Message à la Nation de SEM Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République, Chef de l'Etat, suite aux évènements de Kidal

19 Mai 2014 - 23:29
Mis à jour: 12 ans
79
[caption id="attachment_311292" align="aligncenter" width="610"]Message à la Nation de SEM Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République, Chef de l'Etat, suite aux évènements de Kidal SEM Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République[/caption] Mes chers compatriotes, Vous avez suivi les développements tragiques que les mouvements armés ont tenu à donner à la visite du Premier ministre à Kidal, samedi 17 mai 2014. Cette visite avait pour but d’apporter aux populations éprouvées de nos régions septentrionales, un message fort de paix, d’espoir et de solidarité. Avec une importante délégation, le Premier ministre et une dizaine de ministres ont été chaleureusement accueillis à Tombouctou et Gao. Il n’en ira hélas pas de même à Kidal, où ils furent reçus sous des balles et des tirs à l’arme lourde de groupes armés. Nous qualifions cela d’acte crapuleux et de lâche trahison de tous les engagements antérieurs, notamment ceux contenus dans les Accords de Ouagadougou. Et ce n’est là, ni plus ni moins, qu’une déclaration objective de guerre à l’Etat du Mali, au moment où tout est mis en œuvre pour relancer les pourparlers devant conduire à une paix définitive au Nord, à travers un dialogue inclusif.     Bien qu’en nombre nettement insuffisant, conséquence de l’application de l’Accord préliminaire du 18 juin 2013, les soldats de l’armée régulière se sont vaillamment acquittés de leur mission de protection de la République et de ses institutions, face à des groupes armés qui, eux, ont mis à profit ledit accord pour reconstituer leurs forces, dans une insolente et incompréhensible liberté de mouvement et de manœuvre.     Sous les balles de snipers qui n’hésitent pas, à leur manière lâche, à se servir de femmes et d’enfants comme chair à canon, comme bouclier humain placé entre deux feux, des soldats de l’armée malienne ainsi que de paisibles citoyens, sont tombés.     Ils sont tombés dans la ville malienne de Kidal, malienne à tous égards. Et même dans l’esprit comme dans la lettre de l’accord préliminaire de Ouagadougou, il ne peut subsister aucun doute sur l’appartenance de Kidal à la République du Mali dans ses frontières internationalement reconnues.     Y compris par les mouvements armés signataires de cet accord, devenus les sinistres signataires du bain de sang du 17 mai dernier dont le Mali n’a que faire. Comble de l’abjection, l’armée malienne s’étant trouvée en situation d’assurer, seule, la sécurité des déplacements terrestres de la délégation du Premier ministre, les groupes armés ont investi le gouvernorat dès lors dégarni, ont pris en otage le personnel et les agents en place, et en ont froidement assassiné plusieurs.     Je vous fais le serment que ces crimes odieux ne resteront pas impunis. Devant nos soldats et agents de l’Etat morts sur le champ de l’honneur, en hommes d’honneur, nous nous inclinons. La République et la nation s’inclinent.     Ils sont morts en mission, dignes fils du Mali qui ne saurait jamais les oublier ! En mon nom, au nom de la nation malienne, au nom de la République du Mali, je formule mes condoléances les plus sincères aux familles de tous ceux qui sont tombés lors de ce tragique événement.     Aux blessés, je dis que le gouvernement entreprend tout ce qu’il est possible pour qu’ils recouvrent la santé au plus vite.     A nos courageux soldats, policiers, gendarmes et agents de l’Etat se trouvant à Kidal, que la folie des ennemis de la paix cherche à transformer en champ de bataille, je dis : le Mali est avec vous, la vérité est de votre côté, et tous ceux qui aiment la vérité sont avec vous. Mes chers compatriotes, Le Premier ministre, dont je salue le courage, le sang-froid, l’esprit patriotique et le sens élevé de l’Etat, ne posait aucun acte de provocation à travers cette visite à Kidal.     Au contraire, suivant en cela mes instructions, et dans l’exercice de ses prérogatives, il s’y rendait pour écouter notre peuple, en prélude aux pourparlers dont les animateurs et les détails se mettent en place autour de l’ancien Premier ministre Modibo Kéita, aîné de valeur et de mérite.     On ne peut comprendre, ni justifier, l’attitude de ceux qui, après avoir souscrit ou adhéré à l’unité et l’intégrité territoriale du Mali, s’opposent à l’arrivée du Chef du Gouvernement de la République dans une partie du territoire national.     On ne peut comprendre, a fortiori accepter, qu’ils s’opposent par la violence, au point d’attenter à leur sécurité et à leur vie, à une mission de hauts responsables de l’Etat ayant pour objet la mobilisation de l’administration locale pour la paix.     On ne peut comprendre, encore moins tolérer que, dans l’environnement socio-politique qui est présentement le nôtre, largement ouvert au règlement politique des différends, et marqué par l’existence d’accords auxquels les uns et les autres ont adhéré, l’on ne puisse pas entamer un dialogue sincère devant déboucher sur un accord de paix définitif et global.     