Transition malienne : Risques d’un conflit de prérogatives

01 Juin 2012 - 02:25
Mis à jour: 14 ans
57
En passant du statut de président par intérim à celui de président de la transition, Dioncounda Traoré est désormais celui qui « doit naturellement gérer la transition » selon le président en exercice de l'Union africaine, Thomas Boni Yayi. Cet ordre institutionnel risque de se heurter au refus du Premier ministre, Dr. Cheick Modibo Diarra, qui s’accrochant à « ses pleins pouvoirs » édictés par l’accord-cadre signé le 6 avril entre la Cédéao et la junte, ne voudrait pas prendre ses ordres à Koulouba. Les risques d’une cohabitation difficile sont bien réels.   [caption id="attachment_64296" align="aligncenter" width="610" caption="Dioncounda Traoré et Cheick Modibo Diarra"][/caption] Depuis le 22 mai, notre pays a amorcé une phase politique non prévue par la Constitution : il s’agit de la transition, après les 40 jours de la présidence intérimaire de Pr. Dioncounda Traoré. Les tractations entre les putschistes et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont abouti le dimanche 20 mai 2012 à la reconduction du président intérimaire, Pr. Dioncounda Traoré pour une transition d’un an au cours de laquelle il doit unifier le pays et organiser des élections libres, transparentes et crédibles auxquelles il ne participera pas. Donc, il n’est plus un président intérimaire aux pouvoirs réduits comme cela est stipulé par la Constitution et stigmatisé par l’accord-cadre signé le 6 avril entre la Cédéao et la junte, qui a requis la nomination d’un Premier ministre nanti de « pleins pouvoirs ». Promu à la Primature, Cheick Modibo Diarra semble donner la valeur d’un traité international à cet accord et qui se trouve supérieur à notre Constitution. Cheick Modibo Diarra, qui doit sa nomination au CNRDRE et au médiateur de la Cédéao, Blaise Compaoré, accorderait trop de valeur à ses « pleins pouvoirs » et aurait déjà prévenu qu’il n’accepterait pas d’être entravé dans sa mission ni par l’Assemblée nationale, ni par le président de la République. C’est ainsi qu’il aurait confié à une personnalité du pays que si l’Assemblée nationale rejette un de ses projets de loi, il utiliserait une ordonnance pour la contourner. Cette menace est totalement ignorée par le FDR dont certains leaders ont tenu à expliquer  lors d’une conférence-débat que « les pleins pouvoirs renvoient aux pouvoirs d’un Premier ministre en temps normal d’autant plus que pendant la période de l’intérim, le Premier ministre est réduit à évacuer les affaires courantes ». Le temps de l’intérim étant fini, Dioncounda devrait jouir de tous les pouvoirs d’un président de la République, c'est-à-dire toutes les prérogatives d’un chef d’Etat digne de ce nom. Ce qui devrait donc amener Cheick Modibo Diarra à se plier à ses ordres, soutient-on du côté de l’Adéma/PASJ. Cette présentation des relations entre les deux personnalités est partagée par l’Union africaine dont le président en exercice, Thomas Boni Yayi, souligne que « le président de transition, Dioncounda Traoré, est le président qui doit naturellement gérer la transition pour une durée d’un an comme cela a été décidé et le Premier ministre doit pouvoir s’en tenir à ses fonctions constitutionnelles ». Mais, la communauté internationale devra convaincre le PM d’accepter cet état de fait, car les conflits de compétence entre les deux autorités ont déjà commencé. Selon des sources concordantes, lors de la formation du gouvernement, quand Dioncounda Traoré a pris son temps avant de signer le décret de nomination, le PM a menacé de le signer  lui-même. De tels accrochages risquent de se répéter dans l’avenir avec un Cheick Modibo Diarra, qui veut avoir son autonomie vis-à-vis de toutes les institutions, même la présidence de la République. Abdoulaye Diakité  

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (57)

