Projet de loi d'amnistie des putschistes du 22 mars à l'Hémicycle : De la grogne des députés à un rejet par la Cour constitutionnelle ?

14 Mai 2012 - 05:06
Mis à jour: 14 ans
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Prévu par l'Accord-cadre du 6 avril 2012, le projet de loi portant " amnistie générale au profit des membres du comité national pour le redressement de la démocratie et de la restauration de l'Etat (CNRDRE) et de leurs associé" va-t-il consacrer un régime juridique spécial d'impunité en faveur des putschistes et leurs complices civils? Ce texte, qui est devenu la priorité numéro un du Gouvernement, pendant que le Nord ne cesse de mourir sous les coups de boutoir assénés par des apatrides et autres Pakistanais avides de crimes les plus barbares suscite, depuis le vendredi 11 mai, de vives protestations chez les élus du peuple. De plus, il pourrait être rejeté par la Cour constitutionnelle pour vice de forme et non-conformité avec la Constitution. D’abord, le Gouvernement du Dr Cheick Modibo Diarra semble avoir beaucoup de choses à apprendre de la procédure législative. A peine avait-il introduit, par la lettre n° 00238 PM-CAB du 10 mai 2012, le projet de loi sur le bureau de l'Hémicycle que le Premier ministre, sur instruction de Kati, a demandé, hic ac nunc, qu'une plénière soit programmée pour le lendemain vendredi. Ce qui ne pouvait se faire sans que le document passe par le bureau de l'Assemblée puis par la conférence des présidents t la commission des lois. Selon nos informations, la journée du vendredi a été finalement mise à profit, presque au pas de charge pour réunir le bureau et la conférence des présidents autour du texte dont nous avons pu obtenir une copie. Ce projet de loi, initié par le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Malick Coulibaly, a été adopté, faut-il le rappeler, par le conseil des ministres du 9 mai 2012, le tout premier de l'équipe Cheick Modibo Diarra.  Au lieu que l'intitulé même du texte soit "Loi portant amnistie générale au profit des membres CNRDRE et de leurs associés", comme stipulé dans l'Accord-cadre du 6 avril signé entre le CNRDRE et le Médiateur de la CEDEAO, le Gouvernement préfère la formule "Loi portant amnistie des faits survenus lors de la mutinerie ayant abouti à la démission du président de la République". Par ailleurs, le texte élargit le champ d'application  de cette amnistie en énonçant qu'elle concerne les "infractions commises sur le territoire national du 21 mars au 12 avril 2012 en lien avec la mutinerie ayant abouti à la démission du président de la République… ". Le problème de "l'arsenal juridique" des putschistes est qu'ils ne veulent aucunement publier la liste des membres du CNRDRE et de leurs alliés. Pour quelle raison, les "sauveurs de la République" comme ils se présentent eux-mêmes, notamment à travers les interviews du capitaine Amadou Haya Sanogo, qui devraient donc être célébrés en héros, rechignent-ils à se faire connaître de la nation et du monde entier ? Or, juridiquement, il semble que ce ne sont pas des faits qui sont amnistiés mais des auteurs de ces faits. Là se trouve tout le casse-tête de nos auteurs  du coup d'Etat du 22 mars et leurs complices. L'article 1er du texte énonce ceci : "Les infractions ci-après citées, ainsi que leurs tentatives ou complicités, prévues et punies par les textes en vigueur, commises sur le territoire national du 21 mars au 12 avril en lien avec la mutinerie ayant abouti à la démission du président de la République sont amnistiés : mutinerie, atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat, atteinte à la sûreté extérieure de l'Etat, destruction d'édifices, opposition à l'autorité légitime, violence et voies de fait, embarras sur la voie publique, homicide volontaire, homicide involontaire, coups et blessures volontaires, blessures involontaires, enlèvement de personnes, arrestations illégales, séquestrations de personnes, dommage volontaire à la propriété mobilière et immobilière d'autrui, incendie volontaire, pillage, extorsion et dépossession frauduleuse, vol qualifié, vol, atteinte à la liberté du travail, atteintes aux biens publics ". Des élus que nous avons approchés sont catégoriques : ils ne sont pas disposés à voter un tel texte qui a la prétention d'effacer totalement les crimes constitués par le coup d'Etat du 22 mars et les actes crapuleux commis dans son sillage. A supposer que les députés, sous la pression de leurs partis pressés de sortir de la crise ambiante, adoptent le texte avec les vices de forme qu'il renferme, il pourrait faire l'objet d'un rejet de la Cour constitutionnelle dont la mission première est de veiller à ce que les lois soient conformes à la Constitution. En la matière, elle a fait preuve par le passé qu'elle ne s'enferre pas dans les considérations politiciennes, accordant la primauté au droit. Enfin, la Constitution du 25 février 1992 énonce clairement que tout coup d'Etat est un crime contre le peuple et, à ce titre, imprescriptible. Or, le retour à l'ordre constitutionnel normal a été proclamé le 1er avril puis signé dans l'Accord-cadre le 6 avril 2012. Un motif de fond pour que le juge constitutionnel rejette la loi d'amnistie qui ne manquera pas d'être soumise à son appréciation.   Bruno SEGBEDJI

