Richard Zink : "Il faut rétablir la paix, négocier avec les groupes rebelles qui sont prêts à discuter"

24 Avr 2012 - 13:41
Mis à jour: 14 ans
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[caption id="attachment_62556" align="alignleft" width="350" caption="Richard Zink, ambassadeur de l’Union européenne (UE) au Mali. © DR"][/caption] L’ambassadeur de l’Union européenne (UE) au Mali, Richard Zink, explique la position des bailleurs de fonds sur la crise que traverse le pays. Le dialogue avec les rebelles touaregs qui dirigent le Nord du pays peine à s’ouvrir réellement. Un Premier ministre a été nommé, mais les Maliens attendent encore la formation de son gouvernement. La junte militaire qui a fait chuter l’ancien président, Amadou Toumani Touré (ATT), tarde à rendre véritablement le pouvoir. Dans ce contexte, les partenaires extérieurs du Mali essaient de soutenir le pays et, surtout, de contenir l’influence grandissante d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Interview. Jeune Afrique : L’Union européenne a accueilli favorablement l’accord-cadre signé entre la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et les anciens putschistes maliens. Comment allez-vous accompagner cet accord ? Richard Zink : Dans les prochains jours, ECHO, notre branche humanitaire va envoyer une mission à Bamako pour évaluer les besoins du Mali. L’UE a décidé de mobiliser 9 millions d’euros supplémentaires au titre de l'aide humanitaire pour le pays. En ce qui concerne les futures élections, beaucoup de dirigeants souhaitent la révision des fichiers électoraux. Nous sommes prêts à soutenir ce processus avec d’autres partenaires, afin que les élections soient crédibles, transparentes et surtout que les Maliens y participent massivement. Selon vous, l’armée malienne a-t-elle besoin des troupes de la Cedeao pour récupérer les villes du Nord ?
 Pour réussir une forme d’autonomie, il faut d’abord accepter de faire partie d'un seul et même pays.
  L’armée malienne a certainement besoin d'aide, mais il faut garder à l’esprit qu’il y a bien deux aspects dans cette crise: un volet militaire et un autre politique. Il faudra prendre en compte les deux pour parvenir à une solution. Actuellement, il n’y pas d’armée (malienne) qui puisse se rendre au Nord et vaincre seule les rebelles. On ne peut pas attendre qu’elle soit prête. Il faut des solutions plus rapides. Pour cela, il y a l’offre de la Cedeao et des autres paretenaires. Nicolas Sarkozy a dit qu’il était favorable à une autonomie – même minime – accordée aux Touaregs. Est-ce que l’Union Européenne partage ce point de vue ? La division du pays a été un grand choc pour les Maliens.  J’ai l’impression que la plupart d’entre eux veulent rester unis à tout prix. Une autonomie ou une décentralisation n’est jamais réalisable s’il y a de trop fortes volontés séparatistes. Pour réussir une forme d’autonomie, il faut d’abord accepter de faire partie d'un seul et même pays et ne pas prendre une éventuelle autonomie comme une étape vers l’indépendance. Pensez-vous que les partenaires occidentaux du Mali portent une part de responsabilité dans la crise actuelle ? Est-ce que le côté exemplaire de la démocratie malienne que les bailleurs de fond mettaient souvent en avant ne les a pas aveuglés sur l’état réel du pays ? Il y a des pays de la région qui n’ont pas accepté que des armes circulent librement sur leur territoire. Ils ont mis en œuvre très rapidement des programmes pour intégrer les combattants revenus de Libye. Le Mali n’a pas voulu lancer ce processus. Il faut se demander comment cette rébellion a pu se préparer au vu et au su des autorités. La responsabilité ne se situe certainement pas au niveau européen. Aujourd’hui, il faut rétablir la paix, négocier avec les groupes rebelles qui sont prêts à discuter dans le but de maintenir l’intégrité du pays et revoir le processus de décentralisation qui pourrait être complété par des éléments d’autonomie. Une véritable culture de la corruption s'est installée dans le pays ces dernières années. Qu'en pensez-vous ?
 Il faut réformer l’armée et réinstaurer la discipline.
L'index Doing business de la Banque mondiale, qui traite du climat des affaires, laisse effectivement penser que la corruption est un facteur préoccupant. Le secteur privé  se plaint de la fiscalité et de tout ce qui en dépend : les droits de douane et les taxes à acquitter le sont souvent de manière arbitraire et peu transparente. Les entrepreneurs et les citoyens ont par ailleurs peu confiance dans la justice malienne. Comment le Mali peut-il faire face à la corruption dans son armée ? Il faut prendre les mesures qui s’imposent. Il faut réformer l’armée et réinstaurer la discipline. Ce sont de jeunes officiers qui ont pris le pouvoir, cela veut dire beaucoup de choses… ___ Propos recueillis à Bamako par Baba Ahmed jeuneafrique.com 24/04/2012 à 15h:06