On ne peut comprendre que, précisément au moment où j’ai mis en place un dispositif devant concrétiser cette volonté de paix que j’ai fortement exprimée, et que partage l’immense majorité du peuple malien, des acteurs du processus de paix choisissent la violence comme mode d’expression et décident d’éventrer l’espoir de paix que les Maliens appellent de leur vœu, avec l’accompagnement des organisations régionales et de la communauté internationale. Pour ce qui nous concerne, nous ne faisons pas d’amalgame ; nous ne nous trompons pas d’analyse.     Nous savons que, malgré les gesticulations de ces fauteurs de trouble et de guerre, la Région de Kidal compte majoritairement des Maliens qui n’aspirent qu’à la paix, au bien-être et à la considération dont notre politique-phare, la décentralisation poussée jusqu’à la régionalisation, est porteuse. A ces braves et honnêtes citoyens dont je mesure les difficiles conditions de vie, je réitère mon profond respect.     Je leur dis que les tragiques événements de Kidal qui nous endeuillent ne nous feront pas dévier du chemin que nous nous sommes tracés : le développement, le développement rapide et visible dans tout le Mali, sur l’ensemble du territoire malien. D’où les agences de développement régional qui seront mises en place et seront opérationnelles dans un délai de six mois, instruction ferme que j’ai donnée au gouvernement dès sa mise en place.     Oui, le développement harmonieux, intégré et intégral du pays ! De Diboli à Labezzanga, de Zegoua à Tinzawaten. Partout, le Mali utile ! Nulle part, un Mali moins utile ! Et jamais, un citoyen malien privilégié par rapport à un autre ! Tous les citoyens sur le même pied d’égalité, toutes les régions logées à la même enseigne ! Mais personne ne prendra le Mali en otage. Personne !     Elu pour réunifier le pays, recoudre le tissu national fortement éprouvé, consolider la sortie de crise, car notre pays sort à peine de la crise la plus insidieuse de son histoire, je n’ai pas d’autre honneur que de remettre à mon successeur, demain, un Mali debout, uni et un.     Ce Mali debout, uni et un ; ce Mali qui arrive à nourrir, soigner et scolariser ses enfants ; ce Mali qui crée de l’emploi et prend en charge sa jeunesse, je m’y suis engagé et je ne faiblirai pas sur cette voie.     Plus jamais, une délégation de l’Etat ne sera prise à partie à Kidal. Je ne laisserai pas ces mouvements armés, certains qualifiés de terroristes, d’autres désignés de manière commode comme rebelles, mais tous, réunis et solidaires à nouveau, comme ils le furent lorsqu’ils perpétraient, ensemble, l’horreur d’Aguelhoc, mais tous, de connivence avec le narcotrafic international, je ne les laisserai pas, disais-je, continuer à faire la loi, ni à Kidal, ni dans une autre partie de notre territoire.     D’autant qu’il n’est plus permis de douter de la collusion entre les mouvements armés sévissant dans le Septentrion malien et le terrorisme international : samedi dernier, les fanions d’AQMI et d’Ansardine flottaient en effet sur les véhicules des agresseurs, à côté de ceux du MNLA ; Qui plus est, la prise d’otages ainsi que leurs exécutions sommaires, constituent les meilleures illustrations, quoique macabres, de cette collusion.     Le Président que je suis, investi de la confiance des Maliens et tenu par la Constitution du Mali, assumera ses charges, toutes ses charges. Le gouvernement du Mali jouera pleinement son rôle. En particulier, les auteurs de ces prises d’otages et exécutions sommaires seront poursuivis devant les juridictions nationales et internationales.
La souveraineté du Mali sur toute l’étendue de son territoire n’étant pas négociable, nos Forces de Défense et de Sécurité en reconstruction assumeront, totalement, les missions que la constitution malienne leur assigne et que les Maliens attendent d’elles.
Ceci dit, chers compatriotes, le Mali ne perdra jamais de vue une de ses valeurs cardinales, à savoir le respect de ses engagements. Nous allons donc au dialogue, convaincus que nous sommes que le salut passe impérativement par là. Le salut si, bien entendu, toutes les parties, le gouvernement du Mali, la communauté internationale, les mouvements armés, s’acquittent de leurs engagements, chacune à son niveau de responsabilité.   C’est à ce prix que sera capitalisé le formidable élan de solidarité internationale dont notre pays a bénéficié et pour laquelle je renouvelle la gratitude de toute la Nation. C’est à ce prix que peut prospérer le fragile processus de pacification et de réconciliation de notre pays.     Vive la paix, pour que vive le Mali, un et indivisible !   [youtube]https://www.youtube.com/watch?v=H5fA9qLcQzs[/youtube]

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (79)

User
Alpha O. Konare avait raison. IBK ne peut pas diriger le Mali et Mara est un "suffisant " au ego surdimmensionne de la trempe de Sanogo. Le seul espoir pour nous est l'armee. Oui la meme qui a combattu et perdu la bataille a kidal et qui n'a pas les moyens adapte a ce genre bataille: la guerria urbaine. Souvenez-vous de Faluja en Irak ou le massacre des marines americains a fait rejaillir pour un instant la debandade du Vietnam. Il faut que l'armee applique au mnla et autre crimminels la meme tactique qu'il appliquait au debut de cette crise: le harcelement et le bouclage de la ville de kidal Jusqu'a ce que ces cafards mangent leur propres "doudou". Que personne ne sorte de Kidal sinon les enfants femme et vieux.
