Résultat du Grand Sondage : Les présidentiables préférés des Ségoviens

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Carton plein à Ségou pour notre équipe de sondage. Tenez–vous bien, 1001 personnes interrogées, 852 intentions de vote, contre seulement 149 abstentions.

La quatrième région économique de notre pays, quatrième circonscription électorale également, semble être déterminée à jouer les premiers rôles lors de la présidentielle de 2012. En tout, c’est ce qui ressort de notre dernier sondage. Les Ségoviens portent IBK dans leur cœur depuis 2002 et ils semblent prêts à le porter au pouvoir en 2012. En effet, 255 des 852 personnes sondées sont des adeptes du chef des Tisserands. Viennent ensuite et presque au coude à coude, Soumaïla Cissé avec 142 intentions de vote et Modibo Sidibé (140.)

Dioncounda Traoré candidat de l’ADEMA, avec 72 intentions favorables, s’intercale entre deux enfants du terroir, Cheick Modibo Diarra (76 voix) et Me Mountaga Tall (66 voix). Soumana Sacko qui serait trop sérieux pour être le président des Maliens (ironise un confrère), vient en septième position avec 61 partisans. Oumar Mariko se voit octroyer 36 avis favorables. Tièbilé Dramé se consolera aurait 4 supporteurs. Cheick Bougadary Traoré et Mamadou Blaise Sangaré, quant à eux, ne trouvent aucun point.

 

 

Notre commentaire

 

 Une présidentielle des plus ouvertes !

 

 

Après avoir passé à la loupe les résultats de Bamako, Mopti et Ségou, soit trois des cinq grandes circonscriptions électorales de notre pays, nous nous permettons un commentaire. Surtout que les dernières évolutions caractérisées par les investitures de Housséyni Guindo et Moussa Mara, viennent tout chambouler. Nous précisons qu’ils ne faisaient pas partie de notre liste pour la simple raison que lorsque nous décidions de faire ces enquêtes, Moussa et Housséyni étaient membres d’un regroupement politique dénommé les Partis Unis pour la République (PUR) qui n’avait pas encore investi son candidat. C’est désormais chose faite, Housséyni  Guindo qui règne sur la circonscription de Sikasso a été investi candidat des «  PUR ». Et depuis la semaine dernière, Moussa Mara, son alter ego, s’est fait couronner à Kayes. Nous les intégrerons dans nos futurs sondages prévus à Sikasso et Koutiala. Nous rappelons que notre pays compte cinq grandes circonscriptions électorales qui sont Bamako, Ségou, Mopti, Sikasso et… Habituellement,  le candidat ou le parti qui gagne trois de ces cinq bassins, remporte la mise. 

 

 

 

La cuvée 2012 est un bon cru. Elle est composée d’une kyrielle d’intellectuels, doublés de politiques aguerris, tous rompus (à un degré près), à la gestion des affaires publiques. L’élection présidentielle 2012 a la particularité d’être très ouverte.  Des poulains affûtés jurent d’en découdre avec des veinards qui ne sont certainement pas les derniers venus. Cette présidentielle 2012 a cette autre particularité, et non des moindres : elle sera arbitrée par les religieux de notre pays (musulmans au premier rang), plus que jamais déterminés à faire entendre leurs voix. Il n’y aura pas de candidat issu de leur rang certes, mais ils soutiendront, et feront élire celui qui acceptera leur proposition. Aussi, les musulmans promettent-ils de monter la sentinelle sur le vote qu’ils veulent, avant tout, transparent, quel que soit le gagnant. Cette prise de position augure donc d’un scrutin des plus limpides. Soulignons ici que le président de l’actuelle CENI est d’une association islamique. 

 

 

La course proprement dite

Modibo Sidibé  qui fait partie du carré d’as des sondages menés par notre équipe dans les circonscriptions de Bamako, Mopti, et Ségou, participe à sa première élection. Mais, il s’agit d’un concurrent de qualité qui vient de terminer vingt ans de gestion des affaires de l’État. Ce « pensionnaire » « de l’écurie commune d’Alpha et d’ATT » a certainement la pointure dans un tel lot. La présence de deux « lièvres » Housséyni Guindo et Moussa Mara l’aidera dans sa tâche. Justement, la candidature de ces deux jeunes peut nuire à Ibrahim Boubacar Kéïta à Bamako, Sikasso et Koutiala, les trois plus importantes circonscriptions sur les cinq. IBK caracole en tête des enquêtes de Bamako et Ségou. Mais s’il peut gagner d’une longueur en quatrième région, à Bamako, cela n’est pas évident. Nous nous souvenons qu’il a arraché sa « victoire dans la douleur » face à Moussa Mara, lors des législatives de 2007. En 2012, en plus de Mara, il y aura de grosses pointures comme Soumaïla Cissé, Modibo Sidibé, Dioncounda Traoré, Housséyni Guindo, mais également les autres qui ne manqueront pas de réaliser un score dans la capitale. De même, il lui sera difficile de battre « Poulo » à Sikasso et Koutiala. Cette dernière ville est aussi, vous le savez, le bastion du parti SADI du bouillant docteur Oumar Mariko. Ibrahim Boubacar Kéïta qui représente à lui seul, 70% du poids total de sa formation, est un chef fort à la tête d’un parti pas trop solide.

