Retour sur le complot du 25 avril : Kidal, symbole de résistance nationale

Le 25 avril 2026, le Mali a affronté une offensive d’une ampleur inédite.

8 Juin 2026 - 01:53
8 Juin 2026 - 07:38
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Retour sur le complot du 25 avril : Kidal, symbole de résistance nationale

Selon les autorités, une coalition étrangère composée de la France, de l’Algérie et de l’Ukraine aurait orchestré un complot visant à provoquer la chute de Bamako par une crise du carburant et un blocus des corridors stratégiques. Les attaques coordonnées sur plusieurs villes ont coûté la vie au général de corps d’armée Sadio Camara, ministre de la Défense et des anciens combattants. Mais la riposte des Forces armées maliennes (FAMa), notamment à Kidal, a transformé cette journée en symbole de résistance et de souveraineté retrouvée. 

Le récit officiel malien insiste sur la préparation minutieuse de ce complot. Les assaillants ont frappé simultanément Bamako, Gao, Mopti, Kidal, Sévaré et Kati, utilisant kamikazes, drones et colonnes motorisées. L’objectif était de paralyser l’État et d’imposer une partition. La mort du général Sadio Camara, artisan du rapprochement stratégique avec la Russie, a marqué les esprits comme le sacrifice suprême pour la défense nationale.

Kidal, bastion de la souveraineté malienne

À Kidal, environ 12.000 combattants lourdement armés ont tenté d’imposer leur contrôle. Les FAMa, appuyées par l’Africa Corps russe, ont répliqué par des frappes aériennes massives, détruisant les colonnes ennemies et neutralisant une grande partie des assaillants. Le chef d’état-major général Oumar Diarra a affirmé que plus de 200 terroristes avaient été mis hors de combat dès les premières heures. 

Depuis la mi-mai, les FAMa et leurs alliés russes ont pénétré dans la ville et mènent des opérations de ratissage maison par maison. Les combats sont violents, les frappes aériennes se poursuivent, et les forces maliennes progressent quartier par quartier. Le gouvernement a salué la détermination des FAMa : «Grâce à la promptitude et au professionnalisme des Forces Armées et de Sécurité, le complot a échoué et la souveraineté nationale a été préservée». Le président Assimi Goïta a ajouté : «La situation demeure sous contrôle sur l’ensemble du territoire national».

Le complot du 25 avril et la riposte des FAMa

Les autorités accusent la France d’avoir orchestré ce complot, citant l’arrestation du colonel Christian Yann Vezilier, conseiller à l’ambassade de France à Bamako, présenté comme le cerveau de l’opération. L’Algérie est dénoncée pour l’abattage d’un drone malien et pour son rôle jugé ambigu dans l’Accord d’Alger, désormais rompu. L’Ukraine est pointée du doigt pour son assistance logistique, avec l’arrestation de 235 instructeurs ukrainiens à Kidal. 

Les plaintes déposées devant l’ONU et la CIJ traduisent une volonté d’internationaliser le conflit et d’obtenir une reconnaissance juridique des ingérences. Pour Bamako, il s’agit de démontrer que le Mali est victime d’une guerre asymétrique et hybride, où les attaques terroristes sont le prolongement d’ingérences étrangères.

Les regards extérieurs : Malbrunot, Macron et Fuchs

Le journaliste Georges Malbrunot, sur RTL, a affirmé que la France, bien qu’officiellement chassée du Mali, continuerait à agir indirectement en s’appuyant sur des militaires ukrainiens francophones issus de la Légion étrangère, opérant aux côtés de rebelles touaregs parfois alliés à des groupes djihadistes. Ces révélations confortent le narratif officiel malien et alimentent la perception d’une guerre hybride où Paris et Kiev jouent un rôle indirect. 

À Nairobi, Emmanuel Macron a déclaré : «L’Afrique n’a pas besoin que nous l’aidions, elle a besoin d’investissements pour être plus souveraine. Nous devons être des partenaires d’égal à égal». Cette position, exprimée lors du sommet Africa Forward, visait à refonder le partenariat franco-africain, mais elle a été perçue à Bamako comme une tentative de masquer une ingérence persistante. 

Sur RFI, le député européen Bruno Fuchs a livré une analyse alarmante : «Les Russes sont en train de négocier leur départ du Mali et la junte au pouvoir à Bamako va tomber dans quelques semaines ou quelques mois». Il a évoqué la possibilité d’un régime religieux ou d’un État fédéral appliquant la charia dans certaines régions, recommandant une négociation incluant le JNIM. Ces propos, contestés localement, illustrent la divergence entre narratif officiel malien et lecture européenne.

Situation en temps réel à Kidal

Les FAMa et l’Africa Corps ont pénétré dans Kidal et mènent des ratissages. Les frappes aériennes visent les positions rebelles, mais les combats restent acharnés. Les rebelles du FLA et leurs alliés du JNIM tiennent encore des positions périphériques et revendiquent la détention de plus de 200 militaires maliens.

Les civils subissent les bombardements et les destructions d’infrastructures, accentuant la crise humanitaire. Des marchés ont été fermés, des habitations détruites, et les habitants vivent dans la peur permanente. Le JNIM poursuit ses attaques sur les corridors logistiques, incendiant des dizaines de camions de marchandises et aggravant la crise du carburant. 

Malgré la présence des FAMa et de l’Africa Corps, la reconquête totale de Kidal reste difficile. Les rebelles parlent de « politique de la terre brûlée » et dénoncent une vengeance aveugle. Les forces maliennes, elles, insistent sur la nécessité de sécuriser chaque quartier pour rétablir l’autorité de l’État. 

Sadio Camara, martyr de la souveraineté nationale

Le 25 avril 2026 restera comme le jour où le Mali a résisté à une tentative de déstabilisation massive. La bataille de Kidal, les frappes aériennes décisives et la mort du général Sadio Camara symbolisent une lutte pour la souveraineté nationale. Dans ce contexte, l’alliance avec la Russie est présentée comme le garant de la stabilité et de la victoire face à une coalition hostile. 

À travers la complexité de la guerre asymétrique au Mali, c'est une confrontation militaire, diplomatique et médiatique où s’entremêlent narratif officiel, révélations journalistiques et analyses politiques qui se déroulent. Kidal reste le symbole de la résistance nationale, mais aussi le théâtre d’une bataille inachevée, où les FAMa et l’Africa Corps progressent lentement face à des rebelles retranchés. 

La mort de Sadio Camara, les accusations contre la France, l’Algérie et l’Ukraine, les déclarations de Malbrunot, Macron et Fuchs, et la situation en temps réel à Kidal composent une fresque dramatique : celle d’un pays qui refuse la partition et défend sa souveraineté, au prix du sang et des sacrifices.

Par Khaly Moustapha LEYE