Présidentielles 2012 : les canbidats et les cantidats

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Qui sera le successeur de Amadou Toumani Touré en 2012 ? A un an de la date butoir, les cœurs des Maliens balancent entre les « canbidats » (les favoris) et les candidats (les tocards).

 

L’année 2010 s’est achevée sur une interrogation légitime : A quelle sauce les Maliens seront-ils mangés en 2011 ? L’année nouvelle sera-t-elle comme la précédente ? Avec ses revendications syndicales ? Et son lot d’insécurité ? Ou, sera-t-elle l’année de tous les espoirs ? Et de toutes les désillusions ?

 

Sur le plan politique, 2011 marque le début de la fin. Peut-être la faim de la fin. C’est, en tout cas, le dernier virage du second et dernier mandat de Sa Majesté Amadou II. Au sein des états-majors politiques, c’est déjà la veillée d’armes. On se regarde avec méfiance, parfois avec une moue au coin de la bouche. Une seule grande interrogation : Sa Grâcieuse Majesté quittera –t-il le pouvoir à terme échu ? Là-dessus, le président ATT a déjà rassuré sur sa volonté de ne pas rempiler en 2012. Mais sur une possible prolongation de son mandat, jusqu’en 2014, aucune déclaration officielle. Mais nombre de Maliens restent persuadés que le projet de révision constitutionnelle, tel que le souhaitent les partisans du président, amènera une uniformisation des mandats législatif, communal et présidentiel. Ce qui pourrait signifier un possible prolongation de mandat présidentiel.

Mais, dores et déjà, la succession du président ATT reste ouverte. Si beaucoup de gens peuvent se bousculer au portillon, il s’agit de connaître qui a plus de chance de devenir « l’héritier ».

 

Les canbidats

Parmi les formations politiques qui disposent d’atouts indéniables pour pouvoir choisir le futur président de la République, il faut citer en premier lieu l’Adema -Pasj. L’ex-parti au pouvoir, au regard de son poids sur l’échiquier politique national, est un faiseur de roi potentiel en 2012. A défaut d’être le roi. Mais est-il à l’abri d’une division interne ? Rien n’est moins sûr. Derrière l’Adema, l’URD de Soumaïla Cissé. Deuxième force politique sur l’échiquier national, l’URD est un candidat sérieux aux prochaines présidentielles. Rien, pour le moment, ne montre que ce parte risque une scission, donc, il garde sa chance d’être le futur parti au pouvoir. Derrière ces deux mastodontes, on retrouve le PDES et le RPM d’IBK. IBK, aux yeux de nombreux observateurs, a la carrure d’un Chef de l’Etat. Mais il ne dispose plus d’un appareil politique assez solide pour l’envoyer au Palais de Koulouba. Mais, IBK compte sur un « deal » qui existerait entre lui et les deux ex- présidents : Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré. Un deal, qui, s’il est respecté, le désignerait comme le successeur potentiel de Sa Majesté sur le trône de Koulouba. Comment ? On l’ignore. Du moins pour l’instant.

 

Quant au PDES, parti « présidentiel », son rôle n’est pas à négliger aux futures joutes électorales. A défaut d’être roi, il pourrait être le faiseur de roi. Il en a les ressources. Surtout, humaines.

 

Mais le débat au sein de l’opinion nationale, n’est pas de savoir quel parti politique est à même de l’emporter en 2012 ; mais plutôt quel homme pour succéder à Amadou Toumani Touré. Les partis politiques semblent avoir perdu leur crédibilité aux yeux des populations. Si un candidat indépendant a été élu en 2002, en l’occurrence ATT, c’est qu’il y a réellement rupture de confiance entre l’électeur malien et les partis politiques. Cette confiance a-t-elle été rétablie ? Rien n’est moins sûr. C’est dans ce climat trouble où, les « canbidats » se confondent aux « cantidats » que les présidentielles auront lieu.

 

Parmi les « canbidats » à prendre au sérieux, il y a Soumana Sacko, le « Monsieur salaire » du régime agonissant du Général Moussa Traoré et ancien Premier ministre de la Transition démocratique ; Dr Oumar Mariko du parti Sadi. Si le premier ne dispose pas d’un appareil politique fort comme le second, ils sont, tous deux, très populaires au sein de nos populations. Le premier pour son intégrité morale et intellectuelle. Et le second, pour son parcours politique et la défense des droits des plus démunis.

 

S’y ajoute un autre politique et non des moindres : la convergence pour la Démocratie au Mali (CODEM). Créé, il y a deux petites années, ce parti a réussi à se hisser au rang de 3e force politique de notre pays. Tant par le nombre de ses députés, que par le nombre de ses conseillers municipaux. Si la CODEM ne fera pas acte de candidature, elle sera une « faiseuse potentielle » de roi.

 

Au rang des « cantidats », Cheick Modibo Diarra, le navigateur interplanétaire, Cheick Boucadari Traoré, fils du Général Moussa Traoré ; Tièblé Dramé, etc.

Comme on le voit, il y aura beaucoup d’appelés au portillon du Palais de Koulouba. Mais peu d’élus. Très peu d’élu. Trop peu d’élu.

 

Babi

Aimé

 

 

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