Droits de l'enfance et conflits armés : L'AES dénonce à la tribune de l'ONU

À l'occasion de la présentation du rapport du Secrétaire Général de l'ONU sur les enfants et les conflits armés au Conseil de Sécurité, la Confédération des États du Sahel (AES) a porté une parole unifiée.

29 Juin 2026 - 02:10
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Droits de l'enfance et conflits armés : L'AES dénonce à la tribune de l'ONU

Par la voix de Saïdou Zongo, Ambassadeur Représentant Permanent du Burkina Faso, l’alliance a réaffirmé l'engagement du Burkina Faso, du Mali et du Niger pour la protection de la jeunesse, tout en dénonçant les grilles d'analyse internationales face à la menace terroriste.

Devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies, Saïdou Zongo s'est exprimé au nom de la Confédération des États du Sahel (AES) lors du débat public consacré au sort des enfants en temps de conflit armé. Le diplomate a souligné que pour l’AES, la protection de l'enfance constitue un impératif moral absolu inscrit au cœur des politiques nationales de refondation et des valeurs de civilisation de la région.

La Confédération a rappelé que la vulnérabilité des enfants dans l'espace sahélien découle directement d’une agression terroriste asymétrique menée par des groupes criminels tels que le JNIM et l’EIGS. Ces mouvements ont érigé l’instrumentalisation des mineurs en stratégie de guerre à travers le recrutement forcé, l'endoctrinement idéologique et l'utilisation d'enfants comme boucliers humains.

La déclaration a également fustigé les attaques délibérées contre le système éducatif, notamment l'incendie d'écoles, les menaces contre les enseignants et l'usage d'engins explosifs improvisés (EEI). Face à ces pratiques, les forces de défense et de sécurité de la Force Unifiée de l'AES interviennent pour libérer les mineurs, les traitant systématiquement comme des victimes de la barbarie terroriste conformément au droit international humanitaire.

Pour faire face à cette crise, l'AES met en œuvre une stratégie intégrée associant la réponse militaire à des politiques de reconstruction sociale financées sur ressources propres. Des milliers d'écoles ont été sécurisées et réouvertes, tandis que des mécanismes d'éducation d'urgence (radio et plateformes numériques) ont été déployés en faveur des enfants déplacés internes.

Sur le plan juridique, les États membres ont renforcé leurs cadres internes pour interdire l'utilisation des écoles à des fins militaires et criminaliser l'enrôlement des mineurs. De plus, les processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) ont été nationalisés afin de privilégier une prise en charge psychosociale et une réintégration communautaire adaptées aux réalités culturelles locales.

Exigence d'objectivité et de respect de la souveraineté

Le représentant de la Confédération a exprimé de vives réserves quant aux conclusions et à la méthodologie du rapport du Secrétaire Général. L'AES dénonce un déséquilibre dans la collecte des données, regrettant que certains mécanismes de surveillance tendent à mettre sur un même pied d'égalité les armées nationales régulières et les groupes terroristes non étatiques.

Appelant les services de l'ONU à une objectivité totale, le diplomate a demandé que cesse l'instrumentalisation politique de la thématique des droits de l'homme. La déclaration stipule que les rapports officiels doivent reconnaître les efforts fournis par les gouvernements sahéliens, en dépit des embargos de fait et des restrictions financières imposées par certains partenaires. Selon l'AES, la protection réelle des enfants passe par le soutien à la souveraineté des États et l'éradication des causes profondes de l'insécurité.

En conclusion, la Confédération des États du Sahel a réitéré sa volonté de poursuivre sa coopération avec les Nations Unies, et singulièrement avec le Bureau du Représentant Spécial pour les enfants et les conflits armés. Toutefois, cette collaboration reste strictement conditionnée au respect de la souveraineté nationale, de l'intégrité territoriale et à l'absence d'ingérence dans les choix stratégiques des États membres.

L'alliance a réaffirmé sa détermination à bâtir un espace de paix et de prospérité, garantissant que la jeunesse du Burkina Faso, du Mali et du Niger ne sera pas sacrifiée au nom d'ambitions géopolitiques étrangères.

La Rédaction