Collaboration politique au sein de la majorité présidentielle: Le difficile compagnonnage entre le RPM, l’ADEMA et l’ASMA

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A la volonté proclamée par Soumeylou Boubèye Maïga, le 18 juin dernier, lors de la rentrée politique de son parti, l’ASMA-CFP à Ségou de créer bientôt un nouveau pôle politique hors de l’EPM (bloc de la majorité présidentielle à, le président de l’ADEMA-PASJ, Pr Tiémoko Sangaré vient de faire un pied de nez de rejet. 

Maliweb.net – C’est une lapalissade de dire que l’alliance politique soupape du président IBK, Ensemble pour le Mali (EPM) ressemble aujourd’hui à un mur bien lézardé ? Et les divergences de points de vue apparaissent au grand jour et sont pour la plupart motivées par divers calculs de positionnement. Si l’ex-Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga semble étouffer au sein de l’EPM au point d’envisager une autre option, le président de l’ADEMA-PASJ estime que la place de son parti est toujours bien ancrée au sein de ce bloc d’une soixantaine de partis alliés au pouvoir IBK.

 « L’ADEMA reste attaché aux principes fondateurs du regroupement EPM, qui n’a pas épuisé son rôle historique. Nous n’avons, à ce jour, conclu aucune autre alliance politique en dehors de l’EPM auquel nous restons attaché ». En martelant ces propos avec le ton d’une solennité avérée, le samedi dernier au siège du parti, le président de l’ADEMA-PASJ, Pr Tiémoko Sangaré, voulait lever une équivoque. Celle distillée par le leader de l’ASMA-CFP, l’ex-Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, qui annonçait, récemment à Ségou, que son parti projette mettre sur pied un nouveau regroupement politique avec son allié l’ADEMA et d’autres. L’annonce avait surpris plus d’un, d’autant que l’ex-chef du gouvernement n’avait jamais dénoncé un quelconque mauvais fonctionnement du bloc politique de soutien de la majorité présidentielle. Mais il est évident qu’avec la motion de censure contre lui préparée en avril dernier ayant abouti à sa démission, l’ASMA et Boubèye se sentent désormais à l’étroit dans ce regroupement politique. C’est d’ailleurs ce qui avait au préalable conduit le parti ASMA, entre temps renforcé par des députés transfuges, à créer son propre groupe parlementaire. 

Par ailleurs, étant donné que c’est le RPM, la locomotive de l’EPM, il est évident que Boubèye boude le premier bloc de soutien à IBK. N’est-il pas à la base de la récente création du regroupement ARP dirigé par Tiéman Hubert Coulibaly, l’ex-ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale ? Certaines confidences le font croire, tant le fils du désormais feu Moussa Balla Coulibaly est réputé très proche du leader de l’ASMA-CFP.

Mais, le président de l’ADEMA-PASJ se méfie de l’ex-Premier ministre, dont les visées de contrôle du parti de l’abeille ne sont un secret pour personne. Il garderait dent à Boubèye que l’on dit, à tort ou à raison, n’avoir pas été favorable à sa reconduction dans le gouvernement Boubou Cissé. N’a-t-il pas commis l’ancien ministre Sékou Diakité pour convaincre le comité exécutif de l’ADEMA à démarche de fusion avec l’ASMA en 2020 ? En plus, Sékou Diakité n’est-il pas déjà dans une campagne discrète pour que Boubèye se hisse à la tête de l’ADEMA new look à l’issue du congrès de l’année prochaine ?

Ce qui est sûr c’est que le parti présidentiel tient quasiment Boubèye comme le principal concurrent susceptible de leur enlever le pain du pouvoir de la bouche. Il veut ainsi resserrer ses liens avec l’ADEMA, dont le maître à penser, Pr Dioncounda Traoré vient du reste d’être nommé haut Représentant du président IBK pour le Centre du pays.

