Focus : Chasse ouverte
L’État passe à l’offensive totale en lançant la traque générale des éléments terroristes.
C'est désormais un vent de clarté et de fermeté absolue qui souffle sur l’ensemble du territoire national. De Kidal à Kayes, la montée en puissance des Forces Armées Maliennes (FAMa) n’est plus une simple formule de communication politique, mais une réalité stratégique palpable sur le terrain. La reconquête des sanctuaires autrefois jugés inaccessibles et la sécurisation progressive des grands axes témoignent d’un engagement sans faille de nos soldats pour la restauration de la souveraineté nationale. Ce maillage du pays, méthodique et rigoureux, impose le respect et redonne confiance aux populations qui voient l'autorité de l'État se réinstaller durablement là où le chaos feignait de s'installer.
C’est précisément fort de ces succès opérationnels que les Autorités de la Transition viennent de franchir un nouveau cap psychologique et judiciaire : la mise à prix officielle de la tête des grands leaders terroristes. En placardant le statut de "Wanted" sur ces visages de la terreur, le Mali ne fait pas que copier des méthodes éprouvées de justice internationale ; il envoie un signal d'une portée politique et géopolitique majeure.
Mettre à prix la tête de criminels déjà traqués par les Nations Unies et inscrits sur les notices rouges d’Interpol, c'est d'abord universaliser la réponse malienne. L’État s'aligne sur le langage de la fermeté internationale pour signifier que ces individus ne sont plus des interlocuteurs politiques factieux, mais des parias mondiaux. Cette démarche retire tout vernis idéologique ou confessionnel à leur entreprise macabre pour les ramener à leur stricte réalité : celle de criminels de droit commun, recherchés par toutes les polices des frontières du globe.
Sur le plan de la tactique interne, cette mesure est un puissant accélérateur de décomposition pour les réseaux terroristes. En introduisant l’appât du gain au cœur même de ces structures clandestines, les autorités transforment chaque refuge potentiel en un piège et chaque complice d'hier en un dénonciateur de demain. La confiance s'effrite, la paranoïa s'installe chez l'ennemi. Le message est limpide, zen mais implacable : la traque est désormais globale, permanente, et aucun sanctuaire, qu'il soit physique ou financier, ne pourra plus les protéger. L'étau se resserre, et la justice est en marche. Iyad Ag Ghali et Amadou Koufa ont leur tête mise à prix pour chacun respectivement deux milliard et un milliard cinq cent millions ; Bakaye Diallo et Alghabass Ag Intalla sont recherchés pour un milliard ; Al Qayrawani et Bilal Ag Acherif sont mis à prix pour 500 millions. Avis aux chercheurs de têtes mises à prix.
C H Sylla