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Commentaires (33)

User
kouyaté
kouyaté 14 ans
C'est vous et toujours vous qui demandez à négocier avec les envahisseurs . Moi je ne les appelle pas rebels mais des envahisseurs sponsorisés. Juste un exemple. Quand Sadam Hussein a tenté d'annexer Le kowet, la fance, les USA ,l'Angletaire se sont réunis pour l'en ampêcher. Mais consernant la Mali , vous parler de négocier. Négocier quoi? donnez-nous les moyens que de faire le donneur de leçon.
Clapham
Clapham 14 ans
Ce Baba Ould Ahmed est aussi pire que Serge Daniel de RFI. Ils vont leur popularité auprès des rédactions occidentales sur le dos de la mise malienne (rebellion).
djangoyatera
djangoyatera 14 ans
Il faut savoir s'arrêter de parler, de bla balter, de faire la révolution de bureau, et de profiter du territoire français pour s'exprimer aux Maliens (alors qu'on est ANTI FRANCAIS à bord) quel contraste n'est-ce pas ...on n'a pas le temps au Mali d'écourter, de remplacer une transition pour une autre transition, si le BUT de tout Malien est la récupération du NORD MALI alors GO, FONÇONS, BONNE ROUTE à l'équipe qui a été constituée autour de C.Modibo DIARRA. Il ne faut plus parler que d'une seule et unique voix au nom du MALI pour écourter le temps des décisions à prendre.
Justice Mali
Justice Mali 14 ans
Il faut être sur terrain pour savoir certaines choses, certaines réalités sur le nord. Nous savons qu'il est facile de décider ke d'exécuter. Kest ATT n'a pas fait pour ces bandits, drogués, trafikants de drogues, de marchandises, voleurs de véhicules. Voilà leur activité principale. Est-ce ces gens peuvent travailler ? Peut-etre, ils vont utiliser les sonrhaï et m'bella pour travailler. On nous a fait savoir au nord ke les tamasek et touareg valent mieux ke nous. A commencer par ATT, les policiers et meme Kalifa, le Gouverneur de Gao. Kelle honte ? Ces bandits ont raison.
Justice Mali
Justice Mali 14 ans
La france peut s'attendre à une catastrophe naturelle dans les jours à venir car nos marabouts et nous sommes entrain de la maudire et tous ses complices. Ke Dieu fasse la lumière sur toute cette affaire, kil paye tout le monde par sa volonté. K'Allah benisse le Mali.
balafasseké
balafasseké 14 ans
Maliens de partout! M. Zink est un griot dans la bouche duquel l'Union Européenne mâche son piment! Il parle d'autonomie et que fait-on de la décentralisation encours au Mali depuis 1999. C'est l'un des pays les plus décentralisé de l'Afrique: 761 Collectivités Territoriales ! Ce qui ne va pas sans problèmes d'ailleurs tellement c'est lourd pour "une jeune démocratie à l'occidentale". J'exhorte l'Union Européenne de continuer à appuyer ce processus, à défaut nous travaillerons avec d'autres amis du Mali sur ces questions. Je parle d'amis, même si entre états il n'y a que des questions d’intérêt et non d'"amitié". En tout cas, nous serons avec ceux qui ne veulent pas éclater notre pays pour des interêts égoistes. Tout le monde sait, tous les problèmes d'énergie que connaissent les pays occidentaux ces dernières années.La quête de nouvelles sources d'approvisionnement en pétrole et matières premières sont à la base de beaucoup de guerres dans le monde. Avec, la décentralisation en cours au Mali, malgré les problèmes que nous connaissons, on ne peut pas parler de plus d'autonomie! IL FAUT DONNER PLUS DE FORMATION ET D'INFORMATIONS A TOUS LES MALIENS ET ACCOMPAGNER CE PROCESSUS DE DECENTRALISATION. C'EST UNE DES PISTES LES PLUS SERIEUSES QUE NOUS AYONS POUR PACIFIER DURABLEMENT NOTRE PAYS. L'entité MALI, l'intégrité territoriale ne peut faire objet de débats. Les Touaregs sont des maliens ou ils ne sont pas maliens. Ceux qui sont maliens, peuvent venir revendiquer valablement leurs droits comme le peulh des confins de Nioro du Sahel ou le dogon de Sangha qui vit les mêmes misères ! PERSONNE NE ¨POURRA DIVISER LE MALI, PERSONNE ! Notre diversité est notre richesse, notre culture et notre foi sont les garants de l'UNICITE du MALI. QUE NOTRE VOLONTE COMMUNE BENIT DE LA GRACE DE DIEU PUISSENT AIDER NOTRE CHER MALI.
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