Amadou Traoré dit Amadou Djicoroni: «On a l’impression qu’à Bamako, il n’y a que la civilisation du loisir et du plaisir, alors que le pays est en guerre»

28 Mai 2012 - 15:00
Mis à jour: 14 ans
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[caption id="attachment_69542" align="alignleft" width="350" caption="Amadou Djicoroni"][/caption] C’est, du moins, ce qu’a déclaré Amadou Djicoroni, ancien compagnon de lutte de feu Modibo Kéita, père de l’indépendance malienne. C’était vendredi dernier, au cours d’une conférence- débat,  organisée dans le cadre de la célébration du premier anniversaire de la création de la Convention nationale pour une Afrique Solidaire CNAS- Faso-Hèrè. 25 mai 2011- 25 mai 2012, la CNAS –Faso- Hère a un an. Ce premier anniversaire a été célébré, sans tambour ni trompette, par les militants, sympathisants et amis du parti. Il en a été décidé ainsi par les leaders du parti, compte tenu de la situation qui prévaut dans les régions nord du pays occupées, depuis trois mois, par des bandits armés. La célébration de cet anniversaire a été marquée par une conférence-débat sur l’origine et la portée de la rébellion au Mali. Une conférence animée par Amadou Seydou Traoré, dit Amadou Djicoroni. Au cours de cette conférence, M.Traoré a rompu le silence en acceptant de débattre, pour la première fois, de la  crise qui prévaut, actuellement au nord du Mali. Il a rappelé ce qu’il considère comme étant la vraie cause de la rébellion actuelle. Avant de proposer des pistes de sortie de crise. Selon lui, l’actuelle rébellion a un caractère économique. Le sous-sol malien regorge des richesses convoitées avant l’accession du pays à l’indépendance. La preuve de cette convoitise est la loi créant l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS). Une loi qui revendiquait, depuis 1957, la mise sous tutelle, par la France, de la zone occupée par les rebelles. Il a rappelé qu’un ministre français Max Lejeune, avait laissé entendre au cours de l’inauguration d’un pipeline  en Algérie que «dans quelques années, la France aidée par des concours extérieurs arrivera à obtenir son ravitaillement en carburant et deviendra, après les USA et l’URSS, la 3è puissance énergétique du monde». Allusion était faite, selon le conférencier, au pétrole que regorge le Sahara. Au nord du Mali, ajoute- t-il, il y a des indices sérieux concernant le pétrole. Mais aussi concernant toutes sortes de minerais. Face à cette situation, le conférencier dira que ce n’est pas seulement avec les armes  que sera résolue la guerre que nous subissons. Le Mali doit miser sur la diplomatie. Pour lui, l’Algérie doit payer «sa dette» envers le Mali. Un pays que le mali a aidé à libérer des mains de la France en 1957. Pendant cette guerre de libération, le Mali servait de base arrière pour l’Algérie. Et l’actuelle président de l’Algérie Abdel Aziz Bouteflika, s’était réfugié à Gao et s’appelait Mohamed El Mali. Amadou Djicoroni a indiqué que l’Algérie ne peut pas refuser de prêter main forte au Mali. Mais c’est aux autorités maliennes d’explorer cette piste. « Le doyen » a aussi fait savoir que le Mali ne peut ignorer ni la CEDEAO, ni l’Union Africaine, mais l’essentiel doit venir de lui. Pour ce faire, il est de l’avis de ceux qui pensent qu’une réunion de toutes les sensibilités du pays est nécessaire pour se parler, franchement. «Des décisions doivent être prises à l’urgence avec toutes les sensibilités du pays», propose-t-il. Les organes de la transition doivent s’attaquer à trois défis : la gestion de la crise au nord et des problèmes de sécurité dans tout le pays, la réorganisation et l’assainissement de l’Etat et l’organisation des élections. Cela passe, selon le conférencier, par la restructuration de l’armée, le rétablissement de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale, le retour des réfugiés et la sécurité alimentaire Les médias doivent revoir leurs programmes Il est temps, selon le « doyen », que le peuple malien sente que le pays souffre.  Par ces temps qui courent, on doit imposer à chaque Malien le goût de l’abstinence, de la souffrance, de l’humilité. Il faut, pour ce faire, arrêter les émissions festives à la télé, avec des distributions d’argent. Notamment, des émissions Top Etoiles, Grand Sumu, Samedi Loisir, etc. La communication, selon le « doyen », peut jouer un rôle important. La télé et les radios, a-t-il indiqué, doivent adopter des programmes patriotiques. En l’occurrence, des programmes  en rapport avec la situation dramatique que vit la nation. Idem pour la presse écrite. Aussi, il propose la création d’un comité national de l’information et de la communication. Ce comité aura pour mission, de recueillir l’information, de la traiter et de la diffuser. Afin d’asseoir la perception que nos concitoyens et le monde extérieur doivent avoir des réalités du terrain et des activités de la transition. Abou Berthé   

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Commentaires (44)

User
Mass
Mass 14 ans
L'honorable Amadou Traoré a raison. Il a parlé en tant que sage et nous devons prendre en compte sa parole. Certes, sa parole n'est pas le Quran moins les Evangiles. Nous vivons une période exceptionnelle, ce qui nous demande un comportement exceptionnel à l'égard d'une parties de nos soeurs et frères qui souffrent au nord. Les Bamakois ne voient que leurs nombrils. A mon avis, nous ne devons rien attendre de l'Algérie pour deux raisons: 1-Elle a exporter son terrorisme chez nous, 2-Elle ne souhaite pas l'exploitation de nos richesses. Chaque fois, que nos gouvernants les sollicite ils répondent par un double langage.Si nous faisons appel à d'autres puissances étrangères, ils convoquent un sommet pour tuer le projet.Les Algériens ont la mémoire courte, celle qu'elle reproche à la France.Nous devons prendre nos responsabilités à l'égard d'une amie qui ne nous veut pas du bien.
boubacar
boubacar 14 ans
je pense que la guerre ne doit pas être une cause pour cesser les fêtes, pourquoi: pour rappel, pendant la seconde guerre mondiale, les pays comme la France, l’Allemagne et les autres faisaient tout pour que le peuple ne sente pas la psychose de la guerre . Pour cela, ils invitaient les orchestres à jouer et les cirques aussi étaient tolérés. sinon ce que d’autres proposent de tout suspendre et de méditer sur le nord ne fera qu'augmenter le nombre de cardiaque. alors faisons attention demandons aux psychologues ce qu'il faut en temps de guerre.
ALLAHOU AKBAR
ALLAHOU AKBAR 14 ans
Les sages comme Amadou djicoroni doit être ecouter.Tout ce qu'il dit est vrai.On doit decreter l'Etat d'urgence interdire les marches;les meetings, les balani show, les emissions Top Etoiles, jouvences et samedi loisir et remplacer par les chants heroiques ,le sport et les prêches et toute chose qui favorise l'esprit de pariotisme et le nationalisme.Vive le mali Uni et fort.
Mariama
Mariama 14 ans
Les fêtes doivent cesser et les distribution d' argent aux griots doivent cesser aussi.
Vieux violon
Vieux violon 14 ans
Oui les grots font partit de nos valeurs culturelles,mais je me suis poser la question d' ou provient l'argent de ces megualomanes distributeurs . S'ils savent que a combien c'est de l'insute pour le Mali .
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