En outre, en se réconciliant dans une ambiance festive avec ses « poulains » du parti le dimanche dernier, lors de la célébration du son 18ème anniversaire, le RPM et IBK veulent se renforcer et parer à toute éventualité. Celle de consolider ses liens avec l’ADEMA peut-être au détriment de l’ASMA-CFP. Sauf que l’ADEMA lorgne le pouvoir qui le fuit depuis 2002 et voudra faire les yeux doux à IBK pour s’en rapprocher davantage. Ce qui assure un compagnonnage compliqué pour ces trois formations politiques de la majorité au pouvoir.

Boubou SIDIBE / Maliweb.net

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2 COMMENTAIRES

  1. CE QUI LEUR ARRIVA À SURINAM, ET COMMENT CANDIDE FIT CONNAISSANCE AVEC MARTIN

    La première journée de nos deux voyageurs fut assez agréable. Ils étaient encouragés par l’idée de se voir possesseur de plus de trésors que l’Asie, l’Europe et l’Afrique n’en pouvaient rassembler. Candide, transporté, écrivit le nom de Cunégonde sur les arbres. À la seconde journée deux de leurs moutons s’enfoncèrent dans des marais, et y furent abîmés avec leurs charges ; deux autres moutons moururent de fatigue quelques jours après ; sept ou huit périrent ensuite de faim dans un désert ; d’autres tombèrent au bout de quelques jours dans des précipices. Enfin, après cent jours de marche, il ne leur resta que deux moutons. Candide dit à Cacambo : « Mon ami, vous voyez comme les richesses de ce monde sont périssables ; il n’y a rien de solide que la vertu et le bonheur de revoir Mlle Cunégonde. — Je l’avoue, dit Cacambo ; mais il nous reste encore deux moutons avec plus de trésors que n’en aura jamais le roi d’Espagne, et je vois de loin une ville que je soupçonne être Surinam, appartenant aux Hollandais. Nous sommes au bout de nos peines et au commencement de notre félicité. »

    En approchant de la ville, ils rencontrèrent un nègre étendu par terre, n’ayant plus que la moitié de son habit, c’est-à-dire d’un caleçon de toile bleue ; il manquait à ce pauvre homme la jambe gauche et la main droite. « Eh, mon Dieu ! lui dit Candide en hollandais, que fais- tu là, mon ami, dans l’état horrible où je te vois ? — J’attends mon maître, M. Vanderdendur, le fameux négociant, répondit le nègre. — Est-ce M. Vanderdendur, dit Candide, qui t’a traité ainsi ? — Oui, monsieur, dit le nègre, c’est l’usage. On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l’année. Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main ; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas. C’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe. Cependant, lorsque ma mère me vendit dix écus patagons sur la côte de Guinée, elle me disait : ” Mon cher enfant, bénis nos fétiches, adore-les toujours, ils te feront vivre heureux, tu as l’honneur d’être esclave de nos seigneurs les blancs, et tu fais par là la fortune de ton père et de ta mère. ” Hélas ! je ne sais pas si j’ai fait leur fortune, mais ils n’ont pas fait la mienne. Les chiens, les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous. Les fétiches hollandais qui m’ont converti me disent tous les dimanches que nous sommes tous enfants d’Adam, blancs et noirs. Je ne suis pas généalogiste ; mais si ces prêcheurs disent vrai, nous sommes tous cousins issus de germains. Or vous m’avouerez qu’on ne peut pas en user avec ses parents d’une manière plus horrible.

    […]

  2. C’est une folie de penser au regroupement de ces trois entités, car elles se sont trahies, mentis, tuées, détruites chacun ne pensant qu’à ses propres intérêts. Pour recoudre cette déchirure, il faut encore deux générations pour aplanir les divergences. Ceux qui croient à ce rassemblement n’ont pas vus les combats qui ont abouti à cette déchirure, sinon, ils ne se seraient pas aventurés à faire de telle proposition.

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