIRE DU ZIMBABWE JE VOUS ADMIRE BEAUCOUP ENCORE IL Y A DES DIGNES FILS ET FILLES D'AFRIQUE QUI SONT LA POUR NOUS DIRE QU'IL Y A DE L'ESPOIR POUR LE FUTUR........
Kinguiranke
Kinguiranke 9 ans
Abdou DIouf est un homme de principe, un grand Africain digne et un homme de valeur, c'est l'Abraham du Senegal, il merite notre respect, il n'a pas vole et n'a jamais detourne le denier public, respect et Janjo pour notre Abdou Diouf, un democrate Africain qui aime son pays et son continent. Merci pour ses services rendus a l'Afrique.
LE ROI BITON DE SEGOU
LE ROI BITON DE SEGOU 9 ans
Est-ce qu'une fille d'Abdou diouf avait le marche' du riz au Senegal? Kinguiranke', personne n'a accuse' le fils de la foula mousso Coumba Dem d'avoir vole' des caisses du Senegal. Sans donner de nom ni entrer dans les details, certains presidents africains ont espionne' pour des services des renseignements etrangers bien connus! TOUT CE QUE LES PRESIDENTS AFRICAINS DISENT ENTRE EUX, ETAIT CONNU AILLEURS! ALLEZ-Y SAVOIR COMMENT!!!!!!!!!!!!!! C'EST D'AILLEURS LA RAISON POUR LAQUELLE JE DIS AU PRESIDENT IBK D'ETRE PRUDENT! C'EST BIEN LE MALI QUI EST DANS LE COEUR DE L'IMPASSE. Je conseille au president IBK d'ecouter poliment ses collegues africains MAIS DE CONTINUER A' COLLABORER AVEC LA FRANCE ET LES USA POUR COMBATTRE LE TERRORISME DANS NOTRE FASO!!! Je ne dirai pas plus!!!
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