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Commentaires (20)

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Abdoul
Abdoul 14 ans
Mes chères deputés elus de la Nation n accordez jamais une amnistie à ses bandes de fuiyards, les salauds ont pillé nos caisses et ne veulent pas aller au nord pour liberer nos frères. les vrais criminels sont a Kati.
Sankaratom
Sankaratom 14 ans
« Les infractions ci-après citées, ainsi que leurs tentatives ou complicités, prévues et punies par les textes en vigueur, commises sur le territoire national du 21 mars au 12 avril en lien avec la mutinerie ayant abouti à la démission du président de la République sont amnistiés : mutinerie, atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat, destruction d’édifices, opposition à l’autorité légitime, violence et voies de fait, embarras sur la voie publique, homicide volontaire, homicide involontaire, coups et blessures volontaires, blessures involontaires, enlèvement de personnes, arrestations illégales, séquestrations de personnes, dommage volontaire à la propriété mobilière et immobilière d’autrui, incendie volontaire, pillage, extorsion et dépossession frauduleuse, vol qualifié, vol, atteinte à la liberté du travail, atteintes aux biens publics « . TOUT CA? JAMAIS D'AMNISTIE OU DE PARDON SANS LA LIBERATION DU NORD AU PREALABLE. AUTANT IL EST *****URGENT**** POUR LES POPULATIONS DU NORD DE COMMENCER LA *****RESISTANCE(les militaires du CNRD+E ont abdique)****** CONTRE AQMI ET LES AUTRES CAFARDS, AUTANT IL EST IMPERIEUX QU’A BAMAKO , KATI ET « AU SUD », ON ENTAME LA **** »DESOBEISSANCE CIVILE »***** JUSQU’AU JOUR OU LA JUNTE NOUS LAISSERAIT RESPIRER. Tant que la population dans les villes (Bamako, Kati, Segou Sikasso ect…) ne fait pas pression sur les politiques et les militaires, CEUX-CI NE VONT PAS BOUGER. IL EST TEMPS QUE LA CEDEAO COMMENCE LES BOMBARDEMENTS AERIENS. IL NE FAUT PAS « DONNER AUX ANSAR DIENS, INDEPENDANTISTES DOMINES, AQMIENS ET AUTRES CAFARDS DE SE FECONDER INVITRO’LEMENT » ET DE S’INSTALLER. « HONTE AUX MILITAIRES QUI SE CACHENT A BAMAKO, KATI, KOULIKORO… ALORS QUE LES 2/3 DE LEUR PAYS SONT OCCUPES. A BAS LE MILITAIRES CITADINS »
fondo
fondo 14 ans
Jamais, une loi d'aministie pour des vagabons qui ne savent qu'à s'en prendre à des civils innocents et qui ont osé abandonner l'armémant aux mains des rebelles , qui a été achété par les pauvres contribuables maliens.
deteba
deteba 14 ans
deputés mal élus on vous connait tous pardon laissez les gens tranquille .SANOGHO va dissoudre l'assemblée vous allez vous taire. A N caisse de raisonance dATT votre attitude ne supprends personne au Mali sauf ce journalite mercenaire .
cephas
cephas 14 ans
C'est incroyable! Ne savez-vous pas que ce n'est plus seulement la constitution qui gère al crise actuelle? C'est la constitution et l'accord-cadre CNRDRE-CEDEAO. De toutes les députés n'ont aucune possibilités de refuser de valider ce document d'amnistie. Ils n'ont pas le choix. Mais pauvre journaliste que vous êtes, rassurez-vous, vos écrits se leveront contre vous.
Visionnaire
Visionnaire 14 ans
Cephas, les deputés sont les elus de la nation et font leur travail en conformité avec la constitution du Mali, or dans la constitution il n'est pas prevu une amnestie pour des crimes de coup d'état, si l'accord cadre prevoit l'amnestie , il reste à l'assemblée de l'approuver à la mojorité. Le mali qui a signé des traités avec la CPI se mefie beaucoup de cette institution donc pas question ce projet soit voté à la hate comme tu pretends.
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