Chronique : Paix au Mali : évolution v/s révolution !

La main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit, disait feu Amadou Hampathé Bâ. Très longtemps, pour trouver une solution aux différents conflits et rebellions armés, le Mali avait recours à des partenaires extérieurs pour négocier et aboutir à des accords de paix dont la mise en œuvre devenait aussi conflictogène que les crises qu’ils étaient censés apaisés.

26 Mai 2025 - 01:40
Mis à jour: 1 an
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Chronique :  Paix au Mali : évolution v/s révolution !

Car, à vrai dire, aucune médiation extérieure n’est totalement neutre, et certains acteurs agissent dans l’ombre pour tirer les ficelles afin de pouvoir toujours garder la main dans un jeu d’intérêts qui ne dit pas son nom. Et dans le cadre des différents accords de Tamanrasset et d’Alger, le vers était dans le fruit et il fallait l’extirper afin qu’il ne se métastase pas en rendant notre territoire totalement poreux face aux attaques terroristes.

Fallait-il rester les bras croisés ? Les bras croisés et assister au démembrement du Mali avec sa kyrielle de victimes innocentes ? Que nenni ! Les autorités de la Transition ont opté pour une évolution dans l’approche du processus de paix et de réconciliation nationale. En fait d’évolution, la nouvelle démarche malienne a rapidement préféré l’antonyme d’évolution en optant pour une révolution, un processus qui se réalise de manière radicale.

L’accord d’Alger fut alors rendu caduc et un nouveau cycle d’appropriation nationale du processus de paix a été lancé avec la mise en place d’un cadre d’élaboration de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, sans intervention extérieure. En d’autres termes, c’est en famille que le linge sale va désormais se laver. Une tâche pas certes facile, mais qui n’est pas non plus au-dessus de nos moyens.

L’originalité cette fois-ci, c’est que la charte pour la paix et la réconciliation nationale aura comme socle les mécanismes endogènes de gestion et de règlement des conflits, avec en toile de fond la justice transitionnelle. Pour que cette démarche puisse prendre corps, il aura fallu du courage, de la souplesse, de l’écoute et du respect.

Courage pour soutenir, sans hargne ni passion, une idée. Souplesse pour ne pas rejeter, d'un revers de main, un point de vue juste. L’écoute pour que la discussion soit un véritable échange. Et le respect, en se disant qu'on tire toujours bénéfice de l'autre. La charte sera bientôt là, il reviendra alors à chaque Malienne et à chaque Malien de s’en approprier, d’en faire une sorte de bréviaire et de pouvoir transcender ses préjugés.

Sur le chemin de la paix et de la réconciliation, il sera certes beaucoup question de justice et de pardon, cependant, chacun devra faire sienne cette autre sagesse de feu Amadou Hampaté Bâ qui disait que « si tu penses comme moi, tu es mon frère. Si tu ne penses pas comme moi, tu es deux fois mon frère, car tu m'ouvres un autre monde ». Ouvrons donc nos cœurs sans fermer nos yeux et mettons le Mali au-dessus de tout.

Salif SANOGO

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Commentaires (1)

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Sangare
Sangare 1 an
Le Mali au dessus de tout, c'est aussi et surtout être conscient de la force réelle de l'armée malienne. ON NÉGOCIE AVEC SES ENNEMIS, PAS AVEC PARTENAIRES!!! Toute rébellion a une main extérieure. Dire "le Mali avait recours à des partenariats extérieurs pour négocier et aboutir à des accords de paix dont la mise en œuvre devenait aussi conflictogene que les crises qu'ils étaient censés apaisés",c'est nier la faiblesse de l'armée malienne. ON NE NÉGOCIE PAS AVEC LES REBELLES, ON LES MATE!!! Négocier, c'est avouer sa faiblesse. C'est ce qu'a fait MOUSSA TRAORE en janvier 1991 en signant un accord avec IYAD AG GHALLI. EN OSANT SIGNER UN ACCORD AVEC LES REBELLES MOUSSA TRAORE A RÉVÉLÉ LA FAIBLESSE DE SON ARMÉE. Une armée forte oblige les rebelles à déposer les armes afin de venir négocier avec les autorités sans l'apport de l'extérieur. Mais quand on n'a pas une armée forte, on est obligé de faire appel à un partenaire extérieur afin qu'il supplie les rebelles à venir sur la table de la négociation. LE MALI N'A JAMAIS EU UNE ARMÉE. Elle était en construction quand des officiers subalternes ont pris le contrôle de l'Etat. Ce qu'on a appelé une armée est en réalité une MILICE. UNE MILICE EST UNE FORCE AU SERVICE D'UN CLAN. MOUSSA TRAORE a, au fil des années, éliminé les éléments les plus aguerris, afin de former autour de lui une force capable de protéger son pouvoir. C'est ainsi qu'a été créé le prytanée militaire de kati juste après l'arrestation de la bande de KISSIMAN DOUNKARA. Les éléments de cette école sont les enfants des cadres fidèles à MOUSSA TRAORE. C'est très facile à vérifier!!! MOUSSA TRAORE N'A JAMAIS EU L'INTENTION DE METTRE EN PLACE UNE ARMÉE FORTE. Il n'a jamais pensé qu'une rébellion pouvait venir révéler la faiblesse de son armée. Quand IYAD AG GHALLI a commencé à frapper, il a couru voir les algériens pour supplier IYAD AG GHALLI à négocier. Ses successeurs, ATT d'abord pendant la transition ensuite ALPHA OUMAR KONARE, le nouvel élu, ont constaté qu'il n'y avait rien pour obliger la rébellion à déposer les armes. Le Mali étant sous ajustement structurel, grâce aussi à ce même MOUSSA TRAORE, le nouvel élu n'avait pas de possibilité de mettre en place une armée forte. Donc la solution rationnelle conduisait à négocier. C'est ce qui a été fait naturellement avec ses conséquences c'est à dire "dont la mise en œuvre devenait aussi conflictogene que les crises qu'ils étaient censés apaisés". Avons nous maintenant une armée forte permettant de ne pas faire "recours à des partenaires extérieurs pour négocier et aboutir à des accords de paix "? Les puchistes aussi ont révélé la faiblesse de l'armée malienne malgré des efforts budgétaires énormes chaque année depuis 2013 en faisant appel à des mercenaires russes. Quatre ans après, l'insécurité est aux portes de Bamako. SALIF SANOGO et ses puchistes n'ont-ils perdu le sens de la réalité? Le pouvoir est doux dès!!!
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