Lancement du parti présidentiel : Le PDES montre déjà ses muscles

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Un bureau exécutif national de 127 membres dirigé par le ministre Ahmed Diane Séméga, président du Comité exécutif national du Mouvement citoyen parmi lesquels sept ministres de la République, trois anciens ministres, huit députés, quatre anciens députés, neuf membres du Secteur privé dont trois présidents des Chambres consulaires du Mali (Jeamille Bittar qui occupe le poste de 1er vice-président, Bakary Togola de l’APCAM, 4e vice-président et Mamadou Minkoro Traoré de l’APCM au poste de secrétaire national chargé des arts, du tourisme et de l’artisanat) ; quatre maires (les maires de Ségou, Gao, Goundam et Mopti) ; six membres du Cabinet présidentiel dont Seydou Cissouma de la Cellule Communication et Seydou Traoré, le DAF de la présidence de la République ; des Conseillers techniques, des chargés de mission, des directeurs nationaux ainsi que des directeurs nationaux adjoints et trois avocats.  A ceux-là, il faut ajouter les présidents d’honneur avec en tête l’ancien ministre de l’Energie, de l’Eau et des Mines, Ahmed Sow et des Commissions de travail dirigées pour la plupart par des ministres de la République et des grands commis de l’Etat.

Ce dernier né des partis politiques maliens a encore une autre particularité : sa marraine n’est autre que la première dame du Mali, l’épouse du président Amadou Toumani Touré à savoir Mme Touré Lobbo Traoré.

Telle est la carte d’identité du parti pour le Développement Economique et la Solidarité (PDES) dont le lancement a eu lieu hier matin au CCIB de Bamako. Une cérémonie qui a drainé un monde fou. Contrairement à tout ce qu’on a l’habitude de voir au Mali lors des grands rendez-vous politiques, le baptême de feu du PDES restera à jamais gravé dans les annales politiques du Mali. Ce concert dont parlait IBK lors du meeting du RPM au Terrain Chaba Sangaré de la Commune IV à l’occasion du 9e anniversaire du RPM a bel et bien eu lieu. A la différence que ce sont les grands commis de l’administration malienne, les opérateurs économiques et tous ceux qui sont soucieux de préserver leurs intérêts ou leurs postes qui avaient décidé pour une fois de prendre la place aux jeunes et femmes qui nous ont tant habitué au folklore. Des gens qui ont toujours été considérés comme du bétail électoral. Sans risque de se tromper, on peut donc affirmer que le samedi, 17 juillet 2010 a été le grand bal des opportunistes de la République. Les absents avaient tord car la Sécurité d’Etat (SE), faisait circuler une liste de présence dans la salle. Est-ce pour cette raison que la haute classe a tenu à être de la fête ou simplement par conviction politique ? Toujours est-il que le m’as-tu-tu était de mise : paraître le plus beau tout en ayant un sourire forcé.

Mais le seul hic peut être la seule fausse note de ce scénario préparé à l’avance est l’absence remarquée du Premier ministre Modibo Sidibé. Où diantre était passé notre chef du gouvernement et non moins probable candidat aux élections présidentielles de 2012 pour la succession de son mentor, le président ATT ? Ne disait-on pas d’ailleurs dans les couloirs que ce nouveau parti présidentiel sera créé pour lui servir d’instrument de conquête du pouvoir en 2012 ? Ce qui est sûr et certain, le Premier ministre Modibo Sidibé ne doit pas être sur la même longueur d’onde que les animateurs du PDES.

Pourquoi Ben Fana Traoré, le patron du PCR et Djibril Tangara, tous deux pourtant proches du président ATT qui ont eu la maladresse de créer un peut trop vite des partis politiques, n’étaient pas à cette cérémonie de lancement de ce grand machin supposé être le patrimoine commun de tous ceux qui se réclament de ATT ? Est-ce à dire que l’Union sacrée tant demandée n’a pas pu être réalisée ? Où étaient passés aussi les Dioncounda Traoré, les Younoussi Touré et les autres leaders charismatiques de l’ADP, l’Alliance qui a soutenu la candidature de ATT en 2007 et dont les membres se sont toujours battus bec et ongles pour défendre le PDES ? C’est vrai qu’à la cérémonie, l’Adéma était représenté par l’honorable député Assarid Imbarcawane, Soumeylou Boubèye Maïga et le ministre Sékou Diakité. Quant à l’URD, le vice-président Abdoulaye Koïta était présent. Mais peut-on se contenter d’un tel degré de représentativité à une cérémonie organisée par un partenaire politique privilégié. Seuls Me Mountaga Tall (qui est d’ailleurs sorti de la salle avant la fin de la cérémonie), Choguel Kokala Maïga, Younouss Hamèye Dicko et Abdoulaye Amadou Sy de M-Plus Ramata ont fait honneur de leur rang.

