Dans une interview qu’a bien voulu nous accorder M. Fall, Secrétaire général du syndicat de la BDM SA et non moins chargé de l’organisation de la section IV Adéma PASJ, deux volets ont été abordés. D’abord du syndicalisme avec les déboires que connaît aujourd’hui l’UNTM dont ils ne se reconnaissent plus ; ensuite la politique avec à son entendement une retrouvaille de la grande famille Adéma sans occulter une conscientisation des acteurs démocratiques à se retrouver pour la réhabilitation de la chose politique.
Balé : L’UNTM vient de boucler son 11ème congrès dans la disparité totale. Quelle est la position de la BDM SA ?
M. Fall : Merci beaucoup de m’avoir permis de m’exprimer à travers vos colonnes. Notre position est très claire, car l’on a tenté de nouer des contacts avec certains de nos collègues que nous avions senti moins organisés. Nous avons donc décidé de rester à la maison étant en harmonie avec notre direction et le personnel. Pour le moment, nous ne sommes avec aucun regroupement mais celui qui va dégager des intérêts nous concernant, nous irons avec lui.
Balé : Est-ce cela veut dire que la BDM-SA ne fait plus partie de l’UNTM ?
M. Fall : Pour le moment la BDM SA ne fait pas partie de l’UNTM, ni d’un quelconque regroupement. Nous sommes là et nous attendons.
Balé : Un appel aux syndicalistes ?
M. Fall : Mon appel est un appel de conscientisation pour une autre politique de lutte syndicale pour le personnel, pour l’ensemble des travailleurs. Parce que le syndicat perd de plus en plus son crédit à cause de la défense des intérêts personnels, individuels foulant au pied les intérêts des travailleurs. Je préfère la formation de nouveaux ensembles capables de mieux défendre les intérêts des travailleurs et nous nous évertuons actuellement dans ce sens.
Balé : A quelques mois des élections, la situation politique a pris une nouvelle tournure surtout avec le Manifeste et les sorties brusquées du RPM. Membre de l’Adéma, quelle est votre position ?
M. Fall : Je suis de l’avis de ceux qui pensent que la chose politique est bafouée. Parce qu’en tant que secrétaire général chargé de l’organisation de la section IV, de la sous section d’Hamdallaye et membre du Comité de Réflexion au sein de l’Adéma, je peux vous dire que notre parti se porte bien. D’autant plus que nous demeurons la première force politique de ce pays, bien que nous soyons malmenés par certaines choses. Alors, ce qui se passe sur la scène politique ne nous concerne pas en tant qu’hommes politiques. Parce que c’est loin d’être de la politique, d’où notre écartement.
Balé : Des voix s’élèvent de plus en plus pour clamer une retrouvaille de la grande famille Adéma (ADEMA-RPM-URD), pensez-vous que c’est possible encore ?
M. Fall : Oui, je dirais sans murmure. Je suis persuadé que cette retrouvaille reste de mise car dans un pays démocratique, républicain, la chose politique appartient aux hommes politiques. Donc, les grands ensembles politiques sont incontournables. Alors, l’URD, le RPM et l’Adéma restent condamnés à se retrouver. Cela va de l’avenir politique, de la survie politique de notre pays. Contrairement à toute velléité, je pense que ces partis constituent le socle politique qui doit défendre notre démocratie. J’affirme que nous sommes déjà dans cette logique car il y a des concertations. Nous attendons tout simplement d’affiner, de terminer.
Balé : Etes-vous d’accord avec le Manifeste qui dénonce la gestion du pays ?
M. Fall : Je suis d’accord avec eux car ils disent plus haut ce que les gens pensent bas, c’est la réflexion de l’opinion nationale dans sa majorité. D’ailleurs je me suis fait inscrire.
Balé : Pourtant ATT reste apprécié car l’on souligne que c’est la trahison au sein de l’Adéma qui l’a porté au pouvoir. Alors, qu’en dites-vous ?
M. Fall : Oui c’est la trahison à l’Adéma. L’avènement d’ATT, je n’arrive même pas à l’expliquer parce que tout le monde exprime qu’il aura un 2ème mandat mais personne n’arrive à dire pourquoi, comment. Donc, il n’y a pas d’arguments solides pour le dire à part les maisons à usage d’habitation ou logements sociaux qui ne sont pourtant pas gratuits. Je pense que même s’il y a eu la trahison, il est opportun, nécessaire aujourd’hui que des démocrates se retrouvent pour corriger les erreurs commises. Car, j’estime que le salut du Mali, de sa démocratie s’y trouve. En un mot que le Mouvement démocratique se retrouve pour la bonne marche de notre démocratie bien que le combat démocratique soit la raison d’être des partis politiques. Alors que l’on se retrouve pour mettre fin au règne d’un indépendant qui ne fait que détruire la chose politique à son seul profit. Pour cela, j’interpelle tous les démocrates de se retrouver pour la survie de la démocratie, pour que le 26 mars ne soit pas un vain mot.
Balé : Votre dernier mot ?
M. Fall : Je l’adresse à vous hommes de média, de vous atteler à faire parler, réagir les gens comme moi qui ont beaucoup de choses à dire car les gens sont sidérés, déçus. C’est un vrai ras-le-bol.
B. DABO