AN I DU PARTI CITOYEN POUR LE RENOUVEAU : Le président du PCR ironise le Mouvement citoyen

Le Parti citoyen pour le renouveau (PCR), dernier né des formations politiques, a soufflé sur sa première bougie lors de sa première conférence de ses cadres samedi au Centre international de conférence de Bamako...

14 Août 2006 - 16:30
14 Août 2006 - 16:30
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Le Parti citoyen pour le renouveau (PCR), dernier né des formations politiques, a soufflé sur sa première bougie lors de sa première conférence de ses cadres samedi au Centre international de conférence de Bamako. Son président, Ousmane Ben Fana Traoré, du haut de cette tribune a tenu à dire certaines vérités au Mouvement citoyen dont il est une dissidence.

 

Pour célébrer son 1er anniversaire, le PCR n’a pas lésiné sur les moyens : gigantesque mobilisation des jeunes et des femmes, troupe folklorique, Ensemble instrumental, fanfare nationale… bref, la grande salle du CICB vibrait au rythme de l’Etoile blanche sur fond bleu et rouge (emblème du parti).

L’un des temps forts de cette commémoration a été sans doute le discours très attendu du président du parti. Ousmane Ben Fana Traoré est revenu sur l’historique de la création du PCR, sorti des entrailles du Mouvement citoyen. « Notre parti, dira-t-il, est né dans des conditions que vous connaissez. Pour la petite histoire, nous avions le choix entre l’urgence objective et l’impatience subjective. Au PCR, nous avons choisi de convaincre et non de contraindre ».

« Aujourd’hui, a ajouté le jeune président, nous ne regrettons rien ».

Car, à l’en croire, si les forces associatives étaient des instruments adéquats pour assumer la gestion politique d’un Etat, la conférence nationale souveraine aurait entériné définitivement le CTSP à travers le Cnid et l’Adéma association, la JLD, l’Adide, l’AJDP, l’AMDH, l’UNTM, l’AEEM. Pour lui, la création du PCR reposait sur la certitude qu’au lieu de « nous confiner dans une forme associative, problématique et gênante, nous avons intérêt à inscrire notre action innovante dans la durée et la légalité. En nous engageant au PCR, nous n’avons pas mis seulement notre avenir en jeu, mais également note passé ».

Le président du parti a invité les militants du MC qui veulent faire de la politique à rejoindre le PCR car, a-t-il averti, aujourd’hui le bon sens doit l’emporter sur les passions et une cohérence des actions s’impose. « C’est de la grandeur pour un homme politique d’accepter que ses propres actions le transcendent et d’accepter d’être un serviteur de son pays », Ousmane Ben Fana Traoré dixit.

 

Me Hassane Barry contre la politique

L’un des acquis majeurs du parti est son implantation dans toutes les régions du pays qui étaient d’ailleurs toutes représentées à ce 1er anniversaire.

Si M. Traoré n’a pas daigné se prononcer sur la gestion actuelle du pays et la signature de l’accord d’Alger, des partis amis qui se sont succédé à la tribune, l’Adéma, le Bdia, le PIDP, le RPM, le Cnid, l’UDD, le Bara, l’UMP ont effleuré ces sujets. Ce sont surtout les interventions des représentants du RPM et de l’UDD qui ont marqué les esprits à cause de leurs divergences de vue.

« Nous avons les mêmes ambitions pour le Mali et nous avons obligation de dire la vérité au président de la République quand les autres l’applaudissent devant et lui cassent le sucre dans le dos, d’où notre déclaration sur l’accord d’Alger. Ce qui ne veut nullement pas dire que nous sommes contre quelqu’un. Méfions-nous de ceux qui veulent présenter le RPM comme l'ennemi du président ATT ! » a expliqué la 1re vice-présidente du RPM, Mme Rokiatou Ndiaye.

Me Hassane Barry, le président de l’UDD, après avoir rappelé l’objectif commun de son parti et du PCR ; à savoir le soutien à ATT à la présidentielle de 2007, a lancé des piques aux politiques. « Il faut que nous arrêtions notre cinéma. Le Mali n’a pas besoin de plus de cent partis politiques aujourd’hui. Les Maliens ne sont pas rassurés et c’est la faute aux hommes politiques ».

Sur l’accord d’Alger, il a demandé aux partis politiques de jouer balle à terre. « Ne nous fragilisons pas inutilement ! Ce n’est qu’un simple accord pour parvenir à la paix. Où est le problème jusqu’à ce que la classe politique se divise ainsi ? », s’est-il interrogé.

Les représentants du Mouvement citoyen ont manifesté leur désir de collaborer avec toutes les formations politiques qui partagent leur vision et leur souci : la réélection au 1er tour du président Amadou Toumani Touré en 2007.

La célébration de cet anniversaire a pris fin avec la 1re conférence des cadres qui avait pour thème : l’option libérale est-elle un modèle pour les pays les moins avancés ?

Sidiki Y. Dembélé

 

Le PCR : parti du « couper-décaler » ?

Selon Ousmane Ben Fana Traoré, le PCR ambitionne de faire la politique autrement. Est-ce avec le couper décaler ? C’est la question que l’on se pose. Dans son discours samedi, le président a invité les jeunes à cesser d’être de simples spectateurs d’un monde en mutation. La jeunesse, a-t-il dit, ne doit pas être condamnée à fuir le Mali pour l’extérieur. Au PCR, a affirmé le président, nous disons : ce que jeunesse veut en politique, Dieu le veut !  Donc, nous devons couper et décaler la politique vers nous avec un fouka-fouka extraordinaire.

S. Y. D.