Ces lièvres que nous ne voyons pas au second tour, risquent tout de même de troubler la fête d’IBK. Comme aux courses des chevaux, ces deux « lapins » s’engagent, s’ils n’ont pas été engagés, (supplémenté est le terme hippique approprié) à affaiblir IBK dans ses bastions, à savoir Bamako et Koutiala.

 

 

Soumaïla Cissé  dans son jardin

Mopti reste la citadelle du champion déclaré de l’URD, Soumaïla Cissé. Il y a fait l’un de ses scores les plus honorables en 2002 contre ATT. Cette fois, il est presque dans son champ. Il va être un peu égratigné par Housséyni Guindo dans les falaises. Le pays Dogon étant aussi le bastion d’Abdoul Karime Konaté dit Empé de l’ADEMA, à moins de consignes fermes données par les Hogons, le vote de nos frères Dogon sera éclaté en 2012. Il faut signaler que Soumaïla Cissé vient en deuxième position à l’issue des sondages à Bamako et Ségou. Il vient en tête à Mopti. Son parti, deuxième force politique du pays, est bien soudé derrière lui. N’eût été Modibo Sidibé, invité surprise en lice, Soumi aurait gagné sans coup férir en 2012. Car à défaut d’être aidé par ATT, face à qui il s’était effacé en 2007, ce dernier ne jouera pas contre lui. Mais comme il jure, la main sur cœur, n’avoir pas de dauphin, alors le jeu reste ouvert entre IBK, Modibo et Soumaïla.

 

Rappelons que Soumaïla a donné satisfaction en 2002, en se classant deuxième, alors qu’il prenait part à son premier scrutin. Il avait été lâché par une bonne partie de sa formation, qui lui avait préféré ATT. Cette fois-ci, il s’alignera au départ de 2012 avec tous les potentiels d’une formation disciplinée, mais surtout très motivée à porter son champion au pouvoir. 

 

 

Un favori tout crachoté  par Juda

 

Dioncounda Traoré est un homme politique au parcours assez atypique, souvent semé d’obstacles, mais il mériterait de gagner en 2012.  Seulement, sur le  « papier », les chances de ce grand favori ne rassurent pas.  Pourtant sa formation, l’ADEMA PASJ, est ou devrait être capable de faire triompher un tocard dans une compétition. Malheureusement, comme en 2002, certains barons de l’ADEMA lâchent leur candidat, disons, le candidat investi du parti. Un destin crachouillé par les Juda de la ruche n’est pas le sien. Finalement, Dioncounda se présente comme un favori, loin d’être du béton. Pour être au deuxième tour, le champion des Abeilles devrait sortir le grand jeu. Non seulement contre son propre camp, mais également contre des rivaux coriaces. A l’opposé d’IBK, Dioncounda est un chef, certes fédérateur, mais  sans charisme ni biceps. Mais, il a suffisamment de nerfs solides pour rebondir. Ce qui explique sa place actuelle au perchoir. L’Adema, son parti qui se targe d’être une véritable machine électorale, ne semble  pas savoir ce qu’il veut et ce qu’il doit faire.   Dans tous les cas, ce serait un désastre, si Dioncounda ne franchissait pas le cap du premier tour. Son parti attendrait alors encore dix nouvelles années pour espérer revenir aux Affaires. Sinon, il se pourrait que l’ADEMA ne revienne jamais aux affaires, du moins pas avant cinquante ans. Alors pour l’actuel président de l’assemblée nationale et ses amis, ce sera reconquérir le pouvoir en 2012, ou se contenter d’accompagner les régimes au pouvoir, au gré des intérêts.   

 

 

 

Notre pronostic du second tour (sauf imprévu), met aux prises soit IBK-Soumaïla, soit IBK-Modibo, soit Soumaïla-Modibo. Mais IBK pourrait perdre contre Modibo ou Soumaïla à la faveur des reports de voix.

 

 

Par Abdoul Karim Dramé**Journaliste indépendant  


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