justicequity
justicequity 12 ans
Le Mali va de mal en pire de toute évidence le choix de Mara comme PM était loin d'être un bon choix , Mara est dans la communication à outrance au point d'oublier que le Mali est en guerre , tatam Ly avait essayé de partir à Kidal mais l'équation s'est compliqué il a rebrousser chemin et bilan zéro mort zéro blessé . L'acte que Mara a posé montre une fois de plus la faiblesse sans limite de l'État malien et constitue une Nième et ultime humiliation pour le Mali , il déclare la guerre et son chef vient calmer le jeu . Si il avait annulé ce voyage il aurait évité tout ce cirque qui remet une fois de plus le Mali en scène et prouve un peu plus notre faiblesse qui ne fait plus l'ombre d'aucun doute. Beaucoup parlent d'aller en guerre et c'est tellement facile quand on le dit de son salon et pour certains à des milliers de Km de Bamako. Comme on le dis "mourir pour le Mali est un sacrifice vain " donc je doute fort que beaucoup de nos soldats soient prêts à faire le grand sacrifice.
justicequity
justicequity 12 ans
Je suis très content de ce discours car ça prend à contre-pied tous les faux fiers faux guerriers faux patriotes faux maliens ,... qui pensent que le Mali va aller en guerre , vous avez oublié d'où on vient mais ibk comme att à son temps sait de quelle armée il dispose et certainement ce n'est pas cette armée qui pourra mener et gagner une guerre . ibk et son PM on fait une erreur je dirais même une haute trahison en effectuant ce déplacement . Ces morts maliens ibk et Mara sont aussi responsables que le mnla , on ne peut pas sous l'emprise de l'orgueil mal très mal placé effectué un déplacement aussi périlleux sans avoir au préalable pris toutes les mesures de sécurité pour tous les agents de l'État sur place.Mara s'est comporté en amateur lamentable et doit être traité comme un assassin et non être traité comme un héros , ceux qui ont perdu leur parent disent merci à ibk et Mara, ceux qui veulent faire la guerre personne ne vous empêche d'aller à Kidal.
le General de Corps d'Armee AMADOU HAYA SANOGO
le General de Corps d'Armee AMADOU HAYA SANOGO 12 ans
YOU CAN BRING A HORSE TO THE RIVER, BUT YOU CANNOT FORCE HIM TO DRINK! En d'autres terms, vous pouvez amener un cheval au fleuve (a' l'eau) mais vous ne pouvez pas le forcer a' boire! IBK DOIT FAIRE APPEL A' DJONCOUNDA ET ALPHA! ! QUE LE PRESIDENT ECOUTE LES CONSEILS QUI NOUS PERMETTRONT DE SORTIR DE L'IMPASSE!!! NOUS N'AVONS RIEN A' DEMONTRER A' QUI QUE CE SOIT! LE MONDE ENTIER SAIT QUI NOUS SOMMES ET SAIT NOTRE SITUATION!NE DEFIONS PAS CEUX QUI NOUS AIDENT! CALMONS LE JEU ET SUIVONS LES CONSEILS DES PAYS FRERES ET AMIS COMME LA FRANCE ET LES USA! AVALONS NOS FAUSSES FIERTE'S ET ECOUTONS LES AUTRES! LE MNLA A FAIT DES PRISONNIERS QU'IL A LIBERE'S SUR LA DEMANDE DES PUISSANCES! IL ECOUTE ET FAIT CE QU'ON LUI DEMANDE. NOUS DONNONS L'IMPRESSION QUE NOUS DEFIONS LE MONDE! LE MNLA ARRIVE A' SE FAIRE ACCEPTER PAR DES MILIEUX QUI DEVAIENT LES CONSIDERER COMME DES TERRORISTES. JUST ASK YOURSELVES WHY? ANSWER: THEY WERE WERE ABLE TO SELL THEIR STORY, BUT WE COULDN'T SELL OURS!
slai
slai 12 ans
je pense que nous allons un peu loin un président mérite du respect et considération.Chers amis il faut lire et comprendre ce que le président de la république a dit suite aux événements de Kidal <>.
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (120)
  • Nfp (92)
  • Kankan (48)
  • Sylla (39)
  • Coulibaly Yacouba (15)