Opération « Dougoukoloko » : L’État sanctuarise 39 massifs forestiers

La stratégie de sécurisation du territoire malien vient de franchir un palier décisif vers l'inflexibilité absolue.

8 Juin 2026 - 01:39
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Opération « Dougoukoloko » : L’État sanctuarise 39 massifs forestiers

Par un arrêté interministériel historique portant le numéro 2026-1311, daté du 3 juin 2026, les plus hautes autorités de la Transition ont officialisé le lancement de l’opération « DOUGOUKOLOKO ».

Cet arrêté interministériel crucial matérialise l’union sacrée de six ministères régaliens de premier plan, à savoir la Défense, la Justice, l’Administration territoriale, la Sécurité, les Transports et l’Environnement. Ensemble, ils imposent un tournant rigoureux et sans concession destiné à priver définitivement l'hydre terroriste de ses zones de repli traditionnelles.

Le cœur de cette décision repose sur un changement de paradigme opérationnel d'une gravité inédite. L’arrêté consacre la création immédiate de zones d’intérêt militaire d’accès interdit à la population civile. L’explication de cette mesure radicale réside dans l’article 2 du document : ces espaces naturels denses sont désormais formellement identifiés comme des refuges pour les Groupes Armés Terroristes. L’État-major général des Armées reçoit ainsi une injonction légale claire et sans équivoque, celle de traiter systématiquement toutes les cibles se trouvant dans ces zones. En clair, toute présence dans ces périmètres est désormais synonyme de menace ou de complicité directe.

Le régime d’accès imposé par les autorités se veut d’une sévérité absolue pour protéger les citoyens tout en maximisant la liberté d’action des unités combattantes. Les civils subissent une interdiction totale de pénétration. Les rares dérogations exceptionnelles restent entièrement soumises à l’autorisation préalable d’une autorité militaire locale, sous la responsabilité exclusive du Chef d’État-major général des Armées. Seuls les détachements des Forces Armées et de Sécurité (FAMa), les agents des Douanes maliennes ainsi que les personnels du corps des Eaux et Forêts conservent un droit d'accès aux forêts classées, uniquement sur ordre hiérarchique exprès.

L'ampleur géographique de la décision frappe par sa précision chirurgicale, englobant pas moins de 39 massifs forestiers, parcs et domaines ciblés à travers le pays. Dans la zone Ouest et Sud-Ouest, le dispositif verrouille les forêts de Dag Dag, de la Falémé, de Loraka Bane, de Kobri, de Bangassi, de Gringalé et du Wagadou. Le Centre et la région du Delta subissent un maillage similaire avec la fermeture des forêts de Koulala, Faïra, Miyo, Sossebougou, Fi, Woni, Tangadrin et du vaste Parc national de la Boucle du Baoulé. La zone péri-urbaine de Bamako et le Mandé sont également sanctuarisés, protégeant les forêts de la Faya, Soussan, Dioforongo, Kènèkoun, Nyamina, Doukoloma, Keniebaoulé, Bossofala, Kangaba et les monts Manding. Enfin, le Grand Sud se voit nettoyé en profondeur, incluant à titre exceptionnel la propriété forestière privée de Bakary Togola à Bananzolé.

Cet arrêté de rupture, revêtu de la signature du Chef d’État-major général des Armées, le Général de Division Oumar Diarra, abroge définitivement l’ancien arrêté de décembre 2023 lié à l'opération «Maliko». Les Commandants des différents Théâtres d’opérations se trouvent désormais investis des pleins pouvoirs pour appliquer sans délai ces consignes de fer. Le Mali réaffirme ainsi de manière implacable sa souveraineté physique, traçant une ligne rouge définitive entre la République et les forces du chaos.

La Rédaction