Quant aux leaders de l’opposition malienne (IBK, Tiébilé Dramé, Oumar Mariko entre autres), ils n’ont pas aussi daigné prendre part à cette cérémonie. Le Parena était représenté par Djiguiba Kéïta dit PPR et Moussa Balla Diakité, le tout nouveau Consul du Mali au Cameroun. Le RPM s’est fait représenter par l’ancien ministre Nancoma Kéïta. Peut-on dire alors que la classe politique malienne voit d’un mauvais œil l’arrivée de cet enfant adultérin ? Elle a en tout cas boudé son baptême.

Des absences superbement ignorées par ces dizaines de milliers de personnes qui ont voulu être témoins de cet événement historique.

Ahmed Diane Séméga lance un appel à tous les partis

Selon le président du PDES, chacun d’entre nous ressentait de plus en plus la pertinence et la nécessité de ce parti.

«Que de débats, que d’échanges, que de concertations engagés pour aboutir au choix de créer un parti politique, pour aller au-delà des formules d’organisations associatives certes efficaces, mais manifestement inaptes à pérenniser et à structurer efficacement le puissant mouvement de sympathie et de soutien né autour de la candidature du Général Amadou Toumani Touré et autour de l’action salvatrice de construction qu’il mène à la tête du Mali depuis 2002»,  fera-t-il savoir.

Selon lui, le PDES s’inscrit dans la droite ligne de la poursuite de la mission du Mouvement citoyen à savoir soutenir, amplifier, consolider et pérenniser la vision politique de ATT.

Parlant de l’opportunité de création d’un parti politique, Séméga dira qu’à leurs yeux «c’est maintenant plus que jamais que nous devons donner plus de visibilité et de cohérence à notre soutien au président de la République pour lui permettre de dérouler avec sérénité les étapes décisives du Projet pour le Développement Economique et Social». Et d’expliquer qu’en décidant de porter le PDES sur les fonts baptismaux, ils poursuivent un double objectif : préserver les acquis obtenus de haute lutte par le peuple malien sous la direction éclairée du président ATT et œuvrer à pérenniser dans l’intérêt des générations futures les idéaux et valeurs qui fondent la vision politique de cet homme d’exception.

Ahmed Diane Séméga tiendra à faire savoir que «l’action structurante de ATT qui a fixé le cap ne se focalise pas sur des échéances électorales aussi importantes soient-elles». Selon lui, le PDES a pour ambition de fédérer en ce moment crucial toutes les synergies d’actions autour du Projet pour le Développement Economique et Social, ce programme politique novateur qui transforme le visage du Mali.

«Préserver les acquis, c’est pour nous soutenir le gouvernement afin qu’il maintienne le cap des politiques publiques menées dans le cadre de l’accès à l’électricité, à l’eau potable, aux soins de santé, aux services sociaux de base, à l’éducation surtout au logement pour tous les maliens, etc.».

L’autre objectif du PDES, dira-t-il, c’est la pérennisation des idéaux et valeurs politiques du président ATT, pour l’avenir de notre pays et pour en faire un référentiel en matière de gouvernance démocratique. Selon Ahmed Diane Séméga, le PDES est l’instrument idoine pour continuer à rassembler et à agir autour de ces valeurs et idéaux qui ont pour noms solidarité, équité, proximité avec les citoyens, choix de l’action concrète, volontarisme pour surmonter les épreuves, humanisme, tolérance et ouverture d’esprit.

Pour le président du PDES, l’émiettement des forces politiques contribue dangereusement à affaiblir la démocratie, à discréditer le jeu politique et à porter atteinte à la capacité de proposition et d’action des partis. Par conséquent, il tiendra à lancer un appel fraternel à tous les partis politiques de la place, à initier avec eux toute forme de partenariat mutuellement avantageux, et pourquoi pas à envisager avec eux toute forme d’union organique ou d’action.

Cet appel sera sûrement entendu surtout pour un parti qui est au pouvoir et réclame déjà 800 élus locaux, près de 20 députés entre autres. Le PDES montre donc ses muscles en prouvant ce qu’il vaut concrètement sur le terrain.

Birama Fall

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