User
Bamakèba
Bamakèba 14 ans
Maliweb me doit des sous. J'ai passé des heures ce matin à essayer de faire un commentaire ( pas terrible je reconnais ). Ces garde fous de Maliweb l'ont refusé...!
moussa ag
moussa ag 14 ans
:lol: :lol: :lol: :lol: :lol: Nous serions tous riches si ca se passait comme ca.... :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: Puisque tu es en France...je vais demander au frere Atlante de passer ton message aux gars de Maliweb.... :lol: :lol: :lol: :lol: Appele moi TROUILLARDS...mais moi je ne veux plus etre censure donc je ne suis pas pret a passer ton message.... :lol: :lol: :lol: :lol: Moussa Ag, qui apprecie l'experience de Bamakeba mais admet que Maliweb fait de son mieux pour que les discussions ne deborde pas...VIVE MALIWEB....OK, n'oublier pas que tout flatteur vit au depend de celui qui l'ecoute...Moussa Ag vous flatte...donc il s'attend a un peu de liberter de son cote :lol: :lol: :lol: :lol:
binton fanga
binton fanga 14 ans
mon conseill est a tout les Malien ilfaut que les savoir leur interes ansamble de ne pas suivre quelque qiu a veciu tout sa vi exterieur que on les connai pa sino le mali va deveni comme Libeiia le PM et Charler Tailor. Tailor mem est mier plus le P.M pars que il avai travailler au gouvernema avant apre lomgt anner il vien isoler la liberia comme le mali va devenir
Mass
Mass 14 ans
Il faut redéfinir l'accord cédéao - junte militaire. Cet accord est caduque du moment que le statut d'ancien chef d'état est accordé et accepter par le capitaine Sanogo. Que veux dire ce statut? Se mettre en retraite, alors que, le capitaine est en exercice dans sa république de kati. Un accord bancale sans sens, ambigu et dévastateur pour la stabilité du pays. Comment la cédéao a pu rendre un si mauvais service au Mali? A mon avis, si D.Traoré souhaite faire sa transition dans la sérénité et la quiétude, il doit renégocier cet accord avec la cédéao pour avoir les pleins pouvoirs, désigner son premier ministre et former un gouvernement d'union nationale composée des membres de tous les partis politiques, des corps intermédiaires et de la société civile. Au risque de déplaire à la cédéao et de provoquer un clache.
Mass
Mass 14 ans
Dans quel monde nous vivons?-Au pays des bisou-ours! Le Mali n'est pas une monarchie constitutionnelle mais,une République semi présidentiel. Mr.A.Diakité, ici, n'a dit que le droit constitutionnel. Aimer son pays, c'est aussi dire la vérité. Est ce vous avez conscience de l'imbroglio juridique dans lequel la cédéao nous a mis, en nous concoctant un exécutif à trois têtes: un président honorifique sans pouvoir(le roi),un premier ministre disposant des pleins pouvoirs et le chef de la junte,qu'on nous dit ex-chef d'état qui a tous les leviers du pouvoir sans lequel aucune décision n'est prise? Nous ne sommes plus en période d'intérim des 40 jours mais, en période de transition d'un an. Donc, tout le pouvoir présidentiel revient de droit au président D.Traoré. C'est la triste vérité n'en déplaise aux esprits partisans.Même en cohabitation le président préside.
Mass
Mass 14 ans
Dans quel monde nous vivons?-Au pays des bisou-ours!Le mali a une constitution de type présidentiel et non monarchique.Chers internautes, Mr.A.Diakité, ici, n'a dit que le droit.Aimer son pays, c'est aussi dire la vérité qui lui permet de sortir de l'imbroglio juridique dans lequel la cédéao a enfoncé le pays, en nous concoctant un exécutif à trois têtes: un président honorifique(le roi),le premier ministre à pleins pouvoirs et le chef de la junte,capitaine Sanogo,le chef suprême sans lequel aucune décision n'est prise.Nous ne sommes plus en période d'intérim des 40 jours, mais en période de transition d'un an. Donc, le pouvoir, tout le pouvoir,rien que le pouvoir revient de droit au président D.Traoré. C'est la triste vérité n'en plaise aux esprits partisans.
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (138)
  • Nfp (61)
  • Kankan (40)
  • Citoyen du monde (36)
  • Sylla (22)